Élections au Québec : l’équilibre budgétaire au cœur du débat de Zone économie

Chacun des principaux partis a sa propre idée pour atteindre l’équilibre budgétaire, mais, pour y arriver, le prochain gouvernement pourrait devoir se serrer la ceinture. Pour autant, aucune des cinq formations n’a osé parler d’austérité lors du débat présenté à Zone économie.
Eric Girard (CAQ), Alain Therrien (PQ), Michel Leblanc (PLQ), Gabriel Laurence-Brook (QS), et Adrien Pouliot (PCQ) se sont affrontés au cours d'un débat animé par Gérald Fillion sur les ondes de RDI.
Une petite mise en contexte s’impose avant de parler des propositions des partis.
Tout juste avant la campagne électorale, la vérificatrice générale du Québec a donné une idée du défi qui attend le prochain gouvernement. En partant du rapport préélectoral produit par le ministre des Finances Eric Girard, il faudra trouver au moins 5 milliards de dollars supplémentaires d'économies pour arriver à l’équilibre budgétaire d’ici 2029-2030.
À partir de cet état des lieux, les partis ont essentiellement deux choix : augmenter les revenus, ou baisser les dépenses de l’État.
Selon le scénario actuel, la croissance des dépenses va déjà décroître à seulement 1,2 % en 2028-2029, d'où le terme austérité budgétaire
évoqué par plusieurs observateurs.
Or, au même moment, il y aura de la pression sur les revenus du gouvernement en raison de la faible croissance économique. Le PIB devrait gagner à peine 0,7 % cette année, selon Québec.
Et par-dessus le marché, la guerre tarifaire pourrait amputer les revenus des entreprises, donc ceux de l'État.

12:50
Cinq candidats des cinq principaux partis en débattent à « Zone économie ».
Place au débat
Qui assume l'austérité ici?
, c’est la question qui a mené à un rare moment de silence lors du débat, les participants préférant ne pas répondre.
Alain Therrien, du PQ, a mis de l'avant un cadre financier qu’il a qualifié d'extrêmement conservateur
, fondé sur la rigueur et le contrôle des dépenses. Le cadre financier péquiste prévoit une augmentation des dépenses de 2,5 % en 2027-2028. Leur hausse serait ensuite limitée à 1 %.
Pour ficeler son cadre financier, M. Therrien soutient s'être appuyé strictement sur les projections du rapport préélectoral de la VGQ sans ajouter un dollar de plus en transferts fédéraux.
Le représentant du PCQ, Adrien Pouliot, a accusé M. Therrien de recourir à des artifices comptables en comptabilisant 4,4 milliards de dollars d'Ottawa qui n'ont pas été confirmés.
Pour sa part, M. Pouliot propose une réduction de 1 % des dépenses en misant sur l'attrition et le contrôle serré des programmes.
Quant à lui, Michel Leblanc, du PLQ, a voulu rappeler que à l'époque de la rigueur budgétaire
de Philippe Couillard, on n'avait pas coupé dans les dépenses, on avait juste ramené le taux de croissance des dépenses à l'inflation à 1 %
.
L’ancien ministre des Finances libéral Carlos Leitao avait toutefois admis des regrets, particulièrement dans le secteur de l’éducation.
Aussi, M. Leblanc a rappelé le surplus de 5 G$ laissé par le gouvernement Couillard.
Défendre sa gestion de l'économie
Visiblement agacé, Eric Girard a sauté dans la mêlée en défendant sa gestion. Celui qui est ministre des Finances de la CAQ depuis 2022 a expliqué que la pandémie de COVID-19 a coûté 26 G$ à l’État.
Il y avait des gens qui décédaient par milliers. Qu'est-ce que vous vouliez qu'on fasse? Qu'on garde votre surplus de 5 milliards?
, a pesté M. Girard.
Aussi, M. Girard estime aussi que son parti est en meilleure posture – grâce à son d'excellente relation
avec Ottawa – d’obtenir les transferts financiers fédéraux sur lesquels la CAQ compte pour financer ses promesses.
Le porte-étendard solidaire, Gabriel Laurence-Brook, qui était resté en retrait pendant les échanges sur l’équilibre budgétaire, est revenu à la charge, en critiquant les coupes proposées par les autres partis.
Moi je n'en reviens pas d'entendre les autres partis nous promettre encore une autre cure d'austérité.
Québec solidaire ne propose pas de couper dans la fonction publique, comme les autres partis. Il propose d'augmenter les recettes de l'État en augmentant l'impôt des ultrariches
.
M. Pouliot a accusé les solidaires de détourner
13 G$ du Fonds des générations pour financer leurs promesses électorales. M. Laurence-Brook lui a répondu que ce que les générations futures veulent, ce sont des écoles, puis des hôpitaux qui ne leur tombent pas sur la tête
.
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