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Tuesday, September 15, 2026

Longs trajets de bus et classes à taille humaine : le quotidien des étudiants d'une haute école "à la campagne"

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Certains ont hésité avant de s’inscrire, parfois "essayé" l’université l’année précédente, mais tous dire avoir trouvé un environnement d’études qui leur convient. Il est vrai que le campus de la Haute Ecole Lucia de Brouckère à Jodoigne ne ressemble en rien à Louvain-la-Neuve, toute proche, encore moins à Bruxelles ou à Namur. Les environs sont calmes et campagnards, la première gare, celle de Tirlemont, est à 12 kilomètres et le centre-ville ne compte qu’une poignée de cafés où se retrouver après les cours.

C’est un contexte rassurant. Je me sens intégré par rapport à Louvain-la-Neuve, par exemple, où il y a énormément de gens

La taille humaine de l’implantation rassure, notamment ceux qui sortent de rhéto. "Ça me fait du bien d’être dans un environnement familial. C’est un contexte rassurant. Je me sens intégré par rapport à Louvain-la-Neuve, par exemple, où il y a énormément de gens. C’est trop grand pour moi, ça me stresse", confie Enzo, étudiant en première bac d’éducateur spécialisé.

Chloé, elle, entame ici sa deuxième année, après avoir essayé le droit à l’université. "Je n’ai pas vraiment apprécié le cursus, raconte-t-elle. J’ai aussi eu du mal parce que j’avais quatre heures de transport par jour pour rejoindre Bruxelles. On était dans des auditoires de 600, j’avais l’impression d’être un numéro, alors qu’ici les profs connaissent nos noms et nos prénoms".

Un environnement plus familial qui a aussi un prix, celui de la mobilité. Justin vient aussi de s’inscrire en première année. Il habite Ramillies, mais la liaison en bus pour lui vers Namur est plus simple. "A Namur, il n’y avait qu’une formation en promotion sociale et je voulais vraiment venir dans une haute école. Pour venir ici, j’ai donc une correspondance. Ça se joue à trois minutes : si je la rate, j’arrive en retard", déplore-t-il.

Pour se faciliter la vie, et éviter de passer trois heures dans le bus chaque jour, Manon a elle choisi de koter à Jodoigne. Mais l’offre n’y est pas très abondante : "On a dû chercher pendant plusieurs mois", confirme-t-elle.

Notre idéal serait d’avoir un espace étudiant, avec des chambres où ils pourraient vivre en communauté

La direction de la haute école se dit bien consciente de ces difficultés. "Un peu plus de bus, cela faciliterait les choses, reconnaît Emilie Devos, la directrice de l’implantation. On a déjà discuté avec le TEC, mais ils ont leurs contraintes aussi". Les horaires des cours ont d’ailleurs été légèrement adaptés pour permettre aux étudiants d’arriver à l’heure et de ne pas rater leur dernier bus de retour.

Pour ce qui est du logement, le secrétariat des étudiants joue les intermédiaires quand d’anciens étudiants remettent leur kot. Mais l’offre reste insuffisante. "Notre idéal serait d’avoir un espace étudiant, avec des chambres où ils pourraient vivre en communauté. Même dix places permettraient d’accueillir des étudiants qui viennent de plus loin", suggère-t-elle.

Petite implantation et ambiance familiale ne veulent pas pour autant dire que les étudiants sont "maternés" et pris par la main tout au long de leur cursus. "Cela facilite la transition du secondaire au supérieur, parce que ce sont plus des grandes classes que des auditoires de plusieurs centaines de personnes, admet la directrice. Mais les exigences sont bien celles du supérieur : ils doivent travailler en autonomie, préparer leur session d’examens en amont… Et ils ont des stages dès la première, qu’ils ne vont pas forcément trouver à Jodoigne".

Même si on n’a pas de cercle étudiant, l’ambiance festive, on la crée nous-mêmes

Reste à voir si la vie estudiantine, hors des salles de cours ne leur manque pas trop. "J’ai grandi ici, j’ai tous mes repères ici. On verra pour la grande ville plus tard", lance Chloé.

"C’est vrai que pour les activités, à Jodoigne, c’est plus compliqué, reconnaît Gianni. Mais on va chez l’un ou chez l’autre, on prend parfois la voiture pour aller à Louvain-la-Neuve. Sinon on se voit dans un des bars de Jodoigne. Et même si on n’a pas de cercle étudiant ou ce genre de chose, l’ambiance festive, on la crée nous-mêmes". Notamment lors des activités d’accueil des premières, organisées par les étudiants des classes supérieures.

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