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Wednesday, September 23, 2026

Trump veut confier une partie du ciel des États-Unis à l’IA : les contrôleurs s’inquiètent déjà

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Ces dernières années, plusieurs collisions, quasi-collisions et incidents graves ont mis en lumière les failles du contrôle aérien américain. Outre un nombre de contrôleurs insuffisants, l'un des soucis provient de systèmes vieillissants, selon un rapport récent publié par le Government Accountability Office (Bureau de la responsabilité gouvernementale). La solution ? Embarquer l'IA dans les tours de contrôle pour assister les contrôleurs.

Cette IA que le président américain Donald Trump souhaite rebaptiser Super Intelligence est directement expérimentée à l’aéroport régional très fréquenté de Washington. Le projet conduit par la Federal Aviation Administration (FAA) s'appelle Smart, pour Strategic Management of Airspace, Routes and Trajectories.

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Smart n'est pas censé remplacer directement les contrôleurs aériens. Son rôle consiste plutôt à traiter des quantités colossales d'informations afin d'anticiper les problèmes.

Une IA pour prévoir les bouchons avant qu'ils n'apparaissent

Le système croise environ 200 flux de données : horaires des vols, trajectoires, météo, capacité des aéroports, circulation aérienne ou encore disponibilité des contrôleurs. Il est censé détecter plusieurs heures, voire plusieurs jours à l'avance, les zones dans lesquelles la capacité du ciel risque d'être dépassée.

Il peut alors proposer des modifications de trajectoires ou d'horaires afin d'éviter qu'un embouteillage ne se forme. C'est un peu l'équivalent des prévisions météo pour le trafic aérien.

Dans sa fiche d’information sur Smart, le gouvernement montre visuellement la transformation des nombreux écrans de contrôles actuels en un seul écran consolidant toutes les données disponibles. © FAA

C'est précisément ce qui inquiète certains contrôleurs aériens, dont Todd Sheridan Yeary. Cet ancien contrôleur s'est exprimé sur le média News Nation Now. Pour lui, tester directement l'IA sur un aéroport très fréquenté est une ineptie. Il considère que « tout autre moyen qu'un simulateur pour déployer ce système pose problème ».

Un contrôleur aérien qui hallucine ?

Todd Sheridan Yeary redoute surtout qu'une IA ne fournisse des informations erronées dans un environnement où quelques secondes peuvent avoir des conséquences importantes. Ce qu'il souhaiterait, c'est que l'IA puisse être bloquée à tout moment pour que les contrôleurs humains puissent reprendre la main.

Il met en avant un risque bien connu des IA génératives : celui des « hallucinations », c'est-à-dire que l'IA réalise de mauvaises prédictions à partir de données erronées ou applique une recommandation inadaptée à une situation qui évolue en temps réel. Cependant, ce terme « hallucination » mérite d'être nuancé. Smart n'est pas vraiment un chatbot génératif comme ChatGPT chargé de répondre à des questions. Le risque qu'il « invente » des informations est plutôt limité. Il s'agit avant tout d'un système d'analyse prédictive utilisant des données opérationnelles pour identifier des conflits et proposer des solutions.

Peut-on vraiment savoir tout ce qu’une IA est en train de faire, et être certain de pouvoir l’arrêter ?

Les agents d’intelligence artificielle sont au cœur du développement des nouveaux modèles. De plus en plus autonomes, ils sont désormais capables de planifier et d’exécuter des tâches complexes pour atteindre un objectif. Mais cette autonomie croissante soulève une question essentielle : comment s’assurer qu’une IA fait bien ce qu’on lui demande, et rien d’autre ?... Lire la suite

Reste que pour le moment, la mise en œuvre de l'IA Smart n'a pas vraiment obtenu la confiance des premiers responsables en cas d'incidents : les contrôleurs aériens. C'est sans doute pour cette raison que l'administration a choisi d'introduire de façon très progressive ce système.

En attendant, avec le système informatique vieillissant en perte de fiabilité, et malgré la méfiance des contrôleurs, cette IA dédiée apparaît comme un bon moyen de donner aux contrôleurs une vision plus large et plus anticipée d'un trafic aérien toujours plus dense aux États-Unis.

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