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Thursday, August 20, 2026

Les ultrariches prédominants au gouvernement Trump

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Un régime oligarchique est-il en train de s’installer aux États-Unis ? La question se pose après la publication, cette semaine, d’une recension des ultrariches occupant des postes importants au sein du gouvernement de Donald Trump.

La mesure révèle en effet une prédominance sans précédent de personnes possédant une fortune personnelle supérieure à 100 millions de dollars américains nommées au sein du gouvernement, avec à la clef des apparences de conflit d’intérêts et un risque élevé de corruption, estime Public Citizen, l’organisme de défense de la démocratie, à l’origine du rapport.

Au total, 57 membres du gouvernement Trump sont des multimillionnaires, dont 40 occupent des fonctions stratégiques au cœur du pouvoir exécutif américain. Cela comprend le secrétaire au Commerce, Howard Lutnick, milliardaire de son état, qui participe actuellement aux discussions avec le Canada sur les échanges commerciaux. De plus, 17 ont été nommés ambassadeurs.

Le décompte n’inclut pas le président américain lui-même, dont la fortune personnelle est évaluée, en 2026, à 6 milliards de dollars par Forbes, ni le magnat de l’aérospatiale, de la voiture électrique et des réseaux sociaux, Elon Musk, qui a conseillé Donald Trump l’an dernier dans un vaste projet de réduction de la taille de l’État et des services offerts aux plus démunis, et ce, aux États-Unis comme à l’étranger. Sa fortune est estimée à 880 milliards de dollars par le magazine économique américain.

Cette prédominance des multimillionnaires et milliardaires dans l’appareil gouvernemental est nettement considérable. Leur nombre est en effet plus de quatre fois supérieur à celui des d’ultrariches qui ont travaillé dans les gouvernements précédents combinés. Joe Biden et George W. Bush en avaient nommé respectivement cinq. Barack Obama ? Trois.

Sous Donald Trump, ces milliardaires et ultramillionnaires occupent des postes clés au sein des départements de la Défense, du Commerce, du Trésor, de la Santé et des Services sociaux, de l’Agriculture et des Affaires étrangères, note le rapport de Public Citizen dévoilé lundi. Plusieurs ont également pris les rênes d’agences fédérales, dont la Securities and Exchange Commission, l’instance de contrôle des marchés financiers, la National Aeronautics and Space Administration (NASA) ou la Small Business Administration, les plaçant en position d’agir sur les politiques ou sur les enquêtes menées par ces agences, pour favoriser leur propre intérêt financier et ceux de leurs familles.

« Il est profondément préoccupant de voir des personnes extrêmement fortunées contrôler les leviers du pouvoir au sein de notre gouvernement », a résumé Lisa Gilbert, coprésidente de Public Citizen par voie de communiqué. « Lorsque les dirigeants du gouvernement sont issus en grande majorité des rangs des ultrariches, cela engendre un système de récompense, de la corruption, et soulève des questions sur les intérêts qu’ils servent réellement. »

L’organisme estime également que cette présence inédite d’ultrariches au sein du gouvernement Trump pave « la voie à une forme de gouvernement oligarchique, où l’élite fortunée exerce un pouvoir considérable sur le peuple américain ». Un peuple dont le salaire annuel moyen s’élève actuellement à 64 505 $US, selon le Bureau des statistiques du travail américain. Et qui, depuis la reprise brutale du populiste à Washington l’an dernier, a vu ses conditions économiques se déprécier sous l’effet des politiques radicales du républicain et du bourbier iranien dans lequel il a fait entrer son pays en février dernier. Entre autres.

Tout ce qui brille…

Donald Trump n’a jamais caché sa fascination pour les entrepreneurs de haut calibre, dont il considère la réussite financière comme la preuve d’une pensée exécutive élevée et d’une force de négociation. « Ces gens-là sont extrêmement compétents. Ce sont parmi les chefs d’entreprise les plus brillants », a-t-il dit l’an dernier pour justifier l’importance qu’il accordait aux conseils des dirigeants d’entreprise dans sa gestion des affaires de l’État.

Mais la nomination de plusieurs de ces personnes à de hautes fonctions gouvernementales révèle aussi « une corrélation frappante » avec les dons que plusieurs ont effectués pour soutenir la campagne présidentielle du républicain, indique le rapport. Trente des 57 personnes actuellement en poste au sein du gouvernement ont versé plus de 65 millions de dollars de contributions à des comités politiques associés à Donald Trump durant la campagne électorale de 2024, le tout dans une « véritable mascarade politique de corruption », peut-on lire.

Paradoxalement, le républicain a été reporté au pouvoir, malgré les nombreuses « affaires », poursuites judiciaires et condamnations devant les tribunaux, en grande partie par une classe moyenne américaine séduite par son discours sur la réduction du coût de la vie. En confiant des postes clés à des multimillionnaires, dans une proportion inédite dans l’histoire américaine contemporaine, Donald Trump vient ainsi allonger la liste des actions moralement discutables posées par le populiste depuis son retour à la Maison-Blanche en 2025, et nourrir une dissonance cognitive entre la promesse électorale de lutter contre les corruptions pour le bien de ses électeurs.

Dans un sondage mené par le Brennan Center for Justice, dont les résultats ont été dévoilés en juin dernier, 91 % des répondants républicains qualifiaient de corruption toutes décisions gouvernementales favorisant les intérêts des ultrariches et des corporations plutôt que ceux de la population. Et la présence démesurée de multimillionnaires au sein du gouvernement Trump est loin de convaincre ses électeurs. Ce sont 24 % d’entre eux qui estiment que leur situation financière s’est dégradée depuis son retour au pouvoir l’an dernier, indique un sondage Financial Times/Focaldata, réalisé du 7 au 10 août dernier. CNN rapportait aussi en mai que le président américain perd du terrain auprès de sa base électorale, les électeurs blancs sans diplôme universitaire, dont le taux d’approbation est passé de 63 % en février 2025 à 49 % au printemps.

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