Norvège: l'eau potable du Svalbard contaminée aux métaux lourds à cause du réchauffement climatique

À Longyearbyen, la capitale administrative de l'archipel arctique situé à 1 300 kilomètres du pôle Nord, les 2 600 habitants ont été avertis qu'ils ne devaient plus boire l'eau du robinet en raison d'une contamination aux métaux lourds. Le phénomène est directement lié au dégel du pergélisol dans l'une des régions du monde qui se réchauffe le plus rapidement.
Publié le :
2 min Temps de lecture
Avec notre correspondante à Stockholm, Ottilia Ferey
Alors que dans l'archipel norvégien du Svalbard, le réchauffement climatique est cinq à sept fois plus rapide que dans le reste du monde, la fonte du pergélisol causée par la hausse des températures libère des métaux lourds qui viennent contaminer les réserves d'eau potable de Longyearbyen.
« L'eau parvient désormais à atteindre des zones du sol qui étaient auparavant gelées », explique Marjolaine Verrett, spécialiste du pergélisol, qui étudie sur place ce phénomène préoccupant. « En 2023 et 2024, nous avons enregistré les profondeurs de dégel saisonnier les plus importantes au Svalbard depuis le début de nos mesures, au début des années 2000 », précise la scientifique.
En septembre 2025, l'eau du robinet de Longyearbyen contenait 25 fois plus de manganèse - un métal lourd qui peut, en cas d'exposition prolongée, provoquer des troubles neurologiques, notamment chez les enfants - que la limite recommandée. Alors en attendant une solution durable, la brasserie locale fournit gratuitement de l'eau filtrée, que les habitants peuvent récupérer au supermarché avec leurs propres bidons.
Des solutions coûteuses
Reste qu'à ce stade, aucune solution définitive n'a été trouvée. « On a découvert que la roche-mère est présente tout autour de Longyearbyen, ce qui rend très difficile l'accès à d'autres sources d'eau naturelles », souligne Marjolaine Verrett. La ville va donc probablement devoir se tourner vers des solutions comme la filtration ou le dessalement, dont le coût est très élevé.
Selon la spécialiste, ce qui se passe au Svalbard pourrait être un avant-goût de ce qui attend d'autres communautés arctiques. « On ne peut certes pas inverser le changement climatique, mais on peut construire des communautés plus résilientes en nous appuyant sur les connaissances scientifiques », veut-elle toutefois positiver, insistant sur l'importance d'investir dans l'adaptation climatique.
KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.