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Thursday, September 17, 2026

Trois partis dans le même panier, et deux autres qui brassent la cage

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Les débats de cette semaine ont permis de clarifier ce qui définit chacun des aspirants premiers ministres. Leur rôle. Leur personnage dans le grand théâtre politique. En cette troisième semaine de campagne, les membres du panel électoral du Devoir sont tout de même embêtés : la plupart restent indécis. Certains savent pour qui ils ne voteront pas ; d’autres sont tentés par le vote stratégique pour bloquer l’un ou l’autre des partis. Mais on compte peu d’électeurs emballés dans notre Club des électeurs…

On a donc constaté que Christine Fréchette « n’est pas François Legault » et dit incarner la stabilité. Charles Milliard cherche à rallier les fédéralistes et les indécis qui veulent du changement. Ruba Ghazal insiste : « On a besoin de l’État » pour protéger la population. Paul St-Pierre Plamondon résume autrement sa position : « Est-ce qu’on veut 12 ans de CAQ ou du changement ? » Quant à Éric Duhaime, il courtise ceux qui veulent faire table rase du modèle québécois.

Notre Club des électeurs place dans la même catégorie la Coalition avenir Québec (CAQ), le Parti québécois (PQ) et le Parti libéral (PLQ), qu'il décrit comme des partis « du milieu », plutôt « classiques », qui se ressemblent à bien des égards (avec évidemment des visions opposées sur le plan constitutionnel). Quant au Parti conservateur (PCQ) et Québec solidaire (QS), ils se distinguent par leur idéalisme et leur envie de brasser la cage.

« Les deux partis des “extrêmes” ne sont pas là pour rien. Pour beaucoup de gens, en ce moment, notre système ne fonctionne plus. Et moi, j’en suis un peu de ces gens-là. Je comprends les gens d’avoir envie de voter pour autre chose », lance Marjolaine Cloutier, conseillère stratégique dans le milieu communautaire.

Elle a passé la journée de mardi à manifester dans la rue, chez elle à Trois-Rivières, pour le mouvement Le communautaire à boutte. Près de 6000 manifestants ont marché pour réclamer des conditions de travail décentes — et des moyens financiers à la hauteur des besoins, en cette époque de crise sociale.

« Pas là juste pour faire la clip »

Marjolaine Cloutier n’est pas conservatrice, mais elle considère que le parti d’Éric Duhaime aurait dû être représenté à l’Assemblée nationale après avoir remporté près de 13 % des voix (530 786 votes) au scrutin de 2022. Elle et nos autres panélistes considèrent qu’il est grand temps de réformer le mode de scrutin afin de mieux refléter le morcellement de l’électorat.

Louis-Philippe Durbet, étudiant à l’École du Barreau, considère lui aussi Éric Duhaime et Ruba Ghazal comme « les deux réels gagnants [du débat de mardi à TVA], qui se sont démarqués par leurs propositions novatrices et plus concrètes que celles des trois autres partis ». « Ils ne sont pas juste là pour faire la clip », dit-il.

« Duhaime est clair sur le fait que son projet mobilisateur consiste en la réduction de l’État et en la souveraineté énergétique du Québec. Ça a le mérite d’être clair, bien que peu cohérent avec les crises de notre époque », ajoute-t-il. « Sur l’IA, il se dit préoccupé, mais souhaite tout de même suivre la parade des géants de l’IA. Ça manque de toute évidence de leadership, un peu à l’image du capitaine du Titanic. »

L’étudiant de 22 ans estime que la porte-parole de QS « a réussi à s’imposer face au chef conservateur sur la question du coût de la vie, et à faire considérer par plusieurs la position solidaire de quelques épiceries publiques permettant une plus forte concurrence, bénéfique pour tous ».

Jocelyn Brousseau

44 ans, père d’une fille, Gatineau

Travailleur humanitaire qui revient au Québec après 17 ans à l’étranger

« On a vu dans les derniers jours l’histoire du dépassement de coût du projet SIFA [Système d’information des finances et de l’approvisionnement], qui est très analogue à celui de SAAQclic et avec exactement le même prestataire (IBM). Dans les deux cas, ce sont des fonctionnaires qualifiés qui ont tiré la sonnette d’alarme et alerté le public par le biais des médias. Il y a là matière à réflexion quand on fait face à un concours de celui qui va congédier le plus de fonctionnaires. »

Diaka Camara

42 ans, mère de trois enfants, Montréal

Gestionnaire en technologies de l’information

« Sur l’avenir du Québec, la question nationale a évidemment sa place. Mais une autre question me vient en tête : quel Québec voulons-nous construire, indépendamment de son statut constitutionnel ? Productivité, démographie, infrastructures, intelligence artificielle, énergie, environnement, culture, cohésion sociale… C’est aussi ça, pour moi, l’avenir du Québec. »

Marjolaine Cloutier

60 ans, mère d’une adulte, Trois-Rivières

Conseillère stratégique dans le milieu communautaire

« De nombreux candidats de quatre des cinq grands partis ont marché avec nous mardi [pour le milieu communautaire]. J’ai multiplié les échanges avec eux. Au-delà des allégeances politiques, ça me rassure de constater encore que la grande majorité des personnes qui ont le courage de mettre leur visage sur un poteau le font pour les bonnes raisons. Des discussions de terrain comme ça permettent de lutter contre le cynisme. »

Alicia Despins

32 ans, en famille recomposée, Val-d’Or

Doctorante et chargée de cours en administration publique

« Même si les politiques d’Éric Duhaime ne me rejoignent pas, je comprends qu’elles puissent parler à beaucoup de gens. Le PCQ a une base solide qui peut continuer de croître. Les Québécois ne semblent pas disposés à élire un gouvernement majoritaire. Je crois que son appel à lui accorder la balance du pouvoir peut en convaincre plusieurs. Après tout, si les électeurs veulent du “changement”, n’est-ce pas lui et son parti qui l’incarnent le mieux ? »

Louis-Philippe Durbet

22 ans, Sherbrooke

Étudiant à l’École du Barreau

« Ça ne suffit pas de dire qu’on va retourner à l’équilibre budgétaire. On sait très bien que les partis l’ont promis pendant des années, puis que ça ne fonctionnera pas. Pour moi, tant qu’à s’endetter encore pour des niaiseries comme Northvolt, aussi bien avoir un projet réel qui est porteur. »

Mahjoub El Hamakani

74 ans, père et grand-père, Montréal

Gestionnaire retraité de la SAQ

« Une chose m’a positivement interpellé : sur l’itinérance, les partis semblent davantage ouverts à chercher des solutions et à travailler ensemble. C’est le genre d’approche que j’aimerais voir davantage en politique. L’itinérance ne devrait pas être seulement un sujet de confrontation entre partis. Il faut agir sur le logement, la santé mentale, les dépendances et l’accompagnement, et surtout chercher les solutions qui donnent des résultats. »

Lylliane Le Quellec

64 ans, Sherrington (Montérégie)

Ingénieure en informatique à la retraite

« Il faut surveiller les candidats locaux. J’ai moi-même constaté l’importance d’une députée. Il y a un champ à côté de chez moi. Durant un hiver, un agriculteur épandait des résidus d’égout de Longueuil. C’était toxique. Et quand le camion passait à 4 h du matin, on se faisait réveiller par l’odeur. On s’est mobilisés, on a rencontré notre députée, et ce type d’épandage a cessé. »

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