Des municipalités des Laurentides ont signé un accord sur l’environnement et l’économie sociale
Sainte-Agathe-des-Monts avait de petits airs d’Erevan, ce lundi. Au moment où la conférence de l’ONU sur la biodiversité avait lieu en Arménie, une initiative semblable à échelle régionale se tenait dans les Laurentides.
« On se fait notre propre COP à nous, du global au local, pour être en mode solution », a dit dans son discours d’ouverture le coprésident du Sommet des Laurentides et scientifique en chef du Québec, Jérôme Dupras.
À l’image des grands rassemblements du genre, des discussions ont eu lieu en amont et une entente a émergé de la démarche. Des élus de plus de 50 municipalités ont adhéré à l’Accord des Laurentides, voué à la protection de l’environnement et à la promotion d’une économie « dynamique, inclusive et qui respecte les limites planétaires ».
L’Accord présente un cadre dans lequel les municipalités pourront partager leurs bonnes pratiques et prendre des engagements — précis, mesurables, avec des échéances claires — en matière de gestion environnementale, de mobilité, d’économie sociale et de la résilience des milieux de vie.
Problème de poubelles
L’émulation espérée par l’instigateur du Sommet, le conseiller municipal et maire suppléant de la Ville de Prévost, Joey Leckman, a déjà commencé. Plusieurs ateliers ont été tenus dans le cadre du sommet entre des acteurs municipaux pour dégager des pistes de solutions à des problématiques bien concrètes, comme la gestion des matières résiduelles, un enjeu important dans les Laurentides.
À l’Auberge du lac des sables, plusieurs dizaines d’élus et d’employés municipaux se sont attablés pour parler des défis auxquels ils faisaient face en matière de déchets. Le manque d’espace et de ressources, tant humaines que financières, était sur toutes les lèvres.
Mais l’exercice visait aussi à dégager des pistes de solution. Au cœur de celles-ci : un rôle accru de l’économie sociale.
« Les budgets de gestion des matières résiduelles peuvent représenter jusqu’à 50 % du budget des municipalités, souligne Catherine Hamé, préfète de la MRC des Pays-d’en-Haut. Le coût des collectes, de l’enfouissement et des répercussions environnementales sont immenses. C’est un des plus gros centres de dépense. »
C’est pourquoi il faut miser sur le réemploi — souvent piloté par des entreprises ayant une mission sociale, culturelle ou environnementale — plutôt que sur l’enfouissement, estime-t-elle. Les montants dépensés auprès des entreprises d’économie sociale vont venir « créer une plus valu économique, sociale et communautaire ».
« On va accompagner les acteurs municipaux dans la mise en œuvre de certaines mesures qu’ils vont vouloir implanter dans la prochaine année », pour qu’ils puissent ensuite mettre en commun leurs expériences lors du prochain sommet, prévu l’an prochain, ajoute Amélie Girard, directrice générale d’Économie sociale Laurentides.
Éviter de payer en double
Le partage de « pratiques phares », la raison d’être de l’événement, va d’ailleurs bien au-delà de la question des détritus. Par exemple, l’acquisition par la Ville de Saint-Jérôme de milieux naturels à des fins de préservation en échange de terrains de stationnements qui seront utilisés pour du développement immobilier. « Vous avez été une dizaine à m’appeler et à me dire : “Comment vous avez fait” ? », a affirmé le maire de Saint-Jérôme, Rémi Barbeau, en début de journée.
Selon le maire Barbeau, chaque ville a des capacités différentes, mais toutes ont intérêt à collaborer. « À la base, on parle d’argent public. On parle d’argent du citoyen dans son compte de taxes. Ça n’a pas de sens qu’on payait des études, chacun de notre côté, sur les mêmes choses. »
Les organisateurs espèrent que le sommet deviendra un rendez-vous annuel incontournable dans les Laurentides. Un site Web permettra de suivre l’évolution des engagements pris entre chaque rendez-vous.
Ce reportage a été financé grâce au soutien de la Caisse d’économie solidaire de Desjardins, et a été rédigé en toute indépendance éditoriale.
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