"Octobre rose" : la campagne de sensibilisation au cancer du sein revient avec une attention particulière aux prédispositions héréditaires

Il y a un an, le diagnostic tombe. Laura Walters apprend qu'elle souffre d'un cancer du sein. Un cancer facilité par un gène particulier, le BRCA2, un gène héréditaire dont la mutation facilite le développement de certains cancers. "Je n'étais même pas au courant de ce gène", explique-t-elle. "Ce n'était pas une conversation que j'avais dans ma famille. J'étais au courant que j'ai eu des tantes et même des oncles qui ont eu des cancers. On se sent un peu à l'abri, on n'y pense pas trop. Et surtout, il n'y a pas encore si longtemps, on ne testait pas systématiquement".
La première chose que j'ai faite, c'est d'appeler mes filles.
La pudeur, la honte peut-être aussi, sont autant d'éléments qui peuvent pousser à éviter de parler en famille d'un cancer. Laura n'a voulu quant à elle en faire un sujet tabou : "La première chose que j'ai faite, c'est d'appeler mes filles parce que c'est quelque chose qu'on hérite d'un des parents. Et ça veut dire que je peux le donner à une de mes filles, voire mes deux filles. Donc elles ont 50% de chance d'être porteuses du BRAC2".
L'asbl Pink Ribbon souhaite donc une meilleure prévention. L'ASBL rappelle l'importance d'un accès plus large aux tests génétiques et demande le remboursement de ceux-ci car certains peuvent coûter plus de 1000 euros. Sans connaissance des antécédents, un test peut pourtant s'avérer très important.
Ces gènes augmentent le risque de cancer du sein chez les femmes de 60 à 80 %.
Pink Ribbon signale que 0.3 à 0.5% de la population belge est porteuse des gènes BRCA1 et BRCA2 associés au cancer du sein. Ces gènes augmentent le risque de cancer du sein chez les femmes de 60 à 80 %. Selon Daphné t'kint, Cheffe de la Clinique d'oncogénétique à l'Institut Bordet, le dépistage est dans ce cas crucial : "Le cancer du sein héréditaire, c'est une petite proportion des cancers du sein, mais c'est vrai que c'est important de savoir assez rapidement si la personne qu'on a en face de nous souffre d'un cancer dont l'origine est héréditaire ou non, parce que la prise en charge est tout à fait différente et parce qu'il y a un immense impact pour sa famille".
Le cancer du sein, pris précocement, on en guérit 9 sur 10.
Daphné t'kint le précise : "Il faut savoir qu'aujourd'hui, le cancer du sein, pris précocement, on en guérit 9 sur 10. Mais donc pris précocement, ça veut dire pris à temps. Et pour être pris à temps, il faut faire du dépistage".
Entre 33 000 et 55 000 Belges seraient porteurs d'un gène héréditaire lié à un cancer et au moins la moitié d'entre eux l'ignorent.
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