Pérou: le meurtre d’une journaliste candidate aux élections régionales suscite la colère

Au Pérou, le meurtre d’une journaliste et candidate aux élections régionales fait scandale. Tuée par balle sur un marché d’une région du nord de la capitale samedi 19 septembre, les Péruviens sont sous le choc et demandent des comptes au gouvernement.
Publié le :
3 min Temps de lecture
De notre correspondant à Lima,
C’est le silence radio sur le meurtre de Susy Aponte Polo, journaliste locale pour le gouvernement de Keiko Fujimori, qui est présidente depuis bientôt deux mois. Il n’y a tellement pas de réaction que c’est l’ONU qui a pris la parole avant Keiko Fujimori.
Alors que la présidente du Pérou se trouve actuellement à New York pour la 81e session de l’Assemblée générale, ce sont les Nations unies qui ont demandé au Pérou d’ouvrir rapidement une enquête pour éviter l’impunité face à ce type de crime. Pourtant, les vidéos de Susy Aponte Polo, la journaliste assassinée sur le marché de Caraz dans le nord de la capitale, font le tour des réseaux sociaux et les Péruviens demandent logiquement des explications.
Surtout que le contexte électoral actuel, avec des élections régionales et municipales au mois d’octobre, tout est encore plus explosif que d’habitude. Tous les partis politiques pointent du doigt Keiko Fujimori et son parti Fuerza Popular, qui semble bien muet face à cette affaire. Certains concurrents demandent la démission du ministre de l’Intérieur, César Astudillo Salcedo, lui aussi sous le feu des critiques. En plus de cela, Keiko Fujimori a été élue en grande partie pour ses promesses contre l’insécurité et la violence.
Implication de la police dans des assassinats et des affaires de corruption
C’est donc la chute libre dans les sondages. La côte de popularité de Keiko Fujimori s’effondre ces dernières semaines. Alors que le mois dernier, les enquêtes estimaient que trois Péruviens sur cinq étaient satisfaits de la gestion du pays par la présidente, selon les derniers sondages du début de semaine, ils sont maintenant à peine plus d’un tiers à soutenir Keiko Fujimori.
Un vrai coup dur pour la présidente qui ne s’en sort pas et qui fait face à une recrudescence de la violence dans le pays depuis son élection. Rien qu’au mois d’août, pour son premier mois à la tête de l’État, 169 homicides ont été enregistrés par la police.
Depuis deux mois, la police est régulièrement impliquée dans des affaires de corruption et d’assassinats, ce qui fragilise aussi la position du nouveau gouvernement. Début septembre, le chef de la police a dû démissionner parce que les scandales s’enchainent depuis deux mois.
Des appels la menaçant d’un attentat
À Trujillo, dans le nord du pays, une prise d'otage et 4 meurtres fin août ont fait scandale dans tout le pays. Surtout que la police a précipité l'arrestation de plusieurs suspects, dont certains se sont révélés sans aucun lien avec le crime.
Pour le cas de Susy Aponte Polo, elle avait reçu des appels la prévenant qu'un général de la police commanditerait un attentat contre elle. Une menace directement liée à son travail de journaliste, puisqu’elle enquêtait justement sur des affaires de corruption impliquant la police et les autorités locales.
Tous ces récents scandales font tache pour Keiko Fujimori qui avait promis de mettre fin à la fois à la violence et à la corruption. Une chose est sûre : pour l’instant, comme les huit chefs d’État avant elle sur les dix dernières années, elle ne réussit pas à lutter contre l’insécurité et la corruption.
À lire aussiPérou: la lourde condamnation des assassins de Quinto Inuma, un espoir pour les défenseurs de l'Amazonie
KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.