Comment débusquer la maltraitance financière envers les aînés?
Les aînés sont particulièrement à risque d’être victimes de maltraitance financière, prévient l’Ordre des comptables professionnels agréés (CPA) du Québec. Ce dernier souhaite profiter de la Journée nationale des aînés pour les sensibiliser à ce danger, qui vient souvent de l’entourage immédiat.
« Les divers rapports annuels du ministère de la Santé et des Services sociaux font état du fait que la maltraitance financière est la maltraitance qui est la plus prépondérante chez les aînés », explique la présidente et cheffe de la direction de l’Ordre des CPA du Québec, Geneviève Mottard.
Le phénomène pourrait toucher des milliers de personnes dans la province. Dans son Enquête sur la maltraitance envers les personnes aînées du Québec, réalisée en 2025, l’Institut de la statistique du Québec (ISQ) constatait que 1 % des personnes de 65 ans et plus vivant à domicile avaient vécu de la maltraitance matérielle ou financière dans l’année précédente. Ceci pourrait représentation près de 17 000 personnes à l’échelle provinciale.
Cette forme de maltraitance « fait référence à l’obtention ou à l’utilisation frauduleuse, illégale, non autorisée ou malhonnête de biens ou de documents légaux, à l’absence d’information ou à la mésinformation financière ou légale », rapporte l’ISQ.
Comment la détecter ?
La maltraitance financière peut être difficile à débusquer, « parce que la très grande majorité du temps, cette maltraitance-là peut être perpétrée par un proche de la famille », soulève Mme Mottard. « Des fois, c’est difficile de croire que nos proches peuvent avoir de mauvaises intentions. »
Pour reconnaître la maltraitance financière, elle invite les proches d’aînés à garder l’œil ouvert sur de possibles « changements inattendus dans certains documents financiers ou légaux ». Par exemple, si quelqu’un modifie son testament sans avertissement.
Les actions inhabituelles, comme un changement d’institution financière ou la difficulté soudaine à payer des factures, sont d’autres signaux à surveiller.
Idem pour « une tierce personne, qui peut être quelqu’un de la famille — ce qui rend la chose difficile —, qui s’implique soudainement dans les dossiers légaux de la personne ».
« Ce sont des changements d’habitudes comme ça qui sont habituellement les premiers signes » de la maltraitance, résume la comptable professionnelle agréée.
Que faire si on a des soupçons ?
Geneviève Mottard encourage les personnes qui pensent être victimes à contacter la Ligne aide maltraitance adultes aînés. Le service gratuit et anonyme, accessible par téléphone (1-888-489-2287) et en ligne, permet de référer les personnes aux ressources appropriées.
La ligne d’aide peut également être utilisée par les gens qui croient être témoins d’une situation de maltraitance. Il peut être difficile pour quelqu’un d’intervenir auprès d’un proche qui victime d’abus financier, note Geneviève Mottard. D’autant que la maltraitance peut venir d’un membre de l’entourage. « On est dans l’humain, puis ça peut être très délicat comme situation. »
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