Qui sont les 19 députés conservateurs?
Dans le caucus du PCQ, seules Maïté Blanchette Vézina et Caroline Simard ont une expérience parlementaire.
Photo: Francis Vachon Le Devoir Le chef du PCQ, Éric Duhaime, parle à ses partisans réunis au Centre des congrès de Lévis, lundi soir.
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La carte électorale québécoise a ajouté une couleur à sa mosaïque : le bleu conservateur. Éric Duhaime débarquera à l’Assemblée nationale aux commandes d’une députation de 19 personnes. Voici les hommes et les (parfois très jeunes) femmes qui porteront la voix conservatrice au Salon bleu pour la première fois depuis la disparition du parti en 1935.
- Éric Duhaime (Bellechasse) : Avant de prendre le gouvernail du camp conservateur en 2021, le chef a longtemps papillonné dans les sphères politiques. Militant du Parti québécois et conseiller du Bloc québécois un temps, candidat de l’ADQ à un autre, Éric Duhaime a aussi participé à l’aventure de l’Alliance canadienne avec Stockwell Day. Le chef conservateur a signé cinq livres et parlé à différents micros médiatiques au fil de sa carrière. Homme public au style polémique, il a accueilli à bras ouverts les sceptiques de la gestion pandémique en 2022, pour ensuite revenir bredouille d’une campagne où le PCQ avait néanmoins récolté 13 % des suffrages. Quatre ans plus tard, le chef conservateur a hissé ses troupes jusqu’à devenir la deuxième opposition à l’Assemblée nationale grâce à un message économique clairement à droite de l’échiquier politique.
- Maïté Blanchette Vézina (La Peltrie) : Ancienne mairesse de Sainte-Luce, dans le Bas-Saint-Laurent, la nouvelle députée de La Peltrie a fait son entrée à l’Assemblée nationale en 2022 sous la bannière caquiste. Ministre des Ressources naturelles et des Forêts de François Legault, elle a claqué la porte du parti à la suite du désaveu de son chef face à sa réforme de l’industrie forestière. Au printemps 2026, elle devenait conservatrice au terme d’une longue campagne de séduction d’Éric Duhaime. À 41 ans, Maïté Blanchette Vézina devient une alliée précieuse du chef conservateur : elle est la seule, avec la députée de Charlevoix–Côte-de-Beaupré, Caroline Simard, à détenir une expérience parlementaire. Elle est la porte-parole du parti en matière d’autonomie du Québec, des régions et des municipalités.
- Caroline Simard (Charlevoix–Côte-de-Beaupré) : Députée libérale de 2014 à 2018 au sein du gouvernement de Philippe Couillard, elle avait déjoué tous les pronostics et battu l’ancienne première ministre sortante Pauline Marois dans la foulée de la défaite de son gouvernement minoritaire. Elle a fait un improbable retour en politique cette année aux côtés d’Éric Duhaime dans une circonscription que les sondages donnaient largement au PQ. Victime d’un grave accident de la route au cours des dernières années, elle veut « humaniser » l’appareil étatique et améliorer l’offre de soins à domicile pour les aînés depuis les rangs conservateurs.
- Marie-Josée Hélie (Montmorency) : Au cours de cette campagne, elle a défendu sur chaque tribune l’importance de la famille, félicitant même sa circonscription pour son taux de natalité plus élevé que la moyenne québécoise, une « source de fierté » pour elle. Le parti la présente comme une « experte en autonomie alimentaire » ; c’est toutefois davantage pour ses propos passés que Marie-Josée Hélie a fait les journaux. Au plus fort de la pandémie, elle avait mis en cause la vaccination obligatoire en l’associant à une opération « génocidaire ». Elle a également assimilé la science à une nouvelle religion — et les scientifiques à de nouveaux prêtres — dans des écrits parus sur la publication en ligne Libre Média. Elle est désormais porte-parole conservatrice en matière d’identité et de culture.
- Éloïse Coulombe (Charlesbourg) : À 23 ans et quelques mois, elle devient la plus jeune femme à devenir députée dans l’histoire du Québec, un titre que détenait Catherine Fournier avant les élections de lundi. Engagée depuis longtemps au sein de la droite, elle avait déjà brigué les suffrages pour les conservateurs en 2022. Étudiante en droit à l’Université Laval, elle a également fondé Génération Ambition, un mouvement voué à fédérer la jeunesse autour des idées conservatrices. Elle est porte-parole de son parti en matière de jeunesse.
- Karim Elayoubi (Chauveau) : Médecin omnipraticien fort d’une expérience en médecin familiale, il avait brigué les suffrages avec les conservateurs en 2022. Ténor des troupes conservatrices, c’est le porte-parole du parti en matière de santé et le président de la Commission politique du PCQ.
- Patrick Paquet (Vanier-Les Rivières) : Surtout connu pour sa carrière politique au municipal, il avait mordu la poussière en 2025 aux côtés de Sam Hamad. Auparavant, il avait siégé au conseil de la Ville de Québec avec Régis Labeaume, puis avec le parti Québec 21, avant de prendre le gouvernail d’Équipe Priorité Québec. Le fil rouge de sa carrière municipale : sa vive opposition au tramway. Il est maintenant le porte-parole conservateur en matière d’habitation.
- Marcos Archambault (Louis-Hébert) : Ce notaire de formation, candidat pour le PQ en 2012 et 2014, succède à Geneviève Guilbault dans cette circonscription située à l’ouest de Québec. Au cours de la campagne, il a entre autres accusé publiquement — et erronément — son adversaire péquiste, Chloé Fauchon, de sollicitation illégale dans les bureaux de vote. Sa sortie, fondée sur des ouï-dire, lui a valu une demande de rétractation de Mme Fauchon, ainsi que les réprimandes de son parti.
- Marcel Bouchard (Portneuf) : Personnalité télévisuelle et ancien enseignant d’éducation physique, il a joint les rangs conservateurs pour promouvoir le sport, particulièrement chez les jeunes. Respecté par ses collègues conservateurs, il a souvent reçu de bons mots de la part de son chef, Éric Duhaime, qui voit en lui un joueur d’équipe essentiel pour préserver la cohésion au sein de la députation conservatrice. Il est porte-parole du parti en matière de sport, de loisir et de plein air.
- Dominique Dumas (Chutes-de-la-Chaudière) : Cet ancien animateur de radio a surtout fait carrière à Radio X après un passage aux côtés du « pirate » Jeff Fillion. Ses propos passés, tenus au micro ou sur les réseaux sociaux, lui ont valu quelques manchettes controversées au cours de la campagne. En ligne, Dominique Dumas a notamment dénoncé dans un langage « coloré » — voire grossier — la gestion de l’offre, le véganisme et les indépendantistes, entre plusieurs autres. Il entre à l’Assemblée nationale grâce à une victoire contre l’ancienne ministre de la Condition féminine, Martine Biron.
- Karine Laflamme (Lévis) : Conseillère municipale de Lévis entre 2017 et 2021, candidate défaite en 2022 dans le camp conservateur, cette femme d’affaires a eu le dessus, lundi soir, sur le superministre caquiste Bernard Drainville. Farouche partisane du troisième lien à l’est de Québec et de Lévis, elle est la porte-parole conservatrice en matière de transport.
- Frédéric Poulin (Côte-du-Sud) : Agriculteur et entrepreneur dans l’industrie du lait depuis 2003, cet ancien maire de Saint-Antoine-de-l’Isle-aux-Grues a notamment dû se défendre, au cours de cette campagne, pour des publications passées où il saluait l’annexion du Canada par les États-Unis.
- Patricia Drouin (Beauce-Nord) : Ancienne mairesse de Vallée-Jonction, elle était en voie de compléter une maîtrise à l’École nationale d’administration publique (ENAP) au lancement de la campagne électorale. Elle est porte-parole du parti en matière d’éducation et de famille.
- Jonathan Poulin (Beauce-Sud) : Avocat et ancien chroniqueur de Radio X, il a subi la défaite en 2022 sous la bannière conservatrice. Porte-parole conservateur en matière de sécurité publique et de justice, il prône la ligne dure à l’égard des auteurs d’acte criminel et milite pour le rétablissement de peines minimales pour certains crimes, ainsi que l’imposition d’une contribution obligatoire aux prisonniers pour les frais occasionnés par leur procès et leur incarcération.
- Renaud Labrecque (Lotbinière-Frontenac) : Ancien directeur général de Parisville et amateur de football, un sport qu’il a pratiqué lors de ses études aux États-Unis, il tenait différentes chroniques à Radio X et à Cogeco avant le déclenchement des élections. Ce nouveau venu en politique active milite pour une plus grande imputabilité au sein de la fonction publique.
- Jimmy Gagnon (Mégantic) : Entrepreneur, il a réussi à planter un premier drapeau conservateur en Estrie. Au cours de la campagne, un ancien litige a fait surface dans Le Journal de Montréal. Le juge, au cours du procès, l’avait notamment accusé de mentir à la cour.
- Tarek Henoud (Arthabaska-L’Érable) : Lui aussi défait en 2022, il a pris sa revanche en 2026 et délogé Alex Boissonneault, le député sortant du PQ qui avait vaincu Éric Duhaime il y a un an à peine à l’occasion d’une partielle. Le parti lui prête « plus de 25 ans d’expérience en gestion, en finance, en développement des affaires et en entrepreneuriat ». Au cours de la campagne, d’anciennes publications, encore exhumées par Le Journal de Montréal, ont refait surface. Dans celles-ci, le nouveau député conservateur manifestait sa crainte devant les traces blanches laissées par les avions dans leur sillage.
- Guillaume Langlois (Nicolet-Bécancour) : Médecin de famille œuvrant dans le communautaire, il dit se lancer en politique pour changer le réseau de la santé et réduire la paperasse qui cloue les médecins, à ses yeux, devant des formulaires au lieu de soigner des patients. Le PCQ tenait à le voir siéger au Salon bleu. Il est le porte-parole conservateur en matière de services sociaux et d’aînés.
- Adriana Szalontai (Champlain) : Ancienne conseillère municipale de Saint-Ubalde, cette enseignante d’anglais originaire de Roumanie a conquis de justesse une circonscription que le Parti conservateur, au début de la campagne, n’aurait jamais pensé remporter. Avant d’immigrer au Québec, elle avait travaillé au Parlement de Londres.
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