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Monday, August 17, 2026

Ce drone de 13 kilos a transporté 50 kilos sur 9 kilomètres : la Darpa repousse les limites

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Porter plusieurs fois l'équivalent de son poids, c'est quelque chose que les drones multirotors actuels ne peuvent pas faire. Ils sont handicapés par un rapport charge utile/masse relativement faible : leur propre structure, leurs moteurs et leurs batteries représentent une part importante du poids total. Mais ça, la Darpa a choisi de l'ignorer avec une compétition baptisée Lift Challenge.

L'objectif de l'agence américaine : démontrer qu'un drone d'une masse inférieure à 25 kilos peut parvenir à porter, sans flancher, au moins jusqu'à 50 kilos de charge.

La Darpa a testé en grandeur nature sur un faux « village de guerre » une armée de 250 drones terrestres et aériens pour sécuriser l'avancée de l'infanterie en milieu urbain. © Bukhta79, Fotolia

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La compétition s'est déroulée du 2 au 9 août à Dayton, dans l'Ohio. Pour obtenir un score officiel, chaque drone devait donc transporter au minimum 50 kilos sur un parcours d'environ 9,3 kilomètres. La charge était constituée de disques dédiés à l'haltérophilie. L'événement a donné lieu à des images étonnantes d'engins aux architectures et allures disparates. Elles font penser à celles du début de l'aviation avec d'étranges machines volantes qui ne parvenaient pas toujours à s'élever du sol.

Un gagnant de poids !

En tout, 76 appareils ont participé à ce concours. C'est finalement AVIDrone, une société canadienne, qui s'est imposée. Son appareil, un drone doté d'un rotor principal unique et d'un rotor anticouple placé à l'arrière d'une poutre pesaient 13,3 kilos tout équipé. Ce pseudo hélicoptère est parvenu à soulever sur la distance indiquée quelque 50 kilos de charge utile, soit près de quatre fois son poids.

DARPA’s Lift Challenge has concluded, testing ultra-lightweight drones designed to carry heavy payloads.

Teams competed for $6.5 million by flying drones weighing under 55 pounds while carrying at least 110 pounds.

The challenge pushed the limits of heavy-lift drone… pic.twitter.com/54HX7zPtUa

— Space and Technology (@spaceandtech_) August 10, 2026
D’étranges engins dotés de rotors ont tenté de soulever plusieurs fois leur propre masse lors de la compétition organisée par la Darpa. Certains sont dotés d’architectures plutôt étranges. © Space & Tech

Pour la petite histoire, le paradoxe est que le vainqueur n'a pas atteint la barre symbolique fixée par la Darpa. Les règles prévoyaient en effet que les trois premiers toucheraient l'intégralité de leur récompense uniquement s'ils dépassaient ou atteignaient l'objectif de transporter quatre fois leurs poids. Le fait qu'une architecture, reprenant le principe des hélicoptères classiques, ait été choisie montre que l'innovation ne passe pas nécessairement par la multiplication des rotors ou une architecture entièrement nouvelle.

Bousculer les codes

Et pourtant, c'est justement en bousculant les codes, qu'un autre compétiteur est parvenu à surprendre l'ensemble des compétiteurs. Avec son étrange drone, DefendTex est parvenu à atteindre un rapport de 9,63 pour 1, c'est-à-dire bien au-delà de l'objectif de la Darpa. Si l'aéronef n'a pas pu terminer son parcours, cela reste un tel exploit qui a été couronné du titre de la technologie la plus prometteuse. De fait, l'engin repose sur une architecture particulièrement légère : ses moteurs sont soutenus par des câbles, ce qui permet de réduire fortement la structure centrale et donc la masse du drone.

Et le meilleur n’a pas gagné

Et ce type d'innovation, c'est précisément ce que cherchait également la Darpa : tester des performances, mais aussi des architectures susceptibles de changer les règles du transport aérien lourd. Évidemment, qui dit Darpa, dit intérêts militaires américains. Ce type de challenge répond aux besoins de l'armée. Avec des drones capables d'emporter plusieurs fois leur propre masse, on peut imaginer des engins pouvant acheminer davantage de munitions, ou dotés d'une autonomie bien plus conséquente. Outre des drones suicides bardés d'explosifs, ils pourraient également servir au transport logistique ou à l'évacuation.

Recharger un drone via une charge sans fil, c’est possible, mais compliqué. © SB, Microsoft Designer (image générée avec IA)

La Darpa insiste toutefois sur un objectif plus large : les technologies développées pourraient également concerner la livraison de marchandises, les opérations de secours ou le transport aérien civil.

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