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Monday, October 12, 2026

Grève des services publics : forte mobilisation de nombreux secteurs contre les économies annoncées

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Trois jours après une manifestation syndicale ayant rassemblé 30.000 personnes à Bruxelles, la contestation sociale et syndicale se poursuit ce lundi 12 octobre dans les services publics.

Transports, administrations, audiovisuel public, écoles, prisons, hôpitaux ou encore collecte des déchets : le mouvement prend différentes formes selon les secteurs. À l’origine de cette journée, la CGSP, la centrale des services publics du syndicat socialiste FGTB, entend peser sur les choix budgétaires du gouvernement fédéral.

Elle dénonce le sous-financement des services publics et redoute de nouvelles coupes. Dans les administrations, les revendications portent aussi sur la défense du statut des fonctionnaires, des pensions, de l’indexation complète des salaires et du droit de grève.

La CSC Services publics n’a pas lancé pour sa part d’appel général à la grève. Le syndicat chrétien mène, de son côté, une campagne de sensibilisation et a lancé une pétition pour défendre des services publics "forts". Des actions en front commun sont toutefois organisées dans certains secteurs, comme par exemple à la RTBF/VRT ce matin.

Administrations : défendre le statut, les pensions et les conditions de travail

Dans les administrations, la CGSP a notamment réalisé des actions de sensibilisation et des piquets filtrants plutôt que bloquants.

Les revendications concernent la défense du statut de fonctionnaire, des pensions et de l’indexation complète des salaires. Le syndicat conteste aussi les changements touchant les congés de maladie, le télétravail et le droit de grève. Dans les prisons, il dénonce notamment le recours à la réquisition.

La CSC Services publics met, pour sa part, l’accent sur les conséquences des économies pour les travailleurs et les usagers : augmentation de la charge de travail, sous-traitance de missions et perte d’expertise. Elle estime que l’externalisation et la privatisation dégradent l’accessibilité et la qualité des services, particulièrement pour les personnes les plus vulnérables.

La journée de grève devait se tenir à la veille du discours budgétaire du Premier ministre devant le Parlement. Mais Bart De Wever a annoncé ce lundi que ce discours sur l’état de l’Union ne serait pas prononcé demain mardi 13 octobre.

"Aucun accord n’a, à ce stade, été trouvé au sein du gouvernement sur un nouveau budget", indique son cabinet. Les discussions doivent se poursuivre dans les prochains jours, sans nouvelle échéance annoncée.

Le gouvernement cherche un effort de 10 milliards d’euros d’ici 2029 pour réduire un déficit belge supérieur à 5% du PIB. Les discussions portent principalement sur des réductions de dépenses, notamment dans la santé, mais aussi sur une hausse de la TVA à laquelle le M. s’oppose.

Bart De Wever invoque la "gravité de la situation budgétaire" et refuse un recours aux douzièmes provisoires, qui permettrait de financer temporairement l’État sur la base du budget précédent.

L'annonce d'un budget Wallon

Du côté wallon, depuis trois semaines, les ministres wallons ont planché sur le budget de l’année prochaine. Les travaux s’inscrivaient dans un contexte difficile, à l’instar des autres entités. "Les projections les plus récentes font apparaître de nouvelles tensions sur les recettes, les dépenses et les charges d’intérêts. Le gouvernement doit donc adapter la méthode et le rythme de son action sans renoncer à la direction qu’il s’est fixée", avait expliqué à la fin du mois passé le ministre-président Adrien Dolimont (MR). Ce matin le gouvernement a annoncé avoir un accord, mais les détails du budget ne sont pas encore connu à ce stade.

Du côté syndical, la suite du mouvement reste à déterminer. La FGTB doit se prononcer le 9 novembre sur d’éventuelles nouvelles actions. Lors de la manifestation de vendredi, ses responsables Selena Carbonero Fernandez et Bert Engelaar avaient réitéré la menace d’une grève générale durant la semaine du 23 novembre.

De nombreux secteurs touchés

Chez bpost, les syndicats critiquent les futures annoncent de fermeture de bureaux de postes. La distribution du courrier n’est donc pas totalement interrompue car le syndicat socialiste n’a pas souhaité empêcher de travailler ceux qui le souhaitaient : "Si nous bloquons un bureau de poste aujourd’hui, cela peut avoir un impact pécunier pour certains agents qui pourraient être renvoyés chez eux sans paiement de leur journée. Et comme nous sommes tous dans le même pétrin au niveau des services publics, visés par les économies du gouvernement, et bien nous sommes plutôt venus ici soutenir nos camarades gardiens de prison" nous explique en effet Charles Kinif, le permanent CGSP pour les travailleurs de Bpost du Hainaut, auprès du piquet de grève installé devant la prison de Jamioulx. Les postiers étant venus soutenir les gardiens de prisons en grève

Autre exemple, à Bruxelles, la collecte des déchets est perturbée. Bruxelles Propreté prévient que plusieurs jours seront nécessaires pour amorcer un retour à la normale.

À Namur, entre 200 et 300 personnes, selon la FGTB, ont manifesté lundi. Le rassemblement a eu lieu vers 10h00 derrière la gare, à proximité de la prison. Le cortège a ensuite circulé dans le centre-ville jusqu'à la place d'Armes, où l'action s'est terminée peu avant 12h00. 

Hôpitaux et soins de santé

À Bruxelles, une centaine de personnes, dont du personnel soignant, des enseignants et des travailleurs d'autres secteurs, se sont rassemblées lundi devant le CHU Saint-Pierre. Les participantes ont dénoncé les coupes budgétaires et la dégradation des conditions de travail, aux slogans "Qui sème la colère récolte la misère" et "À bas l'Arizona". Dans le pôle mère-enfant, le personnel a choisi de maintenir les soins. "Nos bénéficiaires de soins sont déjà assez précarisés par les mesures d'austérité du gouvernement Arizona", a expliqué Clémence Bertouille, sage-femme à Saint-Pierre depuis six ans, membre du Collectif Bloc Obstétrique. 

Action à l'hôpital Saint-Pierre à Bruxelles © RTBF

La soignante dénonce le démantèlement de services de soutien, qui oblige les sages-femmes à multiplier les tâches, ainsi que l'absence de personnel pour les remplacements. "On travaille à flux tendu au niveau du personnel", affirme-t-elle. Selon elle, la qualité des soins est maintenue au prix de la santé physique et mentale des équipes. Elle a elle-même connu un arrêt de travail pour épuisement.  

La CSC Services publics, elle, est allée lundi matin à la rencontre du personnel et des patients de l'hôpital Marie Curie à Charleroi pour souligner l'importance des services publics et dénoncer les conséquences des mesures prises ces derniers mois par le gouvernement fédéral sur la qualité de ceux-ci.

RTBF - VRT : une action contre les nouvelles économies imposées

À la RTBF, la CGSP mène ce lundi matin une action à l’entrée Diamant du site de Schaerbeek. Les syndicalistes échangent avec les travailleurs sans bloquer leur accès.

Le mouvement vise les nouvelles économies annoncées vendredi par la Fédération Wallonie-Bruxelles. Le budget 2027, adopté par la majorité MR-Les Engagés, impose à la RTBF un effort complémentaire d’au moins 20 millions d’euros d’ici 2029.

Ces économies s’ajoutent à celles liées au gel de l’indexation de la dotation jusqu’en 2029, un effort chiffré à 133 millions d’euros par Éric Tamundele, président de la CGSP IRB-RTBF. Selon lui, le personnel en ressent déjà les conséquences dans son travail quotidien. "Nous refusons ces coupes", affirme-t-il.

Le responsable syndical précise que l’action vise les décisions de la Fédération plutôt que la RTBF elle-même. Il annonce de nouvelles actions, dont les modalités doivent encore être discutées.

Un préavis de grève a été déposé en front commun par la CGSP et la CSC-Transcom. La direction estime que la programmation ne devrait pas être fortement perturbée. L’émission "On n’est pas des pigeons" doit néanmoins être remplacée par un best of sur La Une.

VRT : une programmation réduite et une tour aux couleurs de la mire

À la VRT, les syndicats dénoncent les économies supplémentaires annoncées deux semaines plus tôt par le gouvernement flamand. Selon leurs calculs, si elles sont maintenues, le manque à gagner pour le média public atteindra 28 millions d’euros par an à l’horizon 2030.

Les organisations syndicales parlent de la grève la mieux suivie de ces dernières années. Plusieurs services sont, selon elles, entièrement vides et la programmation est réduite au minimum. Des journaux télévisés et "Terzake" sont raccourcis, tandis que des programmes de remplacement et des archives occupent une partie de l’antenne.

Autre action symbolique, la tour de la VRT est illuminée aux couleurs de la mire de télévision. Des travailleurs d’autres secteurs, notamment de la culture et des services publics, ont également rejoint le piquet du Boulevard Reyers.

Les syndicats réclament le retrait complet des économies visant l’audiovisuel public et les autres secteurs concernés. Ils demandent une rencontre avec la ministre flamande des Médias, Cieltje Van Achter, et invitent la direction de la VRT à les accompagner.

Selon le syndicat ACOD-VRT, ces nouvelles mesures d'économie pourraient entraîner la suppression d'environ 150 emplois.

Enseignement

Des arrêts de travail sont en cours dans certaines écoles. Leur ampleur dépend de la participation locale au mouvement. 

Ce lundi matin, par exemple, le conseil des étudiants de la HEPL a bloqué l’entrée principale du Campus 2000, situé avenue Montesquieu à Jemeppe-sur-Meuse. Vers 10 heures, une quinzaine d’étudiants étaient réunis devant l’établissement, mais le blocage sera levé sur le temps de midi.

"Nous nous opposons toujours à la hausse du minerval, à l’augmentation de l’abonnement LeTec, au décret paysage et, plus généralement, au gouvernement Arizona", précise Antonio Spitali, président du conseil des étudiants de la HEPL, à l’agence Belga. 

Mardi, le blocage sera installé dès 07h30 devant l’entrée du Campus du Barbou, sur le quai du Barbou à Liège. Le lendemain, les étudiants prendront la direction du Campus de Huy, pour un blocage prévu de 07h30 à 12 heures.

"Les blocages du reste de la semaine doivent encore être organisés", précise Antonio Spitali.

A Bruxelles, à L’Université Libre (ULB) les étudiants en grève ce matin, dénoncent un enseignement supérieur "toujours plus cher", des obstacles qui fragilisent leurs parcours et des choix politiques qui, selon eux, creusent les inégalités et font payer à la jeunesse le prix de l’austérité.

Mobilisation dans les transports

En Wallonie, le réseau Letec connaît de nouvelles perturbations, après une grève spontanée jeudi et les difficultés rencontrées vendredi. À l’échelle wallonne, Letec avait annoncé des perturbations possibles sur l’ensemble de son réseau. La mobilisation s’inscrit dans la dénonciation des économies dans les services publics. Chez Letec, elle intervient aussi dans un contexte de négociations difficiles autour des conventions collectives de travail. 

En Flandre, 39% des bus et trams de De Lijn ne circulent pas ce lundi. L’opérateur a prévu un service alternatif, dont les voyageurs doivent vérifier les horaires avant de partir.

À Bruxelles, la Stib indiquait, dans son point de situation de 6h30, que toutes les lignes de métro et de bus étaient desservies. Les fréquences des bus étaient toutefois fortement réduites. Ces informations constituent un état du réseau susceptible d’évoluer au cours de la journée. L’opérateur de transports public bruxellois recommande de consulter régulièrement ses canaux d’information. Du côté des acteurs de la mobilité bruxelloise On est inquiet. Le ministre-président bruxellois avait confirmé, sans encore donner des chiffres précis que son gouvernement préparait un nouveau Plan régional de mobilité qui sera adopté d’ici la fin 2028. "Il devra mieux tenir compte des réalités du terrain et des spécificités de nos quartiers, tout en répondant concrètement aux besoins de mobilité des Bruxelloises et des Bruxellois et en veillant à l’équilibre", avait précisé Boris Dilliès.

Sur le rail, la grève a commencé dimanche à 22 heures et se poursuit jusqu’au dernier train de ce lundi soir. La SNCB assure un service alternatif : sept trains IC sur dix circulent, principalement entre les grandes villes. Un train L et S sur deux sont également prévus. En revanche, peu de trains P, qui renforcent habituellement l’offre aux heures de pointe, sont en circulation.

La SNCB conseille aux voyageurs de vérifier leur trajet dans son planificateur en ligne. La CGSP explique que cette mobilisation vise à peser sur les décisions budgétaires du gouvernement fédéral.

À Schaerbeek-Formation, une dizaine de syndicalistes filtraient, depuis 06h00, les accès tout en laissant entrer les travailleurs venus travailler, auxquels ils ont proposé un café. L’ambiance est conviviale mais solennelle, marquée par un ras-le-bol face aux décisions du gouvernement Arizona.

Le site est déjà concerné par un projet baptisé "Structure 2.0", qui prévoit davantage de flexibilité et une augmentation de la productivité, a expliqué Abdelmajid El Atrouss, secrétaire régional de la CGSP Cheminots à Bruxelles. "Les travailleurs nous ont demandé de venir ici faire un piquet de grève", a-t-il indiqué. Le responsable syndical a également dénoncé les perspectives d’augmentation de la TVA et de gel de l’indexation. Selon lui, leur combinaison pénaliserait doublement les travailleurs, alors que le coût de la vie augmente. D’autres actions pourraient suivre, a-t-il prévenu.

Venue soutenir la CGSP, Florence Lepoivre, secrétaire générale de la FGTB Bruxelles, a dénoncé les mesures visant les pensions, l’indexation et les recrutements. Selon elle, la Région bruxelloise compte déjà 570 équivalents temps plein en moins, avec une diminution de 1800 prévue d’ici 2029. "Moins de fonctionnaires, ça veut dire moins de services à la population, tout simplement", a-t-elle déclaré.

Maisons de repos

Le secteur des Maisons de repos craint cette annonce de la non indexation de leur financement par la Région Wallonne pour les trois prochaines années. Elles estiment que le manque à gagner ce chiffre à 25 millions d'euros par an. 

Avec ses 230.000 emplois, le secteur des soins à la personne est le premier employeur de Wallonie, au sein des maisons de repos, des crèches, des services d'aide et de soins à domicile, des maisons médicales ou encore des centres culturels et vraissemblablement que l'ensemble du secteur sera touché par ces mesures d'austérité.

Services de secours

Les services de secours sont aussi inquiets pour leurs financements futurs. Nous avons rencontré ce matin le personnel de la zone de secours de Hautes Fagnes. Une zone de secours qui a connu un été très difficile suite à l'incendie majeur de cet été.

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