L’attentat du 11 septembre 2001 minute par minute : récit d’une matinée qui a changé le monde

C’est une belle journée de septembre, et l’Amérique est surtout préoccupée par le grand retour sur les terrains de baskets de la star Michael Jordan. Pourtant, ce matin-là, 19 terroristes du groupe djihadiste Al-Qaïda parviennent à déjouer les services de sécurité et à embarquer dans quatre vols intérieurs différents depuis Boston, Washington, et Newark. Leur objectif : détourner les avions de façon coordonnée, et les écraser contre les symboles du pouvoir américain que l’organisation terroriste combat : les Tours jumelles du World Trade Center de New-York, emblème du modèle capitaliste américain, et le Pentagone, quartier général de l’armée états-unienne.
Georges W. Bush, de cible vulnérable aux terroristes à chef de la "guerre contre la terreur"
Georges W. Bush, investi président en janvier de cette année 2001, débute sa journée par un footing, avant de visiter une école primaire à Sarasota, en Floride. Assis devant les enfants, un conseiller, Andrew Card, glisse à l’oreille du président des États-Unis que les Tours jumelles de New-York ont été touchées : "America is under attack" ("Les États-Unis sont attaqués").
La Tour Sud du World Trade Center de New-York, percutée par les kamikazes d’Al-Qaïda, le 11 septembre 2001. © BELGAIMAGE – SETH MCALLISTER – EPA
Georges W. Bush veut rentrer à la Maison Blanche, mais ses conseillers lui interdisent : on ne sait pas alors si d’autres avions ont été détournés, ni leur potentielle cible. Après un prudent discours, dans lequel le Président évoque une "attaque terroriste apparente", il remonte à bord du Air Force One, sans destination connue. Si rester dans les airs est sans doute plus prudent, il est aussi plus difficile de recevoir et d’envoyer des informations, en cette époque de balbutiements de la téléphonie sans fil.
Après un deuxième discours sur la base militaire de Barksdale (Louisiane), le Air Force One disparaît de nouveau. Au point que les médias américains commencent à se demander où est leur président en ces temps graves ?
À 20h30, Georges W. Bush réapparaît sur les télévisions américaines, depuis la Maison Blanche. S’il ne prononce pas dans son discours le nom d’Al-Qaïda, le groupe est déjà suspecté par la CIA d’être l’auteur des attentats. Face à la caméra, le président dénonce l’empire du "mal", qu’il se dit prêt à combattre. Quelques jours plus tard, celui qui a passé la majorité de la journée du 11 septembre dans les airs déclarera ouverte la "guerre contre la terreur", ouvrant des fronts en Afghanistan puis en Irak.
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