Quel parti veut supprimer le plus de postes dans la fonction publique?
Les fonctionnaires sont des cibles populaires en campagne électorale et celle en cours ne fait pas exception. Les principaux partis veulent réduire la taille de l’État et en améliorer les processus afin d’engendrer des millions, voir des milliards de dollars en économies. Voici ce qu’ils proposent à cet effet.
Réduire la taille de l’État
Une surenchère s’est installée entre les principaux partis, sauf Québec solidaire (QS), à savoir qui allait diminuer le plus le nombre de fonctionnaires. Les partis entendent procéder essentiellement par attrition et départs volontaires. Le tout, sans toucher les services à la population, ce qui n’est pas gagné d’avance.
La poursuite de la « chasse au gaspillage » de la Coalition avenir Québec (CAQ) amorcée dans son dernier mandat l’amènerait à abolir 2900 postes de fonctionnaires. Du côté du Parti libéral du Québec (PLQ), on promet de couper 12 000 postes et au Parti conservateur du Québec (PCQ), on veut en supprimer 20 000.
Le Parti québécois (PQ) ne veut pas chiffrer son engagement en nombre de postes. Il indique toutefois réduire le coût de la rémunération de 2,5 %. Selon un calcul de Radio-Canada basé sur la rémunération moyenne des fonctionnaires, cela pourrait représenter quelque 16 000 postes.
À titre indicatif, en 2024-2025, l’État comptait un peu plus de 80 000 employés en équivalent temps complet dans la fonction publique (ministères et organisations) et près de 525 000 hors de la fonction publique (sociétés d’État, réseaux de la santé et de l’éducation, etc.).
« Pendant cette campagne, les partis annoncent vouloir créer de nouvelles mesures et de nouveaux programmes, mais promettent simultanément de réduire les ressources nécessaires pour les mettre en œuvre, ont déploré mercredi dernier huit syndicats représentant des employés de la fonction publique québécoise dans une lettre ouverte. Ça ne tient pas la route. »
Accroître l’efficacité
Les grands partis souhaitent tous, à leur manière, rendre l’État plus efficace. Pour y arriver, ils comptent tout de même créer de nouvelles entités.
La CAQ veut faire naître une équipe « consacrée à l’efficacité de l’État » et une autre pour chapeauter les « projets numériques », qui relèveraient toutes deux de la première ministre. Au PQ, on propose un « Secrétariat à l’efficacité gouvernementale et à l’allègement réglementaire », tandis que le PLQ milite pour une équipe « Efficacité Québec ». Le PCQ souhaite mettre sur pied un « Secrétariat à la libéralisation rattaché au ministère rebaptisé Conseil du trésor et de l’efficacité gouvernementale ».
La réduction des exigences réglementaires et l’utilisation de la technologie — dont l’intelligence artificielle — pour augmenter l’efficacité des processus font consensus à la CAQ, au PLQ, au PQ et au PCQ.
Pour sa part, QS espère économiser en créant Pharma-Québec et en adoptant une déclaration de revenus unique.
Valoriser la fonction publique
Québec solidaire va à contre-courant de ses adversaires en proposant d’investir massivement dans l’appareil gouvernemental. Le parti veut « améliorer les salaires et l’équité salariale dans le secteur public et rétablir l’expertise dans la fonction publique », tout en réduisant la rémunération des médecins.
À la CAQ, on espère dégager des économies en réduisant le recours aux contrats de services professionnels.
À ce propos, les huit syndicats qui ont signé une lettre ouverte la semaine dernière évaluent que l’administration publique octroie environ 6 milliards de dollars par année en contrats au secteur privé. « Quand on sait qu’un consultant coûte souvent le double d’un employé, avantages sociaux inclus, c’est inacceptable. »
Selon une synthèse des différents cadres financiers réalisée par la Chaire en fiscalité et en finances publiques de l’Université de Sherbrooke, les engagements des partis touchant à l’attrition, à l’efficacité et à l’organisation de l’État représentent des économies variant d’environ 800 millions à la CAQ à plusieurs milliards de dollars chez les autres partis.
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