Alberta | Le cabinet de la première ministre prend ses distances avec l’un des présidents de son parti

(Ottawa) Le cabinet de la première ministre de l’Alberta, Danielle Smith, prend ses distances avec l’un des présidents de son parti, qui a rencontré à Calgary des stratèges républicains américains souhaitant apporter leur soutien au mouvement séparatiste de la province.
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La première ministre « n’est pas associée aux activités de ces personnes et n’a pas connaissance de ces prétendues réunions », a affirmé lundi Sam Blackett, porte-parole de Mme Smith, dans une déclaration.
La première ministre Smith « s’oppose également à la sécession ou à l’entrée de l’Alberta dans la composition des États-Unis », a-t-il ajouté.
Dans sa déclaration, M. Blackett n’a pas souhaité répondre aux questions qui lui ont été posées sur les mesures que Mme Smith compte éventuellement prendre concernant la présence de Mitch Sylvestre, président d’une association de circonscription du United Conservative Party, à cette réunion.
M. Sylvestre dirige également l’Alberta Prosperity Project, un mouvement en faveur de la sécession, et a été à l’origine d’une pétition qui a finalement recueilli suffisamment de signatures pour organiser un référendum à l’échelle de la province, avant qu’un juge ne l’annule au début de cette année.
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Mitch Sylvestre, président d’une association de circonscription du United Conservative Party
« Histoire totalement fausse »
Ce week-end, le Globe and Mail a rapporté qu’il faisait partie d’un groupe qui avait rencontré des stratèges républicains américains à Calgary en janvier afin d’examiner un logiciel conçu pour identifier et mobiliser des partisans.
M. Sylvestre a affirmé au Globe and Mail qu’il se sentait mal à l’aise face à cette réunion et qu’il s’était opposé à l’utilisation de la liste des adhérents de l’Alberta Prosperity Project pour alimenter le projet, invoquant des préoccupations d’ordre juridique et de protection de la vie privée.
L’article indiquait également que les dirigeants séparatistes auraient proposé d’échanger de l’eau et du pétrole contre le soutien des États-Unis lors d’une rencontre avec des responsables du département d’État à Washington, l’année dernière.
Lundi, M. Sylvestre a nié qu’il y ait eu la moindre discussion concernant l’accès à l’eau ou au pétrole lors des trois réunions à Washington, tout en précisant qu’il n’avait assisté qu’à une seule réunion, en septembre.
« Nous n’avons aucune autorité pour faire quoi que ce soit de tout cela, a-t-il affirmé en entrevue. Nous ne faisons pas partie du gouvernement. Nous ne pouvons pas nous rendre là-bas et avoir cette discussion. »
Jeff Rath, autre figure de proue du mouvement séparatiste qui avait assisté à toutes les réunions à Washington, a également nié que les questions du pétrole et de l’eau aient été abordées de manière significative.
« Cette histoire est totalement fausse, a-t-il déclaré. Toute cette histoire d’eau est provocatrice, et l’idée d’une redevance américaine sur le pétrole de l’Alberta est tout simplement ridicule. »
Lorsqu’on lui a demandé s’il soutiendrait un échange de pétrole contre de l’eau, M. Sylvestre a répondu qu’il n’y avait jamais réfléchi, mais qu’il estimait que le soutien local en faveur de l’indépendance de l’Alberta était suffisamment fort pour rendre inutile tout soutien américain.
M. Sylvestre a également précisé qu’il n’avait assisté qu’à l’une des réunions à Washington, car il ne les jugeait pas utiles compte tenu du chemin qu’il reste à parcourir avant que l’Alberta ne fasse sécession.
L’article du Globe and Mail a suscité des inquiétudes quant à l’ingérence étrangère, alors que les Albertains s’apprêtent à voter dans deux semaines pour décider s’ils souhaitent rester au sein du Canada ou organiser un deuxième référendum contraignant sur la sécession.
Ingérence étrangère
Au fédéral, le député conservateur chargé de mener les efforts de son parti pour convaincre les Albertains de rester au Canada se dit préoccupé par les informations selon lesquelles des séparatistes se rendraient à Washington pour proposer du pétrole et de l’eau douce en échange du soutien des États-Unis.
S’exprimant lundi à la sortie d’une réunion d’un comité de la Chambre des communes, Dane Lloyd a mentionné qu’il ne se prononcerait pas sur la question de savoir si les agissements rapportés constituaient une ingérence étrangère ni sur la manière dont les autorités canadiennes devraient enquêter sur cette affaire.
« Absolument personne n’a le droit de céder le patrimoine de l’Alberta, à savoir nos ressources naturelles », a-t-il soutenu.
PHOTO ADRIAN WYLD, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE
Le député conservateur Dane Lloyd
Le ministre de la Sécurité publique, Gary Anandasangaree, a renvoyé les questions concernant ces informations au Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS).
« Ce que je dirai, d’une manière générale, c’est que lorsque des évènements électoraux ont lieu, des évènements démocratiques ont lieu, nous nous attendons à ce qu’ils soient régis par des principes démocratiques, sans ingérence étrangère ni acteurs extérieurs influençant les élections locales », a-t-il indiqué.
Les Albertains se prononceront le 19 octobre sur la possibilité d’organiser un référendum contraignant sur la séparation légale du Canada.
Mme Smith a déclaré qu’elle voterait contre la séparation, mais elle a été accusée de ne pas en faire assez pour apaiser le sentiment séparatiste dans la province.
Le maire de Calgary, Jeromy Farkas, fervent critique du mouvement séparatiste albertain, a souligné que les articles du Globe and Mail montraient à quel point les dirigeants indépendantistes mettaient en péril l’avenir de la province.
« Ils prétendent que [la séparation] vise à reprendre le contrôle, puis ils vont quémander le soutien de Washington », a avancé M. Farkas dans une vidéo publiée lundi sur les réseaux sociaux.
« On ne protège pas la souveraineté de l’Alberta en sollicitant l’aide d’un gouvernement étranger. Et on ne défend certainement pas l’Alberta en discutant des parties de notre territoire que l’on va céder aux Américains, a-t-il ajouté. Ce n’est pas reprendre le contrôle de l’Alberta. C’est la vendre. »
Avec des informations d’Alessia Passafiume à Ottawa et de Jack Farrell à Edmonton, La Presse Canadienne
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