Québec solidaire réclame l’interdiction des évictions l’hiver
Pour adopter ses lois, le nouveau gouvernement du Parti québécois pourra s’appuyer sur Québec solidaire en matière d’itinérance et de logement, mais le parti de gauche sera « intraitable » face aux coupes dans la fonction publique, annonce la co-porte-parole de Québec solidaire, Ruba Ghazal.
Avec 59 députés sur 127, le gouvernement du PQ va devoir obtenir le soutien d’au moins cinq députés des oppositions pour faire adopter des lois. Québec solidaire, qui en compte neuf, se dit prêt à le faire dans certains dossiers. Le Parti conservateur du Québec (PCQ) qui en a 19, a indiqué la même chose pour des mesures plus à droite.
Ruba Ghazal décrit cela comme « la balance du pouvoir en garde partagée ».
« Si on a des propositions sur l’itinérance, des engagements financiers, on va être là », a déclaré Mme Ghazal à l’entrée d’une rencontre avec son caucus mercredi matin. La députée de Mercier a aussi évoqué de possibles ententes avec le gouvernement en matière de logement.
« On va être les alliés du gouvernement pour obtenir des gains pour améliorer le quotidien des Québécois et Québécoises. Mais on va être intraitable sur la question de l’austérité. »
Ainsi, le gouvernement aura plus de chances d’obtenir des appuis du côté du PCQ pour adopter des législations visant à réduire le nombre d’employés de l’État.
« Les coupes dans nos services publics, […] Il [le gouvernement] ne pourra pas faire de coupures. Puis, on ne se taira pas s’il y en a. »
Contrairement à ce que les propos de Mme Ghazal suggèrent, Québec solidaire ne pourra pas empêcher le gouvernement Plamondon de « faire des coupures ». Le parti de gauche pourra refuser de voter en faveur de lois à ce sujet, mais le gouvernement aura la possibilité de se tourner vers le PCQ pour obtenir les votes dont il a besoin.
Seul parti opposé à des coupes dans l’État
Québec solidaire est le seul des cinq principaux partis à ne pas s’être engagé à réduire le nombre de fonctionnaires durant la campagne électorale.
Le PQ a promis de réduire de 2 % la taille des effectifs dans la fonction publique et du parapublic (réseaux de la santé et de l’éducation), soit l’équivalent de 12 000 employés à temps complet (ETC).
Le PCQ préconisait l’abolition d’un poste sur quatre dans la fonction publique seulement, soit environ 20 000.
« Si le PQ décide de mettre en application l’austérité qu’il a annoncée dans son cadre financier, on ne peut pas appuyer ça », a aussi mentionné Mme Ghazal. « Faire de l’austérité dans les services publics, ça va pénaliser la population. »
Les neuf députés de QS élus le 5 octobre se réunissaient pour la première fois en caucus à Québec mercredi. Ils doivent être assermentés le 20 octobre.
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