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Tuesday, October 6, 2026

Lendemains électoraux au Club Pays

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La porte est ouverte dès 9 h mardi, au lendemain des élections, au Club Pays, ce café indépendantiste établi depuis le printemps dernier sur la rue Saint-Hubert, à Montréal. Partout sur les murs, des affiches célèbrent le Québec. Celui qui s’est battu au siècle dernier pour parler français. Celui aussi dont Serge Bouchard disait « aimer démesurément tous les pays », citation par ailleurs encadrée à côté du comptoir. Le Club Pays est l’antenne des OUI Québec, les Organisations unies pour l’indépendance.

Lundi, jour d’élections, des indépendantistes de toutes tendances étaient réunis pour suivre le dépouillement du scrutin. Et le lendemain, les convictions politiques de ceux qui se retrouvent ici demeurent très variées, voire parfois opposées sur certains plans.

Étienne Dupré, alias Duu, est venu ici pour préparer le lancement de son livre et de son album, qui aura lieu dans cet espace-café cette semaine. D’entrée de jeu, il s’affirme écologiste. Son album porte d’ailleurs le nom de deux arbres emblématiques du Québec, le pin blanc et le pin gris. Il dit venir ici parce qu’il s’y sent parfaitement à l’aise, et parce que c’est un lieu qui célèbre l’identité québécoise comme lui en célèbre la flore. Mais les élections de lundi l’ont laissé sur sa faim, admet-il. « Québec solidaire est passé de 11 sièges à 9, ça m’a beaucoup déçu. […] Après ça, je me suis réjoui que le gouvernement de Paul St-Pierre Plamondon soit minoritaire. Je trouve que dans les scénarios, c’est l’un des moins mauvais. »

Au comptoir, Frédéric Lapointe, président du Mouvement national des Québécoises et Québécois (MNQ) et ancien candidat péquiste, prend un café et une viennoiserie. Le MNQ est propriétaire de l’édifice, qui abrite d’ailleurs aussi une antenne du Bloc québécois à l’étage.

Contrairement aux OUI Québec, le MNQ s’est jusqu’à maintenant montré plus timide sur la question de la souveraineté du Québec, même s’il rallie des sociétés Saint-Jean-Baptiste en son sein. « La Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal est sur le front linguistique. Donc, ils sont un peu plus agressifs sur des questions comme l’affichage, comme la loi 101 au cégep, etc. Nous, on est la fédération, on représente tout le monde au Québec. C’est plus modéré, puis on s’est servi de cette position pour bâtir des ponts avec la communauté anglophone », dit-il.

La Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal a d’ailleurs publié un communiqué célébrant l’élection d’un gouvernement souverainiste lundi et le chemin vers l’indépendance du Québec. « Nous sommes déjà en action et nous allons redoubler d’efforts pour faire avancer l’indépendance. Le Québec doit enfin disposer de tous les pouvoirs d’une nation souveraine. Il est temps de construire notre pays avec toutes celles et tous ceux qui ont choisi le Québec comme terre d’accueil, et avec les peuples autochtones, avec qui nous partageons ce bout de pays depuis les débuts », y lit-on.

Voix indépendantistes

Camille Goyer-Gingras, présidente des OUI Québec, se réjouit pour sa part de voir une « majorité » de voix souverainistes à l’Assemblée nationale. « Ce qui est intéressant, cette fois-ci, c’est que les deux formations politiques ont pris l’engagement de tenir une consultation dans un premier mandat. Donc, il y a quand même un consensus là-dessus, ça n’a pas toujours été le cas dans les années 2000. »

« Notre travail, c’est de s’assurer que la population aussi comprenne le projet qu’on veut les appeler à construire, ajoute-t-elle. On est un peu une organisation de participation citoyenne, si on veut. »

Tous ne sont cependant pas aussi optimistes. « Je ne sais pas à quel point ils vont bien s’entendre, parce qu’ils ont des visions complètement différentes », note Étienne Dupré. « Il y en a un qui est inclusif, l’autre est xénophobe. On va surveiller ça de près », juge-t-il.

Alex Valiquette, responsable des communications pour les OUI Québec, se réjouit de voir le Club Pays être un lieu d’échange pour les différents courants indépendantistes. « Il y a une multitude de discours indépendantistes qui cohabitent harmonieusement au Club Pays : les artistes préoccupés par le vivre-ensemble ; le président du MNQ et ancien candidat du PQ ; le bureau du Bloc québécois, qui est locataire de l’étage en haut… »

Lors de la soirée électorale de lundi, « il y avait [au Club Pays] des indépendantistes non partisans, des péquistes et des solidaires », souligne-t-il d’ailleurs.

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