Un jour, une carte : mais où est passé le mur anti-drones européen ?

Si vous cherchez le long des 4000 kilomètres du flanc est de l’Europe, vous risquez de chercher longtemps. Le fameux mur anti-drones promis par l’Union européenne ? Il est encore largement virtuel. La menace, par contre, est bien réelle. On l’a encore vu ces dernières semaines, notamment, avec l’affaire du drone piégé à l’aéroport de Leipzig, en Allemagne. Le ciel européen reste une vraie passoire et Moscou continue de nous provoquer.
Et pourtant, rappelez-vous la rhétorique très ambitieuse de l’automne 2025. A l’époque déjà, des drones russes survolaient la Lettonie, la Roumanie, la Pologne. Dans son discours sur l’état de l’Union, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, martelait : "Nous devons répondre à l’appel de nos amis baltes et construire un mur anti-drones. Ce n’est pas une ambition abstraite."
Des milliers de capteurs
Le marteau et la mouche
Un an plus tard, le compte n’y est pas. Le réseau européen n’a toujours pas vu le jour, et il n’existe aucun système unique couvrant l’ensemble du flanc est. Aujourd’hui, quand un drone suspect passe la frontière, on en est encore à envoyer… des avions de chasse. Le 15 septembre dernier, deux Eurofighter italiens ont ainsi dû intercepter un petit drone au-dessus de la Lituanie. C’est un peu comme sortir un énorme marteau pour écraser une mouche.
Pourquoi un tel retard ? Parce qu’entre l’annonce politique et la réalisation sur le terrain, il y a… l’Europe. Il faut se mettre d’accord. Sur les technologies. Sur le financement. Sur le commandement. Et surtout sur qui fait quoi. L’Allemagne et la France, par exemple, ont refusé que la Commission coordonne le projet, préférant garder la main sur leurs propres contrats de défense.
Le projet DECODER est lancé
Des réponses largement nationales
En attendant, les pays de première ligne sont déjà passés à la vitesse supérieure. La Pologne, la Roumanie, ou encore la Lettonie développent leurs propres capacités anti-drones. L’Union européenne peut financer une partie de ces projets, notamment via des prêts. Mais elle ne les coordonne pas.
Un an après l’annonce, le chantier est donc enfin lancé, mais le bouclier prend son temps. Comme souvent, l’urgence sécuritaire s’accorde assez mal avec le temps politique européen. Et face à une menace qui ne connaît pas les frontières, la réponse reste encore largement nationale.
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