Les chaînes de restaurant séduisent les consommateurs à coups de récompenses
Les chaînes de restauration ne se contentent plus de fidéliser leur client avec leur menu, elles misent désormais sur les rabais et les récompenses qu’offre leurs programmes de fidélité pour les convaincre de revenir. Une stratégie qui semble porter ses fruits puisque la moitié des programmes les mieux évalués au Québec sont associés à la restauration rapide.
C’est ce qui ressort de l’étude LoyauT 2026, dévoilée jeudi. Le coup de sonde mené par Adviso, en partenariat avec Ad hoc recherche, auprès de 15 000 Canadiens a permis d’évaluer la popularité de 83 programmes de fidélisation.
Au Québec, le programme de Salvatoré crée la surprise en se hissant directement au premier rang du palmarès lors de sa première année d’évaluation. La chaîne dirigée par la famille Abbatiello devance ainsi Tim Hortons, Domino’s et McDonald’s, des habitués du top-10. « C’est une marque qui est très suivie sur les médias sociaux, très active en termes de communication et aussi en pleine croissance. Dans ce contexte-là, ce n’est pas étonnant finalement de la voir arriver en première place », note Simon Éthier, consultant et associé chez Adviso.
À l’échelle canadienne, Salvatoré se situe plutôt à la 6e place. C’est Chipotle qui se retrouve en première position, devant Burger King et Papa John’s. Le programme de Tim Hortons fait aussi une ascension remarquée dans le palmarès canadien, en passant de la 14e à la 9e position en un an.
« C’était déjà une tendance timide ces dernières années, mais là on voit vraiment que les programmes [de fidélité] dans la restauration ont le vent dans les voiles », insiste M. Ethier. Un succès qu’il explique notamment par la hausse du coût de l’alimentation qui pousse les consommateurs à chercher toujours plus de rabais au quotidien. Il souligne également la simplicité des programmes et la rapidité avec laquelle les clients peuvent en tirer profit.
D’après l’étude, près de sept Canadiens sur 10 (69 %) estiment que ces programmes de fidélité leur permettent d’économiser, tandis que 67 % s’en servent pour obtenir davantage de rabais et de récompenses.
Pas moins de 37 % des répondants ont même reconnu avoir choisi d’autres produits que ceux habituellement consommés dans le but d’accumuler plus de points de fidélité et de maximiser leurs récompenses. Ils n’étaient que 23 % à le faire en 2021.
Trop de cartes de fidélité ?
Si le secteur de la restauration semble tirer son épingle du jeu, l’étude LoyauT 2026 montre toutefois que les Canadiens semblent avoir atteint un plafond dans leur utilisation des programmes de récompenses.
S’ils adhèrent en moyenne à 22 programmes, ils n’en utilisent régulièrement que neuf. Des chiffres qui n’ont pas bougé depuis l’an dernier, après une augmentation continue ces dernières années. Avons-nous atteint un point de saturation ? « C’est ce que les chiffres semblent nous dire », reconnaît Simon Éthier, qui attend toutefois les résultats de la prochaine étude avant de confirmer cette tendance.
Reste que le nombre d’adhésions demeure élevé et comporte certains risques qui semblent préoccuper les consommateurs. Selon l’étude, 18 % des répondants ont déjà été victimes d’une fraude liée à un programme de fidélité. La confiance est ainsi un enjeu important alors que les programmes reposent de plus en plus sur les données personnelles et les interactions numériques.
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