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Wednesday, October 28, 2026

30 % d’aires protégées d’ici 2030 | Ottawa y croit toujours, le Bloc québécois dénonce un « vœu pieux » sans plan crédible

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Malgré un retard important, la ministre de l’Environnement, Julie Dabrusin, soutient que le Canada réussira à atteindre ses cibles d’aires protégées d’ici 2030. Une promesse qui ne tient pas la route, estime le Bloc québécois, alors que le gouvernement fédéral multiplie les projets de loi qui vont « bulldozer la nature ».

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« J’ai beaucoup d’espoir [que nous atteignions nos cibles] », affirme la ministre de l’Environnement et du Changement climatique, Julie Dabrusin. Malgré un retard important pour la création de nouvelles aires protégées au Canada, la ministre fédérale se montre optimiste de voir Ottawa combler l’écart grâce au nouveau plan pour la nature, dévoilé par le premier ministre Mark Carney au printemps dernier.

En 2022, les 190 pays présents à la COP15, à Montréal, ont adopté un accord historique qui prévoyait entre autres que chaque nation s’engageait à protéger 30 % de son territoire d’ici 2030. Or, quatre ans plus tard, le Canada est encore loin de son objectif et pourrait manquer de temps pour créer suffisamment d’aires protégées marines et terrestres sur son territoire. Le portrait se présentait comme suit à la fin de l’année 2025 : un bilan de 14 % pour les aires protégées terrestres et de 15,5 % pour les aires marines.

« Nous sommes très avancés dans notre travail avec notre plan de 3,8 milliards », souligne néanmoins Julie Dabrusin, qui se trouve actuellement en Arménie où elle participe à la COP17 sur la biodiversité.

Les déclarations de Mme Dabrusin ont fait bondir le député du Bloc québécois Patrick Bonin. « Le fait que la ministre ne soit pas inquiète, c’est très inquiétant, et son optimisme relève plus du jovialisme que du réalisme. »

PHOTO PATRICK DOYLE, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Le député bloquiste Patrick Bonin

Le critique en environnement du parti de l’opposition rappelle que le Canada a déjà raté ses cibles de 2020 et de 2025 pour la protection du territoire. « Comment ne peut-elle pas être inquiète alors que le Canada est déjà en retard par rapport à son engagement, qu’il n’a pas de plan crédible [pour y arriver] et qu’il se permet d’adopter des lois comme C-5, et qu’il propose des projets comme C-39, qui vont littéralement bulldozer la nature ? »

Patrick Bonin souligne que le gouvernement fédéral cherche surtout à obtenir une plus grande marge de manœuvre pour autoriser des projets industriels « en bâclant les évaluations environnementales » et en « ignorant la Loi sur les espèces en péril pour l’éternité ». « La ministre Dabrusin, c’est une spécialiste pour faire croire que le gouvernement Carney est bon en environnement, allant même jusqu’à faire croire que le Canada est un leader international », ajoute-t-il.

Des rapports qui contredisent Ottawa

En novembre 2025, le commissaire à l’environnement et au développement durable du Canada, Jerry DeMarco, concluait qu’Ottawa ne respectait pas ses engagements de protection et de conservation des terres et des eaux intérieures. Il invitait le gouvernement à « accélérer ses efforts ».

Dans un rapport transmis à l’ONU au début de l’année 2026, le gouvernement fédéral reconnaissait qu’il n’était pas en voie d’atteindre plusieurs des cibles prévues au tout premier cadre mondial pour la biodiversité, adopté à Montréal en 2022. Le document souligne entre autres que « le rythme et l’ampleur des efforts déployés sont insuffisants pour atteindre l’objectif fixé ».

En mars dernier, le premier ministre Mark Carney a dévoilé un nouveau plan pour la nature doté d’une enveloppe de 3,8 milliards. Cet argent devrait servir entre autres à financer la création de plusieurs aires protégées et permettre à Ottawa de remplir son engagement de protéger 30 % de son territoire.

Questionnée sur la lenteur des progrès, Julie Dabrusin mentionne la complexité des projets. « Ça prend beaucoup de travail pour mettre en place des aires protégées », précise-t-elle, pour justifier le temps requis avant la concrétisation d’un projet.

« Elle devrait plutôt arriver avec un plan crédible et non pas des vœux pieux et des exercices de communication qui sont de l’ordre de l’écoblanchiment, répond Patrick Bonin. On ne peut pas se fier malheureusement à la parole de la ministre, qui, au lieu de défendre l’environnement, plie devant les poids lourds au sein du gouvernement, dont le premier ministre. »

Selon M. Bonin, le Canada ne peut imputer à d’autres pays la responsabilité de son échec à protéger son territoire. « On ne peut pas utiliser l’excuse de Donald Trump ou de la Chine pour continuer à se traîner les pieds. Ça demande un plan, des engagements clairs avec des échéances et des suivis. »

Un procès qui fait réagir le député

Les déclarations de l’avocate BJ Wray à l’ouverture du procès climatique intenté par 15 jeunes Canadiens contre Ottawa, ont soulevé l’ire de Patrick Bonin. « C’est à faire dresser les cheveux sur la tête d’entendre l’avocate du gouvernement dire que le Canada n’a pas de responsabilité dans les impacts des changements climatiques au pays. » Le député souligne que personne ne demande au Canada de changer à lui seul la trajectoire mondiale des émissions de gaz à effet de serre. Mais le Canada doit respecter ses engagements et il a plutôt abandonné ses cibles climatiques alors qu’il est l’un des dix plus importants pollueurs au monde. »

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