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Monday, September 14, 2026

Deux femmes retrouvées mortes à Anderlecht: voici ce que l'on sait

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Nancy E.D. (dans l’encadré), mère de deux enfants et employée à la Commission européenne, aurait tué sa voisine dimanche soir. © Dieter Nijs, Inzet: RV

Dimanche, Angèle a appelé la police après avoir constaté que des couteaux avaient disparu de la cuisine de sa colocation et que Nancy, la propriétaire des lieux et mère de deux enfants, était montée à l’étage. Mais les forces de l’ordre sont arrivées trop tard. Peu après, elle a entendu des cris. Avant que les agents n’aient pu intervenir, Nancy avait blessé son amie et voisine Brigitta dans son appartement à Anderlecht. Les deux femmes ont été retrouvées mortes.

Source: HLN

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L’avenue de la Poésie, à Anderlecht, est d’ordinaire une rue résidentielle tranquille où de majestueuses maisons dotées de jolis jardins à l’avant caractérisent le paysage urbain.


Devant l’une de ces maisons se tient Angèle. Elle ne porte que des bas et un t-shirt. Ses chaussures et ses autres affaires sont encore à l’intérieur, mais la police ne l’autorise pas à aller les récupérer pour l’instant. Depuis juillet, elle loue une chambre dans ce bâtiment qui est devenu une scène de crime. Plusieurs heures après les faits, la police et la justice sont toujours à l’œuvre et une partie du quartier est bouclée.

Un comportement soudainement étrange

Après une rupture, Angèle avait un besoin urgent de trouver un nouveau toit. Nancy a accepté de lui louer une chambre pour six mois. Selon Angèle, la maison a été divisée en plusieurs petits logements, parfois loués pour quelques mois, mais aussi pour de courts séjours via Airbnb.

Durant l’été, Nancy a passé une grande partie de la saison en vacances. C’est pourquoi Angèle ne connaissait pas encore très bien sa logeuse. “Elle est revenue fin août. Je pars travailler et je rentre à la maison, donc nous n’avions pas beaucoup de contacts. Nancy travaillait à la Commission européenne et était souvent absente. Pour moi, elle s’est toujours comportée normalement. Jusqu’à vendredi soir.”

“Nancy a dit que quelqu’un voulait la tuer.”

Angèle

Selon Angèle, le comportement de Nancy a changé ces derniers jours. “Vendredi soir, elle avait le regard vide. Elle s’est soudainement mise à se comporter bizarrement”, raconte-t-elle. Une autre colocataire, qui, selon Angèle, a une formation en psychologie, aurait longuement discuté avec Nancy et se serait inquiétée.

Angèle a assisté au drame. © CSD

Au cours de la journée de dimanche, la situation devient de plus en plus inquiétante. Vers 14 heures, Angèle voit sa logeuse partir avec une valise. “Elle a dit qu’elle était en danger et qu’elle devait partir. Que quelqu’un voulait la tuer. Je lui ai demandé: ‘Tu es sûre que tout va bien?’ Elle m’a répondu que oui.” Angèle affirme avoir entendu dire par d’autres personnes que Nancy avait des problèmes psychiques et qu’elle ne prenait plus ses médicaments. Il est impossible pour l’heure de confirmer cette information. Cela fait partie des circonstances sur lesquelles la justice enquête actuellement.

Environ une heure plus tard, selon Angèle, Nancy rentre chez elle, mais elle n’est pas seule. Une amie l’a raccompagnée. “Je pense qu’elle était allée chez cette amie parce qu’elle sentait que ça n’allait pas. Celle-ci la connaissait bien et a essayé de la rassurer en lui disant que personne ne voulait la tuer et qu’elle devait simplement rentrer chez elle.” Cette amie est donc repartie peu après.

Un grand couteau sur la table

Entretemps, Angèle s’est mise dans la cuisine. “J’étais en train de préparer mon poulet”, raconte-t-elle. “Quand je suis partie un instant et que je suis revenue, j’ai vu quelque chose qui m’a inquiétée. Nancy tenait un grand couteau sur la table. Elle le faisait tourner dans tous les sens. Là, j’ai vraiment eu peur.”

“J’ai jeté un coup d’œil dans la cuisine et j’ai vu que les couteaux avaient disparu.”

Angèle

Selon Angèle, la police s’était déjà rendue au domicile plus tôt dans la journée. Une autre colocataire aurait donné l’alerte après le départ de Nancy avec sa valise. Comme cette femme parle principalement anglais, elle aurait d’abord donné l’impression, selon Angèle, que Nancy avait disparu. La police est venue, mais est repartie. Lorsque Nancy est retournée chez elle puis s’est rapprochée des couteaux, la police a de nouveau été contactée, selon Angèle.

“Je suis ensuite allée prendre une douche. Quand j’ai eu fini, Nancy n’était plus en bas. Elle était montée dans sa chambre. J’ai jeté un œil dans la cuisine et j’ai vu que les couteaux avaient disparu. J’ai été prise de panique. J’ai dit à ma colocataire: ‘Elle est montée avec les couteaux. Il faut qu’on fasse quelque chose’.”

Cris

Angèle a déclaré avoir prévenu la police de suite et signalé que Nancy avait un couteau sur elle, mais que personne n’avait encore été agressé à ce moment-là. L’inquiétude grandissant, Angèle contacte également des personnes qui connaissent mieux Nancy, afin de trouver quelqu’un capable de la calmer.

C’est alors que Brigitta se rend dans l’appartement de Nancy. Elle la connaît depuis longtemps et habite dans la rue Van Soust, située en perpendiculaire de l’Avenue de la Poésie. Angèle ne voit Brigitta que brièvement. Elle la met pourtant expressément en garde avant qu’elle ne monte à l’étage. “Je lui ai dit: ‘Fais attention, elle a un couteau’.” Mais Brigitta a répondu qu’elle la connaissait. Apparemment, elle lui avait déjà parlé plus tôt dans la journée et elle voulait monter.”

La scène du crime. © Dieter Nijs

Brigitta se rend donc dans la chambre de Nancy. Angèle ne voit pas exactement ce qui s’y passe ensuite. Elle se trouve en bas, dans la cuisine. Mais au bout de quelques minutes, elle entend des cris. “Elles se sont mises toutes les deux à crier. À ce moment-là, nous ne savions pas exactement ce qui se passait, mais j’ai tout de même rappelé la police. Je leur ai dit d’envoyer quelqu’un rapidement, car j’avais peur qu’elle fasse du mal à cette autre personne.”

Défenestration

Le parquet de Bruxelles confirme que la zone de police de Bruxelles-Sud a été appelée dimanche à 17h04 pour un incident survenu avenue de la Poésie. Selon le parquet, lorsque les agents sont entrés dans le logement, ils ont trouvé une femme grièvement blessée. Une deuxième femme était armée d’un couteau. “Ils lui ont demandé de poser le couteau. Mais elle a refusé”, affirme Angèle. La police a demandé des renforts, mais ceux-ci sont arrivés trop tard. “Avant que la police n’ait pu désarmer la femme armée, celle-ci s’est jetée par la fenêtre”, confirme Veerle Byloos, porte-parole du parquet de Bruxelles.

“Brigitta avait un grand cœur pour tout le monde.”

Une voisine de Brigitta

À ce moment-là, Angèle se trouve toujours dans le bâtiment. Lorsque des renforts de police arrivent, elle sort. Elle voit alors Nancy à l’agonie. Les secouristes tentent encore de sauver les deux femmes. Brigitta, qui a été retrouvée gravement blessée dans l’appartement, et Nancy font toutes deux l’objet d’une réanimation, sans succès. Les deux femmes ont succombé à leurs blessures. La justice enquête toujours sur les circonstances exactes dans lesquelles Brigitta a été gravement blessée.

Une rue plus loin, la nouvelle est entre-temps parvenue aux voisins de Brigitta dans la rue Van Soust, dont une est visiblement émue. “Nous avions une très, très bonne relation avec elle”, raconte-t-elle. “Brigitta était une femme vraiment aimable. Elle avait du cœur pour tout le monde et voulait toujours aider les autres.”

Locataires Airbnb

Dimanche, deux nouvelles locataires Airbnb étaient attendues dans l’immeuble de Nancy. “Ces deux jeunes filles sont arrivées environ dix minutes avant que tout cela n’arrive”, explique Angèle. “Elles étaient à l’intérieur quand cela s’est produit, mais elles n’ont rien vu.”

Plusieurs ambulances sont arrivées sur place, mais les forces de l’ordre sont arrivés trop tard. © Dieter Nijs

Dimanche soir, le parquet de Bruxelles a ouvert une enquête sur le décès de Brigitta et de Nancy. “Le parquet a ordonné que soient posés les premiers actes d’enquête, notamment l’intervention de la police scientifique et d’un médecin légiste”, ajoute Veerle Byloos.

Un juge d’instruction a également été saisi. Un envoyé du parquet devait se rendre sur place dimanche soir. L’enquête doit permettre de déterminer dans quelles circonstances les deux femmes ont trouvé la mort.

Besoin de parler?

Le Centre de prévention au suicide est joignable en Belgique via une ligne gratuite et anonyme: le 0800 32 123. Un rendez-vous avec un psychologue spécialisé est également possible via le 0476 53 00 84 et un site est également à la disposition du public (https://www.preventionsuicide.be/).

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