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Thursday, November 5, 2026

Trois Félix pour Angine de Poitrine et Les Louanges

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Cette vague qui pointe à l’horizon n’est pas bleue, elle est picotée : nommé dans onze catégories aux galas de l’Adisq, le phénoménal duo Angine de Poitrine a remporté mercredi ses trois premiers prix Félix en carrière. Le premier au Gala de l’Industrie en après-midi pour Arrangements de l’année, les deux autres en soirée lors du Premier gala diffusé à Télé-Québec, ceux de l’Album de l’année – rock et de l’Album de l’année – choix de la critique pour l’album Vol. II. Les Louanges arrive au même score avec trois prix remportés en lien avec l’album Alouette!, paru le printemps dernier.

À ses trois prix remportés en 2019 dans la foulée de son album La nuit est une panthère, Les Louanges ajoute ceux de l’Album de l’année – alternatif, du Vidéo de l’année (Je confirme ma présence) et de la Réalisation d’album de l’année, un prix qu’il partage avec son complice coréalisateur Félix Petit. Lors de son premier discours de remerciements, Vincent Roberge (Les Louanges) a résumé les thèmes de son album, affirmant que la « diversité n’était pas une menace à l’existence » de la société québécoise, et rappelant l’importance de remettre à l’avant l’enjeu de la transition écologique, soulignant au passage qu’il faisait « 20 degrés Celsius un s’quatre novembre au soir ».

Les Louanges est en lice pour deux autres prix à remettre dimanche lors du Gala de l’Adisq diffusé sur les ondes radio-canadiennes : ceux de l’Auteur ou compositeur de l’année et de l’Artiste masculin de l’année. Or, avec déjà trois victoires, Roberge peut maintenant dormir tranquille. L’engouement autour d’Angine de Poitrine a pris une telle ampleur qu’il risquait de porter ombrage à Les Louanges et à son exceptionnel album Alouette!, une crainte que ses Félix viennent dissiper.

Angine de Poitrine en route vers le sommet

L’année bénie d’Angine de Poitrine n’est donc pas encore terminée. Le duo « mantra-rock dada pythago-cubiste », récent récipiendaire du prix de l’album canadien Polaris (et en concert à Toronto mercredi soir), a de fortes chances d’être le grand gagnant de l’exercice de l’Adisq, étant encore en lice dans les catégories Album de l’année – succès populaire (« meilleur vendeur », disait-on jadis), Artiste de l’année – rayonnement international, Auteur ou compositeur de l’année, Chanson de l’année (pour Fabienk), Groupe ou duo de l’année et Révélation de l’année.

Reine de l’édition 2025 des galas de l’Adisq avec sept prix remportés, Lou-Adriane Cassidy s’est vu remettre mercredi le Félix de l’Album de l’année – adulte contemporain pour Triste animal. Autrice, compositrice et interprète d’une folk pastorale, Arielle Soucy a gagné son premier Félix en carrière dans la catégorie de l’Album de l’année – bilingue et autres langues grâce à son magnifique album Passages, mais pas celui de l’Album de l’année – folk, remporté par JF Pauzé pour Les amours de seconde main.

Autres réjouissantes premières victoires, celle d’abord de Beatrice Deer dans la catégorie Album de l’année – langues autochtones pour son visionnaire Inuit Legend, puis celle du musicien r&b Blynk grâce à Softboy Actif 2, Album de l’année – r&b / soul. Révélée à l’émission La Voix il y a dix ans, Alicia Moffet est également repartie avec son premier Félix, celui du Spectacle de l’année – anglophone.

My World is the Sun de Dominique Fils-Aimé a été sacré Album de l’année – jazz, et Volume III de Flore Laurentienne, Album de l’année – musique instrumentale, catégorie dans laquelle, étrangement, ne concourait pas Vol. II d’Angine de Poitrine. Le musicien aux racines créoles Wesli a remporté le Félix de l’Album de l’année – musique globale (pour Makaya), Le Vent du Nord celui de l’Album de l’année – traditionnel (Voisinages) et, dans une catégorie Album de l’année – country dominée par les jeunes de la mouvance new country, c’est le patriarche Paul Daraîche qui repart avec la statuette pour son album Un dernier je t’aime.

La diversité s’invite au micro

En vrac, quelques autres récipiendaires : Bleu Jeans Bleu (Album de l’année – pop pour Record no. V), The Barr Brothers (Album de l’année – anglophone pour Let it Hiss) et Qualité Motel (Album de l’année – musique électronique pour Clé en main). Récipiendaire du Félix de l’Album de l’année – rap pour Douze sur Douze, Loud a usé de son temps de parole au lutrin pour reconnaître ses inspirations, parmi lesquelles les membres de Muzion, Rainmen, RDPizeurs, Connaisseur Ticaso — tous des artistes racisés. Un discours faisant écho à la récente sortie sur les réseaux sociaux et en entrevue (au balado Rapolitik) de Calamine, qui déplorait qu’aucun musicien racisé n’ait été retenu parmi les finalistes, dénonçant ainsi le manque de diversité dans une catégorie issue des communautés noires.

Animé par Sarahmée, le Premier gala a servi de vitrine à plusieurs de nos talents venus interpréter une chanson, parmi lesquels les essentiels Vulgaires Machins — et heureusement qu’ils y étaient pour donner une décharge punk engagée à ce très sage gala —, les jeunes Marie Céleste et Fredz (apparu en début de soirée juché sur la marquise du MTelus, belle image !) et la bête de scène Alphonse Bisaillon, récipiendaire du Prix collégial de la chanson de l’année pour L’avenir et moi, un prix remis en association avec le Réseau intercollégial des activités socioculturelles du Québec et assorti d’une bourse de 5000$.

En après-midi, mercredi, l’Adisq a décerné son prix Hommage à Jim West, fondateur en 1983 du label spécialisé en musique jazz Justin Time, qui a collaboré dès ses débuts avec le regretté pianiste et compositeur Oliver Jones, disparu le 22 juillet dernier à l’âge de 91 ans. Pierre-Yves Roy-Desmarais animera dimanche le Gala de l’Adisq sur les ondes d’ICI Télé, durant lequel Diane Tell recevra le premier Félix Reconnaissance.

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