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Friday, November 6, 2026

Crise de l’itinérance | Les villes appréhendent un manque de places cet hiver dans les refuges

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La mairesse de Montréal lance un sérieux avertissement au gouvernement St-Pierre Plamondon. Malgré son aide d’urgence de 28 millions en itinérance, il manquera de places cet hiver dans les refuges de la métropole. Et elle n’est pas la seule : dans plusieurs autres villes, on s’attend aussi au même résultat.

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« Je vous le dis en toute connaissance de cause : on va manquer de places cet hiver, parce que la crise ne fait que s’accentuer. L’urgence ne peut pas devenir une solution permanente », a martelé Soraya Martinez Ferrada, jeudi, en ouverture du Sommet de l’habitation de la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM).

En mêlée de presse, l’élue a précisé qu’elle travaille à identifier 200 nouvelles places en contingence. « Actuellement, on a 3000 places, mais ce qu’on a demandé au gouvernement, c’est d’en avoir 3200 au minimum pour cet hiver. »

En 2025, sept refuges d’urgence pour femmes à Montréal ont comptabilisé plus de 41 000 refus, faute de place, selon des données avancées par la mairesse. À noter : une personne peut avoir été refusée plusieurs fois. « C’est un chiffre qui doit nous interpeller. On doit créer des parcours de sortie de l’itinérance pour chaque besoin spécifique. »

PHOTO ROBERT SKINNER, LA PRESSE

Des tentes devant le CHUM, au centre-ville, ce jeudi.

Sa sortie survient au moment où on apprend que la patinoire extérieure de la rue Bernard Est ne pourra pas être utilisée cet hiver, après plusieurs années d’activités régulières, en raison de la présence d’un campement de sans-abri sous le viaduc Van Horne, dans le quartier du Mile End.

Outre des conflits avec des sans-abri, les toilettes autonettoyantes, qui ont coûté plus de 300 000 $ à la Ville, sont devenues inaccessibles, étant surtout utilisées pour de la consommation de drogues. La Ville a tenté de déplacer ce campement, mais la Cour l’en empêche en raison du manque de ressources à proximité.

Protéger, avant de construire ?

Sur la Rive-Sud, la mairesse de Longueuil, Catherine Fournier, envisage l’hiver avec le même genre de préoccupations. « On a les mêmes craintes que la Ville de Montréal. Nos réalités sont liées, dans le sens qu’on a seulement un pont qui nous sépare », a-t-elle détaillé après son discours.

PHOTO FLORIAN LEROY, COLLABORATION SPÉCIALE

Catherine Fournier

Souvent, les personnes en situation d’itinérance qui vont dans les ressources à Montréal viennent chez nous par la suite. Avec nos équipes, on est en train d’évaluer la pérennisation de notre halte-chaleur.

Catherine Fournier, mairesse de Longueuil

Mme Fournier appelle la nouvelle ministre de l’Habitation, Elsie Lefebvre, qui était sur place, à miser d’abord sur la protection du parc locatif. « Pour chaque nouveau logement à but non lucratif qu’on construit, ce sont 17 unités abordables perdues sur le marché privé actuellement. C’est l’angle mort de la crise. Oui il faut construire, mais il faut aussi urgemment protéger », a résumé la mairesse.

À Saint-Jérôme, où le nombre de sans-abri est en nette hausse, la Ville a lancé en septembre une démarche de consultation pour créer sa première Politique municipale en matière d’itinérance.

« Nous avons entrepris une démarche […] qui nous permettra d’être prêts à saisir les occasions de financement du gouvernement. Cela dit, les municipalités ne peuvent agir seules. Un engagement de financement récurrent et prévisible du gouvernement demeure essentiel », a noté le maire Rémi Barbeau.

Le maire de Repentigny, Nicolas Dufour, compose quant à lui avec moins d’itinérance, mais il veut « fermer le robinet dès maintenant » en s’attaquant à la précarité financière. « On a récemment démarré un projet pour des jeunes précaires à la veille d’itinérance. Et depuis 2021, on a une escouade d’intervenants psychosociaux pour intervenir. Le peu d’itinérance qu’on a, c’est souvent des enjeux de santé mentale. »

Moins de bureaucratie, enfin ?

Aux maires réunis jeudi, la ministre Lefebvre a promis « un changement d’approche entre le gouvernement et les villes ». « On va rendre nos programmes beaucoup plus efficaces, pour rendre votre travail plus simple, plus efficace. Chaque jour, chaque mois qu’on gagne, c’est une possibilité de logement qui se rapproche. »

PHOTO FLORIAN LEROY, ARCHIVES LA PRESSE

La ministre de l’Habitation, Elsie Lefebvre

« Préserver le parc de logements existants peut effectivement être une solution envisagée à court terme, a-t-elle lancé aux élus municipaux. On va regarder tout ce qui est possible, puis on va voir ce qu’on peut prioriser rapidement ».

La volonté est bien reçue, mais bon nombre d’élus restent sur leurs gardes. Le maire de la capitale, Bruno Marchand, qui s’était déplacé pour l’occasion, s’est même permis une petite boutade à ce sujet. « Avec mon équipe j’aurais une liste de 15 pages d’allégements réglementaires à vous proposer. Et je suis sûr que les mairesses de Montréal ou de Longueuil en ont encore plus que moi », a-t-il lancé, provoquant des rires dans la foule.

Dans l’opposition, la porte-parole de Québec solidaire, Ruba Ghazal, a de son côté réclamé que le soutien gouvernemental soit augmenté rapidement. « 28 millions, c’est insuffisant. Le premier ministre doit ouvrir les cordons de la bourse, pour pas qu’un seul Québécois dorme dans la rue cet hiver », a-t-elle martelé.

En savoir plus

  • 20 %
    L’ensemble des 82 municipalités de la CMM s’engagent à atteindre la cible de 20 % de logements hors marché, qui échappent à la spéculation immobilière, d’ici 2046. En ce moment, ce taux est à seulement 7 % sur l’île de Montréal.

    Source : COMMUNAUTÉ MÉTROPOLITAINE DE MONTRÉAL (CMM)

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