Programme de l’expérience québécoise | Des milliers d’immigrants plongés dans l’incertitude

La fermeture du Programme de l’expérience québécoise (PEQ), le 31 octobre, sans annonce d’une deuxième période de réception des demandes, plonge des milliers d’immigrants dans l’incertitude. « On se retrouve à peu près dans la même situation qu’il y a un an », déplore Florence Bollet Michel, présidente du collectif Le Québec, c’est nous aussi.
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Le gouvernement de la CAQ avait pourtant annoncé, en juin, la réactivation du PEQ pour deux ans, jusqu’en juillet 2028, avec la possibilité d’ouvrir plusieurs périodes de réception des demandes. Mais la première période s’est terminée le 31 octobre sans qu’une nouvelle soit annoncée.
Ouverte le 2 juillet, cette première période s’adressait aux travailleurs et aux diplômés qui remplissaient déjà les critères du PEQ au moment de son abolition, le 19 novembre 2025. Ceux qui ont depuis acquis les deux années d’expérience de travail requises ou décroché leur diplôme comptaient sur une deuxième période pour déposer leur dossier.
Sur son site, le ministère de l’Immigration précise qu’il n’est « plus possible de présenter une demande dans ce programme ». Il ajoute : « Il n’y a pas de décision prise quant à une possible nouvelle période de réception des demandes. »
« Il y a énormément de gens inquiets », affirme Florence Bollet Michel. « On est submergés. Je pense que les gens pensaient que le PEQ rouvrirait vraiment avec les autres périodes. Malheureusement, ils découvrent une autre réalité. »
Environ 12 000 personnes ont présenté une demande entre le 2 juillet et le 31 octobre. Selon Mme Bollet Michel, quelque 10 000 autres attendaient une deuxième période de réception pour soumettre leur dossier.
À deux jours près
Mylène Thanh Ngoc Pham, une Vietnamienne de 35 ans qui réside à Montréal, a raté de peu la première phase.
« J’ai eu mon diplôme le 21 novembre 2025, deux jours après l’abolition du PEQ », dit-elle.
Venue au Québec comme étudiante étrangère, elle a obtenu un diplôme d’études professionnelles (DEP) en infographie et réussi ses tests de français. Elle travaille maintenant comme assistante dentaire à Montréal. Son conjoint est technicien en électricité et leur fille de 5 ans est à la maternelle.
« Je préférerais rester au Québec parce que j’aime bien vivre ici », explique Mylène Thanh Ngoc Pham.
Mais si le PEQ ne rouvre pas, elle envisage de demander la résidence permanente dans le cadre du programme fédéral Entrée express, qui offre des possibilités d’immigration aux francophones hors Québec.
Des travailleurs intégrés
À Sherbrooke, Soufiane Boutrik, un Marocain de 36 ans, a lui aussi rempli les conditions du PEQ après la date limite de la première période. Recruté au Maroc par une franchise de restauration, il travaille dans un restaurant PFK, à Sherbrooke.
« Moi, franchement, j’attends juste la deuxième vague pour faire ma demande, dit-il. Mon employeur m’a donné un nouveau poste comme gérant de restaurant. Il trouve que je fais un bon travail. Je suis bien intégré. »
Son permis de travail a expiré, mais il bénéficie du statut conservé pendant le traitement de sa demande. Sa conjointe, de son côté, a dû cesser de travailler parce que son permis n’est plus valide.
Le couple a deux enfants, une fille de quatre ans et un garçon de neuf mois né au Québec.
« Présentement, on est un peu stressés », confie-t-il.
Si le PEQ ne rouvre pas, la famille envisage de tenter sa chance dans une autre province.
Le plan B
À Québec, Ryane Jamal, un Marocain de 20 ans, attend lui aussi la réouverture du programme. Sa mère, aide-optométriste, vient tout juste de terminer ses deux années de travail à temps plein.
Arrivés au Québec en 2023, le fils et la mère ont quitté Montréal pour s’installer à Québec, en janvier, dans l’espoir d’améliorer leurs chances d’être sélectionnés par le gouvernement du Québec.
« On a vraiment dû déménager rapidement pour se donner plus de chances », explique Ryane, qui travaille comme superviseur de magasin.
Le permis de travail de sa mère expire en mai 2027. Le sien ne pourra pas être renouvelé en vertu des nouvelles règles concernant les enfants à charge.
Que feront-ils si le PEQ ne rouvre pas ?
« On va regarder le volet francophone du programme Entrée express, répond Ryane. Avec mon année d’expérience de travail qualifiée, le plan B pourrait être de quitter la province. Ma mère a aussi déposé une demande au Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ), ça fait longtemps. Mais il y a un critère d’âge qui joue. Ça fait en sorte qu’elle n’a vraiment pas de points. »
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