The Daily Newsstand · Free, Always
Saturday, October 3, 2026

La gouverneure de New York blâme les institutions dans l’affaire de viol collectif à Cornell

Translate

Les personnes chargées de la protéger la femme qui a accusé des membres d’une fraternité de l’Université Cornell de viol collectif l’ont «laissé tomber», notamment la police et le procureur du comté, a affirmé la gouverneure de New York, Kathy Hochul.

Mme Hochul a tenu ces propos vendredi lors d’une conférence de presse au cours de laquelle elle a donné des détails sur sa décision de confier l’affaire à une procureure spéciale, la procureure générale de l’État, Letitia James. Elle a expliqué l’avoir fait après avoir pris connaissance de «détails troublants» concernant la manière dont les autorités avaient traité les allégations de la jeune femme jusqu’à présent.

La gouverneure a notamment pointé le fait que le procureur du district a classé l’affaire sans qu’aucune personne n’ait interrogé la victime ou toute autre personne impliquée dans l’agression présumée.

Elle a également critiqué le service de police de l’Université Cornell pour ne pas avoir transmis intégralement le récit de la jeune femme aux procureurs.

«Dans quel monde le procureur du district ne l’interroge-t-il même pas, ni aucune autre personne impliquée, ni ne demande-t-il la transcription intégrale? s’est interrogée Kathy Hochul. Cette femme, cette jeune femme, avait déjà enduré quelque chose d’absolument indicible. Et puis, à chaque étape, elle a été laissée pour compte par des personnes et des institutions qui avaient l’obligation de la protéger.»

La gouverneure Hochul a chargé le bureau de la procureure générale James de superviser l’affaire parce qu’elle avait perdu confiance dans la capacité du procureur local à la traiter, a-t-elle déclaré jeudi.

L’enquête avait initialement été classée sans suite en 2024.

Le mois dernier, la jeune femme a intenté une action en justice et le procureur du comté de Tompkins, Matthew Van Houten, a rouvert l’enquête. Il a depuis été la cible de nombreuses critiques, qui lui reprochent d’avoir abandonné trop rapidement l’enquête initiale.

La procureure générale supervisera l’enquête et, si cela s’avère justifié, présentera des éléments de preuve devant un grand jury, a annoncé Mme Hochul.

«La jeune femme au cœur de cette affaire mérite de savoir que chaque fait sera examiné et que justice sera rendue», a insisté jeudi la gouverneure dans un communiqué.

Au moment où ces lignes étaient écrites, le procureur Van Houten n’avait pas répondu aux messages envoyés jeudi pour obtenir ses commentaires.

Sept violeurs allégués

Cette affaire a secoué le campus de cette université de l’Ivy League. Elle soulève des questions quant à la manière dont l’établissement a réagi, ainsi que sur la gestion des agressions sexuelles sur les campus universitaires de manière plus large.

La jeune femme, identifiée uniquement sous le nom de Jane Doe dans les documents judiciaires, a rapporté à la police du campus en novembre 2024 avoir été victime d’une agression sexuelle, puis en a discuté avec les enquêteurs internes de l’université dans le cadre de la procédure disciplinaire de Cornell.

Dans la plainte, déposée contre sept membres de la fraternité Chi Phi, l’université, la fraternité elle-même et d’autres parties, elle allègue avoir été droguée et alcoolisée, puis soumise à des actes sexuels par un groupe d’hommes alors qu’elle était partiellement ou totalement inconsciente.

L’un des hommes a envoyé un message sur les réseaux sociaux à d’autres membres de la fraternité pour les alerter de ce qui se passait et les inviter à y prendre part, selon le document.

Les avocats de deux des hommes poursuivis ont nié toute participation à une agression sexuelle. L’un d’eux a déclaré que son client n’avait pas touché la jeune femme. Les tentatives de l’Associated Press pour joindre les autres hommes ou leurs représentants ont été vaines.

Procureurs spéciaux

Par le passé, les gouverneurs de New York ont déjà fait appel à des procureurs généraux pour superviser des affaires d’envergure.

En 2018, le gouverneur de l’époque, Andrew Cuomo, avait nommé Madeline Singas, alors procureure du comté de Nassau, au poste de procureure spéciale chargée d’enquêter sur Eric Schneiderman, qui avait démissionné de son poste de procureur général de l’État de New York après que des femmes l’eurent accusé de gifles violentes, d’étranglements et d’autres abus.

En 2021, la procureure générale Letitia James a supervisé une enquête non pénale sur des allégations de harcèlement sexuel visant le gouverneur de l’époque, Andrew Cuomo, ce qui a conduit à sa démission. Andrew Cuomo avait d’abord tenté de choisir la personne qui dirigerait l’enquête sur ces allégations. Il a ensuite autorisé Letitia James à désigner deux avocats indépendants pour la mener à sa place.

Le bureau de Letitia James traite également d’autres affaires pénales et dispose, en vertu de la loi de l’État, du pouvoir d’enquêter sur tous les décès impliquant les forces de l’ordre dans l’État. Toutefois, elle ne peut pas, en règle générale, ouvrir d’enquêtes pénales sans qu’une affaire lui soit transmise par un procureur de district local, le gouverneur ou une agence d’État, ou sans une nomination telle que celle effectuée jeudi par Mme Hochul.

View the original on Le Devoir →

KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.