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Tuesday, November 3, 2026

À Lumby, la solidarité est dans l’assiette

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C’est justement en anticipant ces bouleversements climatiques et en se préparant à des pénuries alimentaires qu'est née l’idée de créer l’épicerie coopérative de Lumby. Les coopératives se développent lorsqu'il y a un besoin qui n'est pas comblé par un individu ou une compagnie, affirme avec conviction la présidente du conseil d'administration de la coopérative Monashee Community depuis neuf ans, Chris Bauman.

Chris Bauman assise sur une chaise en bois, en extérieur, dans l'Okanagan, début juillet 2026.
Chris Bauman est présidente du conseil d'administration de la coopérative alimentaire de Lumby depuis neuf ans. Photo : Radio-Canada / Geneviève Lasalle

Se décrivant comme une rêveuse pragmatique, cette femme aux multiples rôles au sein de la coopérative croit dur comme fer à l’importance de la sécurité alimentaire c'est-à-dire avoir accès à suffisamment de nourriture pour mener une vie saine et active. Sans ça, il n’y a rien. C’est la base de toute vie sur la terre.

Pour elle, cela se traduit par le soutien de l’économie locale, particulièrement dans l’Okanagan, une vallée reconnue comme étant l’un des plus grands vergers du Canada.

Alors que Chris Bauman se promène dans les allées de l’épicerie Monashee Community, des membres de la coopérative l’abordent à de nombreuses reprises, pour discuter de tout et de rien.

Cet effet de rassemblement était particulièrement frappant durant la pandémie de COVID-19, raconte-t-elle. Aller à l’épicerie est alors devenu le moment fort de la semaine pour beaucoup de résidents de Lumby, une communauté de quelque 2000 âmes.

Nous veillons et nous nous soucions les uns des autres. En cas de catastrophe, quelle qu’elle soit, nous nous serrons les coudes. Et je pense que c’est là que réside la clé de la résilience pour toute petite communauté, affirme-t-elle.

Son équipe, tricotée serrée, repose en grande partie sur le travail de plus d’une trentaine de bénévoles et de quelques membres salariés.

Sur les tablettes du commerce se trouvent toutes sortes de produits, des fruits à la viande, en passant par les chips et les cosmétiques. Pour respecter le mandat de la coopérative, ils doivent être locaux, frais, biologiques et éthiques.

Si un produit ne correspond pas à tous ces critères, c’est indiqué sur son étiquette. Souvent, nos vendeurs sont trop petits pour assumer les coûts et le temps nécessaires pour obtenir une certification biologique, explique Chris Bauman.

La coopérative agit ainsi comme une vitrine pour le travail des fermiers et des éleveurs du coin. Une dame faisant des emplettes attire notre attention en pointant une boîte d’œufs sur une tablette du réfrigérateur. Ce sont mes œufs!, dit-elle fièrement.

Des boîtes d'œufs dans un frigo de l'épicerie, dans l'Okanagan, en juillet 2026.
L'épicerie Monashee Community est une véritable vitrine pour les agriculteurs locaux, un point de rassemblement de cette petite communauté tissée serrée et un rempart contre la crise climatique.  Photo : Radio-Canada / Geneviève Lasalle

En été, au plus fort des récoltes, la coopérative fait affaire avec plus de 60 vendeurs de la région. C'est sans doute pour cette raison que les grands joueurs du secteur ne font pas ce que nous faisons, estime Chris Bauman, évoquant la taille du défi logistique. À cela s’ajoute le travail de détective auprès de nouveaux fournisseurs afin de s’assurer que leurs pratiques respectent le mandat de la coop.

En hiver, le magasin a recours à des grossistes de la côte britanno-colombienne, en plus de produits locaux comme des pommes de terre, des betteraves et d’autres aliments qui ne sont pas saisonniers.

Il n’y a pas de gaspillage, assure la présidente de la coopérative, précisant que des aliments expirés sont parfois offerts aux membres de longue date de la coopérative et que ceux qui ne sont vraiment plus bons finissent au compostage. Il y a alors des gens qui font la queue, ravis de venir chercher notre compost pour nourrir leurs poules ou leurs cochons.

L’épicerie, qui a fêté son 12e anniversaire cet été, compte désormais plus de 1400 adhésions, provenant en majorité de la région. D’autres membres, installés à Revelstoke ou à Vancouver, souhaitent simplement soutenir le projet. Le coût de 50 $, pour une adhésion à vie, permet d’avoir un poids décisionnel au sein de la coopérative.

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Ce sont les membres qui décident de ce qui est important, qui définissent notre mandat et la direction à prendre. Le conseil d’administration, lui, se charge de la mise en œuvre. Dans une entreprise classique, la personne qui détient 51 % des parts prend toutes les décisions, et si les détenteurs des 49 % restants ne sont pas d’accord, tant pis pour eux. Ce n’est pas ainsi que nous fonctionnons.

Ce pouvoir collaboratif détonne avec l’état du marché canadien des épiceries, qui, en 2020, était dirigé à 80 % par cinq groupes : Loblaw, Sobeys, Metro, Costco et Walmart, selon le Bureau de la concurrence du Canada.

L’adhésion à la coopérarive de Lumby permet également d’acheter des produits en gros. C’est un élément-clé pour réaliser des économies, souligne Chris Bauman, puisque le prix à l’unité des produits ne parvient souvent pas à rivaliser avec celui des grandes chaînes d’épicerie. Notre marge de profits est très mince, concède-t-elle.

« Lorsque les gens achètent en gros, c’est, bien sûr, moins cher que lorsqu'ils achètent en magasin. Et cela nous ramène à la sécurité alimentaire, n'est-ce pas? Il y a le garde-manger, le congélateur, la mise en conserve… Nous proposons justement une série d'ateliers consacrés aux différentes méthodes de transformation des aliments, pour aider les gens à avoir leur propre potager et favoriser le partage des savoirs. »

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