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Friday, September 11, 2026

Belgique: à Bruxelles, la violence liée au narcotrafic gagne du terrain

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Le risque que la Belgique devienne un narco-État a été évoqué par le directeur des douanes devant l’extension des réseaux criminels dont les trafics gravitent autour des ports d’Anvers et Rotterdam. Les réseaux se livrent à une lutte de territoires et n’hésitent plus à ouvrir le feu. Près de 300 fusillades ont été comptabilisées en cinq ans, dont plusieurs cet été.

Devant la pizzeria de Salvatore, dix-sept impacts de balles témoignent encore de la rafale de kalachnikov : « C’était tous les jours comme ça, le bruit. On avait l’habitude de voir les vendeurs, tout simplement, et les clients, qui embêtaient le voisinage. Pas les rafales, tu vois. Ça ne tirait pas comme maintenant. »

Place de Bethléem, 100 mètres plus loin, les petits jouent à nouveau près des jets d’eau, à la grande joie de Camille Mottet. Son association « La Ville aux enfants » a co-organisé une manifestation après les fusillades. « Là où on est, avant le Covid, la place, c’était les familles. Et puis il y avait les dealers qui étaient un peu plus haut, mais ce n’était pas des drogues dures, je pense. Tout ce petit monde arrivait quand même à cohabiter et, en fait, depuis le Covid, les familles ont quand même été retirées de l’espace public. Il n’y avait plus que des hommes sur cette place. Et voilà, il y a tout un engrenage qui s’est mis en place », explique-t-elle.

Pour le bourgmestre de Saint-Gilles, il faut mettre les bouchées doubles sur la prévention et la répression. « On a un deal de rue qui est devenu autre chose que le deal de rue à l’ancienne, où on vendait un peu d’herbe à la sauvette. On est dans des organisations criminelles. On pourrait être sur un décor de GTA ou de Fortnite. En fait, ils se tirent dessus pour se faire peur avec des armes automatiques. Heureusement que, jusqu’à présent, ils n’ont pas fait de dégâts, mais ça ne saurait tarder », craint Jean Spinette.

Prévention et répression 

Le procureur du roi, Julien Moinil, réclame à cor et à cri des dizaines d’enquêteurs pour faire face et traquer les dirigeants des réseaux, seul moyen de gagner ce qu’il appelle une guerre : « C’est très bien de faire des actions pour rassurer la population, montrer que la police est là et procéder à des arrestations de petits dealers en flagrant délit. Mais ce qui compte, c’est que la police fédérale ait cette puissance qui me permette de couvrir le crime organisé bruxellois dans sa totalité. »

Mehdi Kassou est le directeur général de BelRefugees, qui héberge bon an mal an 6 000 personnes, et il tire la sonnette d’alarme, car les associations subissent des coupes budgétaires drastiques : « La suppression de ces moyens va inéluctablement amener minimum 1 000 personnes à aller rejoindre les milliers de personnes qui sont aujourd’hui en errance ou sans abri à Bruxelles. En créant donc une masse de personnes ultra-précarisées, avec, selon nous, deux conséquences potentielles assez immédiates. La première, c’est que ce public est un oiseau pour le chat, et donc ils sont déjà, pour une grande partie, victimes de trafic d’êtres humains. Ils seront aujourd’hui plus que probablement, en plus d'être victimes d’un trafic d’êtres humains aussi au sein d’organisations criminelles. »

Pendant ce temps-là, dans le bas de Saint-Gilles, le quartier autour de la gare du Midi est peuplé de consommateurs de crack qui ne tentent même pas de se cacher au passage des policiers.

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