Décès de Tanya et d’Eliott Lalonde | « Ce qu’on a vécu, c’est inimaginable »

Le grand-père d’Eliott Lalonde – ce petit garçon de 5 ans qui a perdu la vie dans une collision impliquant un poids lourd – espère que l’enquête publique du coroner sur les accidents de camions empêchera d’autres tragédies sur les routes du Québec.
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« Il faut que ça aille servi à quelque chose. Au moins, si ça peut sauver quelques vies », a déclaré Luc Florent dans le couloir du palais de justice de Montréal. « Ce qu’on a vécu, c’est inimaginable », a-t-il ajouté, les larmes aux yeux.
Débutés au printemps, les travaux du coroner Me Dave Kimpton ont repris lundi. Les audiences de cette semaine portent sur les décès d’Eliott Lalonde et de sa maman Tanya Lalonde survenus le 27 août 2025 sur l’autoroute 30 à Boucherville.
Luc Florent est le père de Carolyne Florent, l’autre maman d’Eliott. Autour de son cou, une chaîne en argent avec d’un côté le nom Eliott et de l’autre, sa petite empreinte digitale prise après son décès. Sa fille Carolyne est trop bouleversée pour prendre part aux audiences, souligne-t-il. « Pour nous autres, ça n’a pas été facile, mais là, on revit ça pour elle. »
L’enquête publique du coroner vise à analyser les causes et circonstances entourant ces décès et de formuler des recommandations pour en prévenir d’autres.
« Il faut qu’il y ait des changements qui se fassent. Tout le monde a peur », a ajouté Luc Florent.
Lundi, le coroner a entendu un bref témoignage de Jérémy Quévillon, un sergent-enquêteur de la Sûreté du Québec dépêché sur les lieux.
Ce dernier a révélé avoir pu observer des traces de freinage au sol, mais seulement après le lieu d’impact. Lorsqu’il arrive sur les lieux, un policier lui rapporte les déclarations de deux témoins à qui le chauffeur du camion aurait dit d’emblée qu’il avait été distrait.
Dossier transmis au DPCP
Le chauffeur du camion impliqué dans la collision mortelle est assigné à témoigner cette semaine. Des accusations criminelles n’ont pas été portées contre lui à ce stade.
L’avocat qui représente la Sûreté du Québec a révélé lundi que le dossier d’enquête sur cette affaire avait été transmis au Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) pour fins d’analyse.
À la demande de l’avocat du chauffeur, une ordonnance de non-publication temporaire a été accordée par le coroner Kimpton, soit jusqu’à ce que le DPCP prenne la décision de ne pas porter d’accusations contre lui ou jusqu’à la fin de son procès, s’il y en avait un.
La Sûreté du Québec a quant à elle demandé une ordonnance de non-publication ou un huis-clos sur le témoignage de quatre de ses policiers ainsi que sur sa preuve, ce qui a été refusé par le coroner. Le coroner a aussi refusé d’accéder à la demande de la SAAQ, qui demandait un huis-clos ou une ordonnance de non-publication sur les témoignages des contrôleurs routiers qui ont prêté main-forte sur la scène de l’accident.
La Presse, Le Devoir et Radio-Canada ont fait des représentations pour que ces témoignages soient publics.
Mardi, deux autres policiers seront appelés à la barre des témoins. Une paramédic, deux contrôleurs routiers et un mécanicien sont à l’horaire.
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