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Tuesday, September 15, 2026

Les Belges ne sont plus les "super épargnants" de l'Europe : ils investissent davantage dans des fonds et épargnent moins sur un compte ou un livret

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La dernière étude d’ING sur l’épargne, le patrimoine et l’investissement des Belges vient remettre en question quelques clichés. Comparativement à la moyenne de la zone euro, les Belges consacrent une moindre part de leur revenu à l’épargne. Quant à ce qu’ils font de leur épargne, le cliché du Belge qui met surtout de côté sur son livret d’épargne n’est plus aussi fondé qu’avant. L’investissement, par exemple sur des fonds, a davantage la cote.

Les Belges, moins grands épargnants qu’avant

Etre de grands épargnants, c’était la réputation qui collait aux Belges. Pendant longtemps, le taux d’épargne des ménages belges a été largement supérieur à celui observé dans la zone euro. Après la crise financière, cet avantage s’est réduit et a disparu au milieu des années 2010. En 2025, le taux d’épargne moyen de la zone euro était de 14,7% alors que celui des ménages belges n’était plus que de 12,8%.

Cette épargne, les Belges la consacre à 70% à des projets immobiliers, par exemple pour acquérir leur logement. Les 30% restants sont disponibles pour alimenter les comptes courants, les comptes d’épargne ou pour les investissements financiers. Et c’est à ce niveau que, depuis 2025, des changements sont constatés.

Plus d’argent vers les fonds d’investissement que vers les comptes d’épargne

Pendant longtemps, les Belges ont largement dirigé l’argent qu’ils mettaient de côté vers les comptes bancaires, qu’il s’agisse de comptes courants ou de comptes d’épargne. Sur l’ensemble de la période 2015-2024, note ING, les Belges ont déposé deux fois plus d’argent sur leurs comptes que ce qu’ils ont consacré à des placements financiers.

C’est à partir de 2025 qu’on observe une bascule. Selon ING, les Belges versent désormais en moyenne 5,6 milliards d’euros par trimestre dans les fonds d’investissement alors qu’ils ne versent "que" 3,5 milliards d’euros sur leurs comptes bancaires

"Quand on regarde les montants - et ça, ce sont des données macroéconomiques récoltées par la Banque nationale en Belgique, on voit que ces derniers trimestres - les Belges ont davantage investi de l’argent que placé de l’argent sur leurs comptes courants ou des comptes épargnes", explique Charlotte de Montpellier, Senior économiste chez ING Belgique. 

"Les fonds attirent donc 60% de plus que les comptes bancaires", note-t-on chez ING. Ce sont surtout les fonds qui intéressent les Belges, alors que les achats d’actions et d’obligations sont en recul.

Les Belges plus intéressés par les fonds d’investissement que les autres Européens

En Belgique, la progression des fonds d’investissement est plus importante que dans le reste de l’Europe. L’étude d’ING s’est intéressée à la situation moyenne dans la zone euro et dans certains pays tels que l’Allemagne, les Pays-Bas, la France, l’Italie et l’Espagne.

Dans trois pays, l’Italie, l’Espagne et la Belgique, les ménagent consacrent plus d’argent aux fonds d’investissement qu’à mettre de côté sur des comptes courants ou des comptes d’épargne. 

C’est en Belgique que ce phénomène est le plus important puisque la part d’argent consacrée aux fonds d’investissement, dont les ETF, dépasse largement celle consacrée aux dépôts sur des comptes. Les ménages belges sont clairement ceux qui orientent le plus nettement leur nouvelle épargne vers les fonds plutôt que vers les dépôts depuis 2005, note ING. 

En Allemagne, la tendance est aussi à aller vers d’avantage de recours aux fonds d’investissement, toutefois les placements sur les comptes bancaires restent prépondérants. La France, elle, reste à la traîne en matière d’investissements.

© RTBF

43% des Belges investissent déjà et les jeunes sont demandeurs

L’enquête d’ING montre que 43% des Belges investissent déjà soit dans des actions, des obligations, des fonds ou des ETF (Fonds négociés en bourse). Ce chiffre est supérieur à la moyenne européenne.

A ce groupe des Belges investisseurs, il faudrait ajouter, selon ING, ceux qui n’investissent pas encore, mais seraient disposés à le faire à l’avenir, soit 24% des Belges, d’après la banque.

L’enquête menée par la banque révèle que c’est chez les jeunes que le potentiel est le plus important. "Près de 46% des jeunes adultes de 18 à 24 ans peuvent être considérés comme des investisseurs potentiels", estime ING.

"On voit que de nombreux jeunes ne sont pas encore investisseurs, mais sont prêts à passer le cap de l’investissement", explique Charlotte de Montpellier. Près d’un jeune sur deux, c’est un chiffre "assez significatif", note l’économiste d’ING. 

"De manière générale, en Belgique, on a de plus en plus d’investisseurs et les gens investissent des montants de plus en plus importants. Et chez les jeunes, c’est particulièrement visible qu’il y a une vraie envie de finalement faire fructifier son patrimoine", analyse Charlotte de Montpellier.

Des freins à l’investissement

Ce qui empêche ces investisseurs potentiels de franchir le pas, c’est le manque de connaissances. 61% d’entre eux estiment ne pas s’y connaître suffisamment. Le risque est un autre obstacle, 54% d’entre eux se disant mal à l’aise avec la prise de risque. 27% des jeunes affirment se sentir à l’aise avec leur compréhension des actions et des obligations. Par contre, pour les fonds d’investissement et les ETF, cette proportion est de 23%.

La fiscalité qui peut avoir des incidences sur le rendement un autre obstacle aux investissements financiers, notamment aussi en raison des risques de changement des règles. "Chez les investisseurs potentiels, le problème est avant tout la complexité. Ils ne savent souvent ni combien d’impôts ils devront payer, ni quels placements sont fiscalement avantageux, ni comment déclarer leurs revenus d’investissement", note ING. 

Et puis, il y a les Belges qui sont susceptibles d’investir, mais qui renoncent. Ils sont 20% dans ce cas, selon ING. "Ceux qui n’investissent pas encore, ils sont juste perdus dans la taxation. Ils ne savent pas comment ils vont être taxés", explique Charlotte de Montpellier. Ces investisseurs potentiels "n’ont pas investi, ont décidé d’abandonner l’idée d’investir à cause de la taxation et de sa complexité", résume l’économiste d’ING. Dans les autres pays européens examinés par ING, cette crainte est moins présente.

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