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Monday, September 14, 2026

ManiFiesta, sous la plage, les pavés

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ManiFiesta, c'est un festival, et aussi un meeting politique, un mélange des genres que le PTB pratique depuis 2010.
Organiser une sorte de fête de l'Huma à la belge, c'était une des idées qui a germé en 2008 au PTB pour sortir du statut de groupuscule maoïste qu'il était encore. ManiFiesta avait comme mission de dépoussiérer l'image du parti, de la moderniser, de la rajeunir et de l'élargir à un public peu attiré par la lecture du Capital de Marx en allemand.

Le chat et la souris

Peu importe la couleur du chat, pourvu qu'il attrape la souris, la formule de Deng Xiaoping a infusé au PTB. En organisant un festival pas cher, en septembre, à la mer, le PTB est parvenu à créer une base de recrutement qu'aucun autre parti ne peut revendiquer aujourd'hui. 17 000 personnes selon le PTB, sur l'ensemble du week-end, les chiffres parlent d'eux-mêmes. Bien sûr, parmi les 17 000 personnes, beaucoup sont venues pour Manu Chao et pas pour le PTB. 17 000 personnes n'ont pas été voir l'exposition Fidel : héros, rebelle ou légende ? (on ne pouvait pas cocher la case dictateur) ou la conférence Qui a peur de la décolonisation ? Sous la plage d'Ostende, le PTB a bien sûr placé quelques pavés politiques. 

Controverse

La recette fonctionnait déjà bien, mais cette année la marque PTB a bénéficié d'une publicité gratuite grâce à Théo Francken, le ministre de la Défense. Il a demandé qu'on applique la loi antiterrorisme à Hasan Piker, le podcasteur américain star de la gauche radicale invité de ManiFiesta, qui a notamment dit que l'Amérique méritait le 11 septembre ou que les Juifs orthodoxes étaient consanguins.
Une menace de censure qui a permis à Théo Francken d'affirmer sa posture anti-woke et, involontairement, de chauffer la salle pour Hasan Piker, qui a traité en retour Théo Francken de "pissboy", pour ses exploits de miction en plein centre-ville de Bruxelles il y a quelques années. La controverse autour de l'antisémitisme prêté à Hasan Piker n'a pas refroidi la foule, il a été au contraire passablement applaudi.

Et sinon le pouvoir d'achat ? 

Et le message politique du PTB pour la rentrée avec tout ça ? Il a été un peu étouffé par cette polémique. Raoul Hedebouw, le président, a surtout axé son discours sur le pouvoir d'achat, avec le conclave budgétaire à venir. Avec une opposition à la hausse des taxes : hausse des accises, et annonce de la vignette automobile, au moment où les carburants flambent.
À la place, le PTB tape encore et toujours sur le même clou, la taxe des millionnaires, rebaptisée l'authentique taxe des millionnaires pour ne pas la confondre avec la taxe sur la fortune du PS, ou même celle des Engagés. Rendement affiché : 8 milliards d'euros. Rien que ça.
Sinon, le PTB fait comme les autres partis d'opposition, il attend le résultat du budget pour récolter les fruits des mesures impopulaires qui y seront décidées.

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