Les marchés mondiaux patientent avant les résultats des élections américaines de mi-mandat
Les Bourses mondiales ont opté pour la prudence mardi, à l’approche des résultats des élections de mi-mandat aux États-Unis, tandis que le secteur technologique est parvenu à rebondir à Wall Street après plusieurs séances dans le rouge.
À l’issue des « midterms », l’opposition démocrate espère reprendre la majorité au Congrès et ainsi tenter de brider le président américain pour les deux dernières années de son mandat.
Les premiers résultats sont attendus dans la nuit. Les sondages donnent les démocrates gagnants à la Chambre des représentants, entièrement renouvelée, l’issue étant plus incertaine au Sénat.
« Les investisseurs abordent ce scrutin dans un climat de prudence », commente Kathleen Brooks, directrice de la recherche chez XTB.
Selon Jose Torres, d’Interactive Brokers, « un basculement complet du pouvoir » attise les « craintes qu’une nouvelle majorité modifie le cadre réglementaire de l’IA, avec un renforcement des contraintes pesant sur le secteur. »
Mais les démocrates pourraient aussi « accroître la surveillance de la gestion de la guerre (au Moyen-Orient, NDLR) par l’administration américaine », et « renforcer la pression en faveur d’une solution diplomatique », pense Ipek Ozkardeskaya, de Swissquote.
Si les prix du pétrole redescendent en conséquence, cela « constituerait le scénario le plus favorable pour l’économie mondiale », d’après l’analyste.
Aux États-Unis, l’indice Nasdaq a progressé de 0,83 %, l’indice élargi S&P 500 a gagné 0,36 % tandis que le Dow Jones a perdu 0,38 %.
Pour Michael Field, responsable de la stratégie actions européennes chez Morningstar, « la politique américaine était autrefois relativement secondaire pour les investisseurs européens ».
« La situation a considérablement évolué ces dernières années, les décisions prises aux États-Unis en matière de commerce et de politique étrangère ayant désormais des répercussions beaucoup plus directes sur les entreprises européennes, leurs chaînes d’approvisionnement et la croissance économique », souligne-t-il.
La Bourse de Paris a terminé en baisse de 0,34 %, Francfort a perdu 0,45 % et Milan 0,01 %.
La tech rebondit à New York
« Les achats de valeurs liées à l’intelligence artificielle (IA) ont été le principal moteur du marché » américain mardi après plusieurs séances de fort repli marquées par le retour des inquiétudes autour des investissements massifs dans cette technologie, notent les analystes de Briefing.com.
Les géants des puces et autres composants électroniques, en première ligne de l’engouement pour l’IA, ont terminé en hausse à New York, à l’image de Nvidia (“2,29 %), Micron (”2,58 %), Broadcom (“3,07 %) ou Intel (”0,97 %).
Advanced Micro Devices (+ 3,65 %), qui doit publier ses résultats après la clôture de Wall Street, constituera le prochain test pour le secteur.
« Les investisseurs vont surtout scruter la croissance de l’activité des centres de données », soulignent les experts de Briefing.com, qui rappellent que « les attentes sont élevées ».
« Alors qu’au cours des derniers mois, la seule perspective d’une poursuite de la croissance liée à l’intelligence artificielle suffisait souvent à faire grimper fortement les cours, même de solides résultats financiers servent désormais de prétexte à des prises de bénéfices », note Andreas Lipkow, chez CMC Markets.
« Les investisseurs ne remettent pas forcément en cause les perspectives de long terme des groupes technologiques, mais s’interrogent davantage sur la justification de leurs valorisations élevées », poursuit-il.
Le pétrole baisse encore
À l’issue d’une séance particulièrement volatile, les prix du pétrole ont une nouvelle fois reculé (Brent -1,12 % à 103,60 dollars, WTI -0,38 % à 96,09 dollars).
Le président américain a écrit sur sa plateforme Truth Social : « Les prix du pétrole dégringolent […] parce que les gens sentent qu’il n’y aura pas de guerre avec l’Iran. L’Iran veut un accord, aussi rapidement que possible. Cela pourrait arriver ! ».
Cela « explique probablement en partie la baisse des prix du pétrole », estime auprès de l’AFP Giovanni Staunovo, analyste chez UBS.
Avant l’ouverture des marchés américains, l’or noir avait pourtant débuté la séance en hausse, notamment après des informations publiées lundi par le Wall Street Journal (WSJ) faisant état de frappes américaines contre une île dans le détroit d’Ormuz.
KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.