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Friday, October 23, 2026

Sondage Synopsis | Près de 40 % des Québécois se sentent seuls

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Plus de la moitié des Québécois insatisfaits de leur vie le sont principalement en raison de leur isolement social, révèle un sondage de la firme Synopsis réalisé en septembre. Au total, ce sont près de 40 % des personnes sondées qui disent se sentir seules, toutes générations confondues. Dès samedi, La Presse vous présente des pistes de solution pour tenter de remédier à ce problème.

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Le Dr Vivek Murthy, qui a occupé le poste de « médecin en chef » des États-Unis sous les présidences de Barack Obama et de Joe Biden, a qualifié la solitude « d’épidémie comparable au tabagisme et à l’obésité ».

PHOTO IDA MARIE ODGAARD, ARCHIVES AGENCE FRANCE-PRESSE

Le Dr Vivek Murthy

Le médecin américain dirige aujourd’hui une commission de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) qui se penche sur les risques associés à l’isolement social, un phénomène touchant une personne sur six dans le monde.

Non seulement la solitude nuit à la santé physique et mentale, dit-il, augmentant le risque de démence de 50 % et de maladies cardiaques de 30 %, mais le phénomène est également à la racine de « nombre de nos maux les plus pernicieux, notamment la violence, les dépendances et l’extrémisme ». « L’antidote, a-t-il souligné au New York Times, réside dans les liens humains. »

Le Québec s’inscrit dans cette tendance mondiale. Les résultats du sondage mené par Synopsis indiquent que près de 4 Québécois sur 10 (38 %) se sentent seuls. Ce sentiment touche davantage les personnes insatisfaites de leur vie (62 %), les personnes sans emploi (52 %), les jeunes de 18 à 24 ans (50 %) et les personnes seules – sans conjoint ni enfants (47 %).

En fait, les sondeurs ont commencé par demander aux Québécois s’ils étaient satisfaits de leur vie en général. Résultat : 38 % ont répondu qu’ils étaient très satisfaits et 17 % très insatisfaits. Les autres se trouvent entre les deux.

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE

Youri Rivest, associé chez Synopsis

On voulait savoir si la solitude pouvait prédire le bonheur. Est-ce qu’il y a une relation entre être heureux ou non et se sentir seul ? La réponse est oui. Les gens malheureux se sentent plus isolés socialement, notamment parce qu’ils ne sentent pas qu’ils peuvent compter sur qui que ce soit en cas de besoin. C’est assez révélateur.

Youri Rivest, associé chez Synopsis

La sociologue Cécile Van de Velde, de l’Université de Montréal, avoue avoir été surprise par l’importance du poids de la « solitude » dans la vie des gens pour déterminer s’ils sont satisfaits de leur vie. « On sait que la qualité de nos liens sociaux est un vecteur de bien-être, mais là, on voit que c’est plus important que le revenu, par exemple. »

Selon elle, ces données nous suggèrent qu’il ne faut pas sous-estimer l’importance du « vivre ensemble ».

« Les gens sont tiraillés dans leur parcours de vie, nous dit Cécile Van de Velde. Ils vivent une pression très forte à se placer, à gagner leur vie, à être performants. Ils ont moins le temps de socialiser. Il y a une envie de tisser des liens, mais pas toujours la possibilité de le faire. Le temps de l’amitié s’est réduit. On remarque aussi que ce sont les jeunes et les personnes sans emploi qui sont les plus affectés par la solitude. »

Seul… et malheureux

Parmi les 17 % de Québécois insatisfaits de leur vie, près des deux tiers (62 %) disent se sentir isolés socialement ; 57 % trouvent difficile de se faire des amis (dont une majorité de jeunes) ; et 26 % n’ont pas l’impression qu’ils peuvent compter sur qui que ce soit en cas de besoin, soit six fois plus que les personnes satisfaites de leur vie !

Est-ce qu’il faudrait relativiser ces 17 % ? « C’est-à-dire qu’on parle de 17 % qui sont vraiment malheureux, nous dit Youri Rivest, mais ceux qui sont au milieu ne nagent pas dans le bonheur non plus. En fait, ce qu’on remarque, c’est que plus les gens vieillissent, plus ils sont heureux. C’est comme si on diminuait un peu nos attentes face à la vie avec l’âge. »

Les interactions avec la famille et les amis, on le sait, contribuent aux liens sociaux qui nous préservent de la solitude. Le sondage de Synopsis indique que plus de la moitié des Québécois (55 %) voient leurs proches ou parlent avec eux « quelques fois par semaine ». Les personnes insatisfaites de leur vie sont quatre fois plus nombreuses à ne presque jamais voir leurs proches (12 % contre 3 % chez les personnes satisfaites).

Il reste que la moitié des Québécois souhaitent passer plus de temps avec d’autres personnes sans pouvoir le faire. Un manque qui est plus fréquent chez les jeunes de 18 à 24 ans (60 %) et les personnes seules (55 %).

Les jeunes sont les plus mobiles de la population. Il y a les immigrants, les jeunes qui viennent de quitter leur domicile familial ou qui changent de ville, donc lorsqu’il y a une rupture des réseaux, les jeunes sont plus à risque d’être seuls. Rencontrer des gens quand on est mobile dans sa vie, quand on a une pression sociale pour réussir, avoir le temps de créer des attachements, c’est très difficile.

Cécile Van de Velde, sociologue

Selon le sondage Synopsis, les jeunes de 18 à 24 sont plus de 50 % à croire que les réseaux sociaux contribuent à augmenter leur solitude. Une prise de conscience de leur part, selon Youri Rivest. « Ce n’est pas tant d’avoir beaucoup d’amis qui est important, mais le sentiment de ne pas pouvoir compter sur quelqu’un en cas de besoin va vraiment amplifier le sentiment de solitude », conclut Youri Rivest.

Méthodologie

Le sondage de Synopsis Recherche a été mené en ligne auprès de 1000 personnes du Québec, du 24 au 27 septembre dernier. Les répondants ont été recrutés par des panels en ligne, et l’étude a été menée en ligne. Les données ont été pondérées sur la base de l’âge, du sexe, de la langue maternelle, de la scolarité et de la région afin de représenter la population adulte du Québec.

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