Test de The Merlies, le petit jeu zen et adorable produit par ARTE
Avec The Merlies, ARTE, Darjeeling et Blue Ramen proposent une aventure 2D très mignonne, dans laquelle de petits oiseaux doivent reconstruire leur communauté après la disparition de l’humanité. Entre exploration, plateforme et construction, le jeu mise sur un univers post-apocalyptique coloré, et rien que pour ça, ça vaut le coup d’œil.
Le post-apocalyptique n’est pas forcément synonyme de bâtiments déprimants, de monstres horribles et de survivants armés jusqu’aux dents. The Merlies prend le contrepied de cette vision en imaginant un monde dans lequel l’humanité a disparu et où la nature a repris ses droits. Au milieu des vestiges de notre civilisation vivent de petits oiseaux, les Merlies, qui donnent leur nom au jeu et doivent retrouver leurs semblables.
Développé par Darjeeling et Blue Ramen avec ARTE France, The Merlies est une aventure en 2D qui mêle exploration, plateformes et construction. Le jeu sort ce 29 septembre 2026 sur PC et Mac via Steam, ainsi que sur Nintendo Switch, au prix de 19,99 €. Nous avons pris le temps de découvrir le jeu, qui ressemble à un joli petit moment de détente. Mais cette adorable parenthèse zen tient-elle toutes ses promesses ?

6/10
Points forts
- Des graphismes pleins de charme
- Un univers post-apocalyptique joyeux, ça change
- L’entraide entre Merlies
Points faibles
- Une version encore trop buguée
- Une gestion de la base trop limitée
- L’utilité de certains Merlies
Comme c’est joli
The Merlies est vraiment un jeu mignon. Il suffit de regarder ses graphismes 2D colorés pour s’en convaincre immédiatement. C’est beau et ça sent bon la nature. Au milieu des plantes et des cailloux, vous dirigez votre petite troupe de Merlies et la balade est vraiment dépaysante. Le jeu ne cherche pas à épater avec des effets techniques, mais sa direction artistique fonctionne parfaitement. Les décors donnent l’impression de parcourir un joli livre illustré qui aurait pris vie.
Les petits oiseaux sont particulièrement réussis. Les animations et les expressions renforcent leur côté attachant, tandis que leur minuscule taille donne une autre dimension aux environnements. Une vieille pancarte, un câble électrique ou un simple objet abandonné par les humains devient un élément gigantesque à escalader ou à explorer, et autant de futures installations. Non vraiment, c’est adorable.

Dommage cependant que la partie technique vienne parfois gâcher cette jolie promenade. Les décors ou les Merlies, au choix, se mettent régulièrement à ramer, avec des ralentissements assez visibles, aussi bien sur Switch que sur PC. Le plus étrange, c’est que le problème semble alterner : parfois ce sont les éléments du décor qui saccadent, parfois ce sont les petits oiseaux, alors que le reste de l’image continue de fonctionner normalement. Rien qui rende l’aventure injouable, mais juste assez pour rendre le voyage un peu moins agréable.
Vol au-dessus d’un nid de Merlies
Côté gameplay, The Merlies est relativement simple : vous dirigez votre petite troupe de Merlies à travers différents environnements, en alternant exploration, phases de plateforme et résolution de quelques énigmes. Chaque oiseau possède ses propres capacités, qu’il faudra utiliser au bon moment pour progresser et atteindre certains endroits jusque-là inaccessibles. Point important pour les plus jeunes : il n’y a aucun combat. Les dangers viennent du décor, pas d’ennemis à affronter.
L’exploration suit la recette classique du Metroidvania, ce genre où de nouvelles capacités ouvrent peu à peu l’accès à des zones jusque-là bloquées. Une carte est également à votre disposition pour vous repérer entre les différents lieux et avoir un coup d’œil rapide sur les trésors amassés depuis votre première sortie, les Merlies à récupérer et les passages à débloquer. De quoi savoir rapidement ce qu’il vous reste à découvrir dans chaque zone et éviter de tourner en rond.
Malheureusement, comme dans tout bon Metroidvania, les allers-retours sont légion. Il faudra régulièrement revenir sur ses pas après avoir débloqué une nouvelle capacité ou découvert un passage auparavant inaccessible. Si le principe fait partie intégrante du genre, il peut ici donner lieu à quelques longueurs et casser quelque peu le rythme de l’exploration. Heureusement, un système de voyage rapide est présent pour soulager les pattes lourdes.
Il faut aussi composer avec le risque de perdre des Merlies en cours de route. Vos compagnons peuvent se joindre à vous si vous les sifflez et vous suivront alors où que vous alliez. Sur le papier, l’idée est sympathique, mais l’IA de vos petits piafs est parfois complètement aux fraises. Il lui arrive de ne pas comprendre qu’il faut emprunter une échelle ou sauter sur un tremplin, laissant certains Merlies bêtement bloqués derrière vous. Parfois, alors que vous avancez tranquillement, un petit bruit sec vous fera comprendre que l’un de vos compagnons vient tout simplement de passer l’arme à gauche après avoir raté un obstacle pourtant parfaitement anodin. Il faudra alors retourner à un point de contrôle pour le réanimer, ce qui fait perdre du temps.
Home sweet home, mais pas trop
Entre deux moments d’exploration, il faut retourner à la maison, ou plutôt au nid, une sorte de hub central où vos trouvailles de la dernière expédition sont entreposées. De là, vous pourrez améliorer votre base et accueillir vos nouveaux arrivants comme il se doit. C’est ici également que vous pourrez préparer votre prochaine expédition, organiser votre petite troupe et profiter de quelques moments plus tranquilles avant de repartir à l’aventure. Le système reste là encore très simple, mais apporte une petite dimension de progression à l’ensemble.
Malheureusement, la partie gestion de la base manque cruellement d’options pour vraiment nous captiver. Les premiers aménagements sont rigolos, mais les suivants deviennent rapidement redondants, et on se passerait volontiers de devoir retourner faire coucou à nos amis Merlies. Leur utilité n’est d’ailleurs pas toujours très claire, certains semblant surtout être là pour faire joli ou accompagner la vie du camp sans apporter grand-chose au gameplay. Cette partie aurait donc mérité davantage de profondeur pour donner une véritable raison de s’attarder dans notre petit chez-nous.
Le jeu pourrait figurer dans notre guide des meilleurs jeux vidéo à faire avec ses enfants, aux côtés de Labyrinth City: Pierre the Maze Detective, un autre jeu du studio Darjeeling, s’il n’était pas aussi frustrant par moment. Le concept de récupération et recyclage d’objets de notre quotidien est vraiment chouette, et davantage qu’un simple élément décoratif : les objets abandonnés par les humains deviennent des matériaux pour construire et aménager la maison des petits oiseaux. Pour autant, on aimerait ressortir d’une partie plus zen qu’en y entrant, et ce n’est pas encore tout à fait le cas.
Le verdict

6/10
On a aimé
- Des graphismes pleins de charme
- Un univers post-apocalyptique joyeux, ça change
- L’entraide entre Merlies
On a moins aimé
- Une version encore trop buguée
- Une gestion de la base trop limitée
- L’utilité de certains Merlies
The Merlies dispose de tous les ingrédients pour offrir une expérience véritablement apaisante. Son univers mignon, ses graphismes colorés, sa petite troupe de piafs et ses jolies mélodies nous invitent à profiter tranquillement de l’aventure, sans jamais chercher à nous brusquer. Pour autant, on aimerait ressortir d’une partie plus zen qu’en y entrant, et ce n’est pas encore tout à fait le cas. Quelques correctifs, notamment du côté de l’IA et des ralentissements, seraient nécessaires pour que la balade soit aussi douce et agréable qu’elle devrait l’être.
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