Pas de stagiaires depuis un an | Les étudiants victimes du conflit de travail chez les paramédicaux qui s’éternise

Parce que la convention collective est venue à échéance en 2023 et que les négociations n’aboutissent pas, les paramédicaux (autrefois appelés ambulanciers) refusent depuis un an de prendre des stagiaires. Résultat : la diplomation de 217 futurs ambulanciers est déjà retardée et la scolarité de 600 autres se trouve perturbée.
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Parmi ceux-là se trouve Thomas Larivière, étudiant au Collège Ahuntsic en soins préhospitaliers d’urgence, dont le stage qu’il devait faire en décembre 2025 en Gaspésie a été annulé à la dernière minute. « Je devais recevoir mon diplôme en mai dernier », explique-t-il, relevant que les élections au Québec et la transition gouvernementale retardent encore davantage toute possibilité de règlement.
Il rappelle qu’il y a pénurie de paramédicaux et que la situation prive à l’heure actuelle le milieu de toute une cohorte de stagiaires, « en plus de celle de janvier », si le conflit n’est toujours pas réglé.
Comme tant de ses amis, il ne pouvait pas rester là, à se tourner les pouces. Il travaille donc à la SEPAQ et, comme plusieurs autres, dit-il, cela lui a permis de connaître autre chose, si bien qu’il est en train de remettre en question son choix de carrière.
Pour trop de jeunes, la grève « entraîne une précarité financière et de l’anxiété », se désole Marie Montpetit, présidente-directrice générale des cégeps.
« Plusieurs sont bloqués à la dernière étape [de leur formation], pour plusieurs autres, leur parcours s’en trouvera prolongé », ajoute-t-elle, relevant l’effet domino des reports de stage (de 300 heures) qui s’accumulent.
Il est regrettable que les étudiants soient pénalisés, mais en raison des services essentiels à assurer, le syndicat n’a pas vraiment d’autres moyens de pression à sa disposition, lance en entrevue Jean Gagnon, qui participe aux négociations à titre de représentant du secteur préhospitalier à la CSN.
Le conflit touche tous les paramédicaux de la province, qui sont tous en négociations. Une entente de principe a bien été obtenue cet été, mais les quelque 3500 personnes qui sont affiliées à la CSN l’ont rejetée à 71,6 %.
Jean Gagnon explique que le syndicat réclame les mêmes hausses que celles consenties au secteur public – 17,4 % réparties sur cinq ans –, mais que ces augmentations s’ajoutent à 5 % supplémentaires pour corriger le fait que l’emploi de paramédicaux est sous-payé et doit-être revu à la hausse, explique-t-il.
Il y a eu campagne électorale, on est maintenant en transition avec l’élection du Parti québécois, « alors on attend », ajoute M. Gagnon, qui rappelle que les conditions de travail actuelles n’aident pas à attirer la relève.
Selon les données du gouvernement du Québec, un ambulancier gagne 26,30 $ l’heure à son entrée en poste et, au sommet de l’échelle, près de 40 $ l’heure.
Samuelle Crevier, qui en est à sa deuxième année de formation, est solidaire des syndicats. « Ils n’ont pas vraiment d’autres moyens de pression et les paramédicaux ne sont pas sur un pied d’égalité que les autres travailleurs en santé », dénonce-t-elle.
Élodie Courchesne, elle aussi en 2e année, fait observer que cette bataille qui est menée, « c’est aussi pour nos futures conditions de travail à nous ».
Stéphane Smith, porte-parole d’Urgences-santé qui fait partie de la partie patronale, dit espérer « une entente rapide et satisfaisante pour toutes les parties ».
Par l’entremise de Marie-Christine Patry, aux relations médias, le ministère de la Santé et des Services sociaux se dit « préoccupé par les impacts de la non-supervision des stages sur la relève dans ce secteur d’activité ».
« Les discussions pour le renouvellement des conventions collectives se poursuivent et le gouvernement souhaite en arriver à une entente satisfaisante pour les parties, et ainsi limiter les impacts des moyens de pression sur le réseau de santé et les étudiants. »
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