Hautes Fagnes : deux mois après l’incendie, les grues cendrées ont fait halte sur la fagne brûlée

Chaque année, les grues cendrées, qui migrent du nord vers le sud, passent par les Hautes Fagnes. Elles y font halte, plus ou moins longtemps, soit au printemps, au mois de mars, soit en automne, au mois d’octobre. "C’est habituel et ces dernières années, le phénomène s’est même amplifié parce qu’on a fait des restaurations importantes dans les Hautes Fagnes. On parlait même d’une chance de nidification de l’espèce" explique Roger Herman, naturaliste, photographe et président d’honneur de l’ASBL Les Amis de La Fagne.
Mais l’incendie du mois d’août a bouleversé les certitudes. "Tout le monde se demandait vraiment comment les grues allaient réagir. Est-ce qu’elles allaient passer outre les Hautes Fagnes ou bien encore quand même y faire halte ?".
Des centaines, voire des milliers, de grues cendrées ont été observées cette semaine
La bonne nouvelle vient de tomber. "Cette semaine, on a eu la bonne surprise de voir des centaines, voire même peut-être des milliers, de grues qui sont passées par chez nous et qui, pour une bonne partie d’entre elles, ont effectivement fait leur étape habituelle" se réjouit le président d’honneur des Amis de la Fagne.
C’est un peu un signe d’espoir pour tout le monde vis-à-vis de la tragédie de l’incendie de Hautes Fagnes.
Et si les grues cendrées ont pu retrouver leurs habitudes, c’est notamment parce que certains aménagements ont résisté à l’incendie. "Les plans d’eau qu’on avait aménagé dans le cadre de restauration sont toujours intacts, les grues y trouvent leur nourriture habituelle. Mais on a aussi l’impression que l’herbe neuve qui s’est mise à pousser juste après l’incendie a peut-être aussi une vertu de nourriture pour elles. Ce n’est pas vraiment vérifié, mais c’est très possible".
"On se raccroche à ce signe de résilience de la nature"
Le retour de ces grues sur le plateau fagnard constitue un signal encourageant pour les observateurs. "C’est sûr que sur le plan ornithologique, on est quand même fort content de voir qu’apparemment, ça n’a pas trop perturbé leurs habitudes. On se raccroche à ce signe de résilience de la nature" confie Roger Herman.
"Il y a un mauvais jeu de mots qu’un de mes copains a tout de suite fait : "Elles s’appellent grues cendrées, c’est normal qu’elles aillent sur les cendres". Mais c’est de l’humour bon marché" plaisante-t-il.
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