Budget fédéral : Québec « exige » 690 M$ pour les services offerts aux demandeurs d’asile

Le gouvernement du Québec réclame son dû à la veille du dépôt du budget fédéral de 2026 : des sommes supplémentaires pour la santé et les infrastructures, mais aussi pour les services offerts aux demandeurs d'asile, ainsi qu'un soutien financier pour pallier l'harmonisation de la « mégadéduction » fiscale promise par Mark Carney.
Le nouveau ministre des Finances du Québec, Nicolas Marceau, a partagé avec la presse parlementaire sa liste d'épicerie, mercredi après-midi, en marge de la réunion hebdomadaire du Cabinet de Paul St-Pierre Plamondon.
Par voie de communiqué, il a notamment exigé
que le fédéral rembourse, d'ici le 31 mars 2027, les dépenses engagées en 2024 pour les services offerts aux demandeurs d'asile, rappelant que, pour cette année-là, le Québec avait déboursé 733 M$, alors que seulement 43,1 M$ lui avaient été remboursés pour le moment.
Il faut voir que, pour la période 2017 à 2023, ça a déjà été réglé
, a-t-il expliqué par la suite en mêlée de presse. Mais le dossier 2024 n'est pas encore réglé
, a enchaîné le ministre, calculant que la somme réclamée avoisinait actuellement les 690 M$.
Mais ce n'est pas tout. Québec demande aussi le renouvellement de l'entente actuelle sur les transferts en santé, qui arrivera à échéance au printemps prochain et qui, selon M. Marceau, devait être assortie d'un plancher de croissance annuelle de 5 %.
Un tel geste permettrait d'amortir les pertes que le gouvernement péquiste craint d'encaisser en harmonisant son régime fiscal en fonction de la « mégadéduction » que Mark Carney a promis aux entreprises, a fait valoir le ministre, qui a admis la semaine dernière que cette promesse d'Ottawa lui donnait des maux de tête
.
Les Tylenol que j'aimerais retrouver dans le budget de demain, c'est une hausse des transferts en santé qui pourrait venir soulager les pressions que ça va imposer.
Cette situation est d'autant plus difficile à accepter pour les troupes de Paul St-Pierre Plamondon qu'elle a été annoncée de façon unilatérale, sans consultation du gouvernement du Québec précédent
, rappelle d'ailleurs le cabinet de M. Marceau dans son communiqué.
Le ministre – comme son prédécesseur caquiste, Eric Girard – réclame aussi d'Ottawa un plus grand soutien financier pour faire face au déficit d'entretien croissant des infrastructures.
On aimerait que le fédéral fasse sa part, a insisté M. Marceau auprès des journalistes. Jusqu'à maintenant, il y a eu des ententes qui ont été conclues dans le passé, mais on aimerait un vrai transfert en bloc, sans condition, pour permettre au gouvernement du Québec de travailler sur ces priorités.
Québec, enfin, réitère fermement à Ottawa que la gestion de l'offre ne doit faire l'objet d'aucune concession et qu'elle doit être préservée en intégralité
dans le cadre des négociations avec l'administration américaine, qui pourraient reprendre dans la foulée de l'importante défaite républicaine aux élections de mi-mandat, mardi.
Intitulé « Maîtres chez nous », le budget fédéral de 2026 reprend le slogan phare de la Révolution tranquille au Québec. Il tiendra compte des préoccupations des Canadiens quant au coût de la vie, a promis mercredi le ministre des Finances, François-Philippe Champagne.
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