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Thursday, October 8, 2026

Gouvernement du PQ | Le référendum attendra

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La victoire de Paul St-Pierre Plamondon cache des lendemains difficiles pour le rêve de son parti.

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Les sujets « urgents » (comme l’itinérance) seront abordés avant l’indépendance, a-t-il dit mardi. Un référendum dans ce mandat ? Cela semble désormais improbable.

Pour en déclencher un, le PQ ne jouit pas d’un mandat clair. Il a récolté 28 % des votes. C’est peu pour faire un pays. Et ses appuis sont probablement encore plus faibles qu’on ne le croit.

Lundi, le taux de participation était de 67 %. Moins d’un électeur inscrit sur cinq a donc voté pour le PQ. Cela ne réduit pas la légitimité de son gouvernement. Mais cela montre que gagner un référendum serait encore plus difficile qu’on ne le croit.

Les citoyens sont plus nombreux à participer à un référendum (94 % en 1995) qu’à des élections générales. Ces électeurs occasionnels voteraient-ils comme le reste de la population ? Pour le prévoir, on peut prendre en compte le comportement des indécis, explique Claire Durand, professeure de sociologie à l’Université de Montréal et spécialiste des sondages. En 1995, on avait estimé qu’au sein de cette catégorie, deux électeurs sur trois votaient Non. La même estimation était aussi valide pour le référendum de 2014 en Écosse.

Bref, dans une campagne référendaire, le PQ aurait beaucoup de gens à convaincre.

Les cycles électoraux sont difficiles à suivre. Après sa victoire en 2012, le PQ a décliné et frôlé le naufrage, pour ensuite renaître de ses cendres.

Ces soubresauts découlent de notre mode de scrutin et de la division du vote. Mais pour l’indépendance, il y a une tendance et elle est lourde. La professeure Durand m’a transmis une liste de plus de 750 sondages à ce sujet.

À partir d’environ 2010, l’indépendance a commencé à baisser sous les 40 %. Vers 2015, elle oscillait autour de 35 %. Elle avoisine désormais les 30 %. C’est peu, pour faire un pays.

En mai 2016, la directrice du cabinet du chef du PQ, France Amyot, faisait ce constat sur sa page Facebook : les « Québécois qui ne sont pas là, mais pas là du tout », remarquait-elle.

Le PQ récoltait alors environ 30 % des intentions de vote, et l’appui au Oui était plus fort qu’aujourd’hui.

Pour être juste, à l’époque, Mme Amyot exhortait son parti à définir son projet, le présenter à la population puis obtenir un mandat électoral. C’est ce que Paul St-Pierre Plamondon a fait avec son Livre bleu. Mais on ne peut pas dire qu’il l’a mis au cœur de la campagne.

M. St-Pierre Plamondon a déjà indiqué qu’un référendum se ferait après le départ de Trump, donc en 2029. Pour cela, son gouvernement minoritaire devrait rester au pouvoir près de quatre ans. C’est possible, car il aurait besoin de l’appui ou de l’abstention d’un seul parti de l’opposition pour survivre à un vote de confiance.

Le reste serait toutefois plus difficile. Pour engager des fonds publics dans la préparation de l’indépendance, le chef péquiste dépend de Québec solidaire. Or, ils n’ont pas le même intérêt pour l’indépendance.

Si QS la priorisait, il en ferait une condition pour appuyer le gouvernement péquiste. Mais le contraire se dessine. Sa cheffe parlementaire Ruba Ghazal exigerait des gains sur des enjeux sociaux en échange d’un appui à une démarche référendaire. Comme si c’était plus une concession qu’une demande de sa part.

Un premier pas vers la préparation d’un référendum se fera-t-il ? L’heure de vérité devrait arriver au prochain budget, en mars ou avril prochain. Mais sur le fond, le différend entre ces frères ennemis ne se réglera pas.

Pas d’indépendance si c’est pour virer à droite, dit QS. Le PQ l’accuse de procéder à l’envers. Pour lui, le projet de pays est une affaire de liberté. Il consiste à savoir si le Québec devrait être seul à décider chez lui. Le débat sur la gauche et la droite viendrait après, disent les péquistes. De toute façon, même si l’indépendance était faite par un parti progressiste, rien n’empêcherait que le futur gouvernement soit de droite. Cela se peut autant dans une province que dans un pays.

En tant que premier ministre et chef du PQ, M. St-Pierre Plamondon aura une responsabilité particulière. C’est à lui d’inclure plus de citoyens dans son mouvement. Mais face à QS, ce sera difficile. C’est connu, les militants de ces partis se détestent.

Les porte-parole de QS sont de sincères indépendantistes, mais leurs militants ont la tête ailleurs, et leurs électeurs ne s’y intéressent pas – 60 % d’entre eux sont fédéralistes.

Pour compliquer les choses, QS voudrait que le référendum soit précédé par une assemblée constituante. Cela ajouterait des étapes et donnerait un pouvoir de blocage aux anti-indépendantistes. Peut-être que c’est justement ce qui rend le projet tolérable aux yeux des électeurs solidaires.

On ne peut pas dire que M. St-Pierre Plamondon s’aiderait à créer des conditions gagnantes. Il équilibrerait le budget plus vite que ce qui est requis par la loi. Les compressions dans les services publics sont presque inévitables. Cela risque de rendre son gouvernement impopulaire. Et cela aliénera QS, qui ne voudra pas appuyer l’« austérité ».

Voilà un aperçu de tout ce qui rend un référendum improbable dans le mandat à venir.

Personne ne sait ce que l’avenir réserve. On l’a vu avec le Brexit. Des péquistes veulent tenter leur chance. « Ça ne pourra pas toujours ne pas arriver », a dit M. St-Pierre Plamondon lundi soir, en citant Gaston Miron. Mais tout indique que le chef péquiste essaiera d’abord de faire bouger l’aiguille pour se rendre à un niveau d’appui à partir duquel une victoire deviendrait envisageable. La suite, si elle arrive, risque fort d’être pour une autre campagne.

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