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Saturday, September 12, 2026

Vélo Québec met le Québec en selle

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Pour accueillir les Championnats du monde de cyclisme à Montréal cet automne, Jean-François Rheault, président-directeur général de Vélo Québec, prévoit déployer une grande banderole qui présentera le Québec comme « nation cyclable ». Rencontré à Ayer’s Cliff, où plus de 1000 cyclistes achevaient cet été le Grand Tour, une semaine entière de cyclisme dans les paysages vallonneux des Cantons-de-l’Est, il insiste.

« Au Québec, on a la Route verte, le plus grand réseau cyclable en Amérique du Nord. Les autres provinces ou les autres États en Amérique du Nord, ils n’ont pas ça. Au Québec, il y a une culture cycliste. Et, de façon générale, les automobilistes sont courtois. Ils ont l’habitude de côtoyer des cyclistes, alors ça se passe mieux qu’ailleurs », dit-il.

C’est un prêtre rédemptoriste, Gabriel Lupien, éducateur de culture physique, qui a fondé en 1967 la Fédération cyclotouriste provinciale, l’ancêtre de Vélo Québec. « Gabriel Lupien faisait du vélo, il était allé en Europe », raconte Michel Labrecque, qui s’est impliqué dans les activités de Vélo Québec à partir des années 1970 et qui en a été le président-directeur général de 1985 à 2000.

Loin de l’esprit de compétition, l’esprit de Vélo Québec est d’abord et avant tout de permettre au plus grand nombre de faire de la bicyclette, que ce soit pour aller à l’école ou pour aller travailler, pour mieux connaître le territoire ou pour voyager à l’étranger.

Cela n’allait pas nécessairement de soi. Michel Labrecque s’en est bien rendu compte lorsqu’il a voulu créer le Tour de l’île, un grand circuit dans les rues de Montréal, qui réunit chaque année des dizaines de milliers de cyclistes, de tous âges et de toutes conditions physiques. « On s’est opposé beaucoup au mouvement compétitif. Et quand on a parti le Tour, c’était extrêmement difficile, parce que les décideurs se disaient que s’il n’y avait de médailles, il n’y a pas de profit. Tous nos interlocuteurs disaient : “Mais à quoi ça sert ? Pourquoi fermer les rues pour des gens qui ne sont pas des champions ?” », explique-t-il.

Parce qu’au-delà des championnats et des exploits de vitesse, la bicyclette est un moyen de transport et un véhicule de tourisme.

« Le sport d’élite joue un rôle, mais il n’y a rien comme faire bouger les gens pour vrai, dit Jean-François Rheault. Les gens qui participent au Tour de l’île, ils nous disent qu’ils font davantage de vélo après. C’est la même chose pour les gens qui participent au Grand Tour. On a aussi un programme cycliste averti par lequel on a formé plusieurs dizaines de milliers de jeunes à faire du vélo autour de leur école et respecter le Code de la route. »

Le Québec dans les mollets

Le Grand Tour de Vélo Québec a pour sa part été créé pour faire découvrir le Québec. Chaque année, les participants découvrent du mollet une région, de la Côte-Nord aux Cantons-de-l’Est, du Saguenay à l’Outaouais. Le dénivelé, les cyclistes l’apprivoisent à coups de pédales. Barbe, qui est aujourd’hui chauffeur bénévole du camion qui assiste les cyclistes au cours des trajets, se souvient de la côte, au Saguenay. Rachel Simard, qui terminait son 28e grand tour cette année à Ayer’s Cliff, n’a pas oublié une côte vertigineuse de la région de Mégantic. Mais il y a aussi des descentes qui ne s’oublient pas : une plongée radicale vers l’immensité du fleuve à partir de l’arrière-pays du Bas-Saint-Laurent, par exemple.

Reste que des activités comme le grand tour requièrent des cyclistes des investissements de temps et d’argent. Cette année, la moyenne d’âge des participants au Grand Tour des Cantons-de-l’Est était de 56 ans.

Pour garder sa pertinence, Vélo Québec doit renouveler son public. Encore aujourd’hui, le monde cycliste est majoritairement masculin. Pour inverser la tendance, l’organisme a mis sur pied le programme Toutes à vélo, qui vise à développer la pratique du cyclisme chez les femmes.

« Depuis quatre ans, on a un programme qui s’appelle Toutes à vélo, qui a trouvé un public auprès des femmes immigrantes, poursuit Jean-François Rheault. Le programme n’avait pas été conçu comme ça, mais 90 % des participants ne sont pas nés au Québec ». Dans certains cas, c’est un jeune qui avait suivi la formation Cycliste averti qui a proposé que sa mère s’y inscrive.

Loin de renier le vélo électrique, Vélo Québec l’accueille comme une occasion de plus de garder le Québec en selle. Jean-François Rheault croise régulièrement des groupes de personnes âgées qui font du cyclotourisme. « C’est clair que si leur vélo n’était pas électrique, ces personnes-là ne seraient pas à vélo », dit-il.

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