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Monday, August 17, 2026

Féminicides : Le rôle de l’entourage dans la prévention

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Au lendemain d'un énième présumé féminicide dans lequel une Québécoise aurait été tuée par un homme, les organismes d'intervention auprès des victimes de violences conjugales rappellent que toute personne – proche ou pas de la potentielle victime – peut détecter des signes avant-coureurs de violence avant qu'il ne soit trop tard.

Quand on est témoin, agir peut sauver la vie de femmes et d'enfants, assure la présidente du Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale, Annick Brazeau. Elle donne l'exemple du voisin, de l'enseignante ou encore du facteur qui peuvent être témoins de certains signes, et ensuite alerter discrètement les autorités.

Car selon une compilation de son organisme des « décès de femmes liés à la violence conjugale », qu'on appelle féminicides au Québec, quelqu'un de l'entourage a eu une occasion d'agir dans près de 8 cas sur 10.

Mme Brazeau explique que les féminicides et homicides dans un contexte de violence conjugale représentent souvent la pointe de l'iceberg d'une violence qui s'est déjà installée depuis longtemps. Elle nuance toutefois en expliquant que de tels drames peuvent parfois avoir lieu sans violence au préalable.

Des fois, il y a comme une gradation dans la violence conjugale et le plus tôt qu'on peut la capter, le plus tôt on peut prévenir.

Mais dans certains cas plus rares, il n'y a pas de gradation avant un drame, ajoute-t-elle.

Les personnes proches de la victime, comme la famille, les amis ou même les voisins, peuvent être les plus à même de déceler un contexte de violence conjugale dans un couple qu'ils connaissent. Une femme dont le physique ou le comportement a changé, qui semble plus stressée, qui parle moins, qui semble s'être isolée ou vouloir cacher quelque chose, pourrait être victime de violence conjugale. Bien évidemment, toute marque de coup et de blessure peut en être aussi un indicateur.

Toute personne témoin de violence conjugale ou qui en est la victime, peut appeler SOS Violence Conjugale au (+1) 800 363-9010 ou par texto au (+1) 438 601-1211, et ce, en tout temps.

Le Regroupement des maisons d'hébergements offre également une panoplie de services pour accompagner les victimes et leurs proches dans un contexte de violence conjugale. Il est également joignable à tout moment au (+1) 800 363-9010.

Pour les personnes qui sont moins proches ou qui ont moins accès au couple, d'autres signes peuvent être détectés. Mme Brazeau explique que des voisins peuvent entendre des cris, des enseignants peuvent entendre des dires préoccupants de la part des enfants ou le médecin peut être amené à soigner des blessures causées dans ce contexte de violence conjugale.

Les enfants peuvent également paraître plus isolés et sortir moins fréquemment que d'habitude de leur domicile.

Informer la police

La directrice du regroupement des maisons d'hébergement rappelle que chaque cas de violence conjugale est unique. C'est pourquoi elle invite toute personne qui se questionne au sujet d'une situation, à contacter les ressources en violence conjugale pour demander conseil sur la bonne attitude à adopter.

Quand les voisins, les amis, et proches entendent qu'une femme est potentiellement victime de quelque chose, il faut appeler le 911, au pire, les policiers se seront déplacés pour rien, dit-elle.

Je sais qu'il y a beaucoup de personnes qui ont de la méfiance envers les corps policiers, mais la police est là pour assurer la sécurité, et il y a beaucoup de formation aujourd'hui pour détecter la violence conjugale dans les communautés culturelles et LGBTQ+.

Rachel Renaud marche aux côtés d'une centaine de personnes à Saint-Jérôme.

Après la mort de Gabie Renaud aux mains de son conjoint en 2025, l'Assemblée nationale a adopté la «Loi Gabie Renaud», qui permet à la police de communiquer aux femmes les antécédents de leur conjoint en matière de violence, incluant les anciens appels aux 911.

Photo : Radio-Canada / Aimée Lemieux

Mme Brazeau ajoute qu'il est possible, parfois, de mal détecter une telle situation de violence conjugale, mais que des fois il faut écouter sa petite voix qui nous dit qu'il y a quelque chose qui va mal.

Elle souligne toutefois qu'il est important de ne pas intervenir trop vite, et surtout de ne pas le faire en présence de la personne qui est potentiellement à l'origine de la violence, car cela pourrait augmenter le danger pour la potentielle victime et pour la personne qui souhaite lui venir en aide. C'est important de faire attention pour votre sécurité et celle de la femme en question, ajoute Mme Brazeau.

Il ne faut pas non plus mettre la pression sur la victime pour qu'elle agisse, car sortir d'un contexte de violence conjugale est un processus qui peut parfois prendre du temps.

Annick Brazeau précise que la recherche d'aide par les victimes peut être influencée par leur culture ou leur identité. Il y a des femmes issues de la diversité culturelle qui ne savent même pas que les ressources existent, donne-t-elle en exemple.

Si on est inquiet, il est possible de prendre la victime à part, de lui dire qu'on a entendu des cris et de lui demander si elle a besoin d'aide. [...] À l'épicerie, si vous voyez une femme que vous pensez qu'elle est victime, vous pouvez lui écrire le numéro de SOS violence conjugale [sur un papier].

Les femmes peuvent appeler ensuite quand le conjoint est au travail, ajoute Mme Brazeau.

Au Québec, ce sont 89 femmes et 15 enfants qui ont été tués en contexte de violence conjugale depuis 2020. En 2022, 80,5 % des victimes d'infractions entraînant ou visant la mort, perpétrées dans un contexte conjugal, étaient des femmes.

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