Harcèlement en ligne, vie privée, réseaux sociaux et jeux vidéo : grande campagne de sensibilisation aux dangers d’internet dans les écoles

"Qui a déjà reçu une demande d’ami de la part d’un inconnu ?". Dans la salle de classe, une dizaine de mains se lèvent, sur 16 élèves.
"On serait surpris de voir à quel point les enfants de leur âge sont connectés", explique David. Depuis 3 ans, il fait partie de l’équipe de formateurs de Child Focus. Dans le cadre de l’opération "Internet Safe & Fun", il anime des ateliers consacrés à la sécurité en ligne.
Aujourd’hui, il fait cette animation devant une classe de 5e primaire de l’Ecole fondamentale libre protestante "Les Perles" à Marcinelle. Durant une heure et demie, il questionne les élèves sur leurs habitudes numériques, et dispense ses conseils : "Sur les réseaux sociaux, il vaut mieux créer un compte privé" ; "Ne dites pas à un inconnu que vous habitez à Marcinelle, c’est trop précis" ou encore "Ne faites pas en ligne ce que vous ne feriez pas dans la cour de récré. Ça ne vous viendrait pas en tête d’être en maillot de bain dans la cour de récré n’est-ce pas ?".
Des mises en situation ludiques
L’atelier est pensé pour des enfants de 10 à 12 ans. Des mises en situation et des jeux sont prévus pour mettre en avant les bonnes pratiques et les gestes à éviter lorsque l’on surfe sur internet.
"Le petit ami de Mélina lui envoie une photo de ses biscotos. La copine de Mélina lui demande de faire une capture d’écran et de partager la photo. Est-ce que Mélina a le droit de le faire ?". Ici, la réponse ne se fait pas attendre. "Non", s’écrient en chœur les enfants.
Différents sujets sont abordés : les réseaux sociaux, la protection de la vie privée, les jeux vidéo, le sexting ou les relations en ligne. Avec l’idée de coller au plus près des habitudes numériques des jeunes de cet âge. L’atelier est découpé en quatre séquences, quatre planètes qui correspondent chacune à une plateforme ou à un jeu : Roblox (une plateforme de jeux en ligne multijoueurs), Snapchat (un réseau social d’échange de photos et de vidéos), TikTok et Instagram.
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Dans cette classe, les élèves arrivent généralement à bien répondre aux questions. Pour certains enfants, le sujet a déjà été abordé à la maison. C’est le cas de Maëlys : "Ma maman me dit qu’il faut que je fasse attention. Si je ne sais pas si peux faire quelque chose je lui demande. Si maman dit oui c’est oui. Si elle dit non c’est non".
Mais les parents ne sont pas forcément au courant de tous les risques d’internet. Pour le formateur, David, ce travail de sensibilisation peut aussi leur être utile : "Ça permet aux parents d’en apprendre davantage. Je suis moi-même parent et je ne connais pas les codes de certaines plateformes, alors que je suis dessus. Il faut que les parents apprennent à gérer ça, ce qui n’est pas évident parce que tout le monde ne s’intéresse pas à l’informatique ou aux réseaux de manière générale. Et en plus chaque réseau a ses codes. Si on fouille c’est assez impressionnant."
Selon Child Focus, de plus en plus d’enfants sont confrontés à ces problématiques en ligne année après année.
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