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Friday, September 18, 2026

Moins de cochons, de vaches et de poules, davantage de forêts et de soja : voici la Belgique neutre en carbone de 2050

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C’est un document de 23 pages, une note d’orientation qui explore différents scénarios. Elle examine notre capacité belge, d’une part à renforcer ce qu’on appelle nos "puits de carbone" – comme les forêts et les sols, capables de "capter" nos émissions de CO2, et d’autre part, à diminuer les émissions provenant de l’agriculture. Les deux plateaux de la balance, qui doivent être en équilibre en 2050. Le Service du changement climatique l’a rédigée en s’appuyant sur l’expertise de 3 organismes, un flamand (VITO), et deux wallons (Sytra – UCLouvain) et Gembloux Agro-Bio Tech (ULiège).

Premier constat : nos puits de carbone naturels sont en déclin. Leur capacité de stocker et absorber le CO2 de l’atmosphère a diminué de 79% depuis 1990. Voilà, pour reprendre l’image de la balance, un plateau qui descend, ou plutôt qui monte, puisque moins d’absorption, c’est davantage de carbone, logique.

D’autre part, les émissions agricoles de gaz à effet de serre ont diminué de 27% par rapport à la même époque. Voilà un plateau qui descend, mais pas assez pour atteindre le point d’équilibre.

Le rythme de réduction observé ces dernières années n’est pas cohérent avec les trajectoires pour atteindre la neutralité climatique.

En prenant trois scénarios, allant, pour le dire simplement, du "on continue comme prévu" à "on fait un changement radical", en passant par l’intermédiaire où l’on s’adapte à des politiques prévues. Devinez quel est le scénario jugé compatible avec la neutralité carbone en 2050 ? Celui du changement majeur. Il mise sur une réduction très importante de la production animale, de l’élevage, donc, et une transition vers des habitudes alimentaires davantage basées sur les protéines végétales. Au total, le cheptel d’élevage devrait diminuer de 32% dans ce scénario. Nous mangerions plus de protéines végétales qu’animales en 2050 (62%, contre 38%), alors qu’aujourd’hui c’est l’inverse (30% végétales et 70% animales). Dans le détail, le document donne les proportions d’espèces d’élevage qui diminueraient selon ce scénario.

-28% pour les poulets de chair et les poules pondeuses, -45% pour les vaches laitières, -70% pour les porcs et -71% pour les bovins, par rapport aux effectifs de 2022.

Moins d’animaux d’élevage, cela fait baisser les émissions du secteur agricole (dont le méthane) et cela libère des terres jusqu’alors utilisées pour produire des aliments pour nourrir ces animaux. Selon ce document, 117.000 hectares de terres cultivées pourraient ainsi être réaffectés grâce à la diminution de la consommation de céréales pour l’alimentation animale, et encore 161.000 par la diminution de la demande en fourrages. Total ? Près de 300.000 hectares (278.000) de terres cultivées qui deviennent ainsi disponibles pour d’autres usages, ce qui équivaut à 9% environ de la superficie totale de la Belgique et près d’un cinquième des surfaces agricoles utilisées.

Vous imaginez le sacré changement et la transformation que cela représente pour le secteur agricole belge… Sur ces terres ainsi réaffectées, on cultiverait des protéines végétales, comme du soja, ce qui éliminerait la dépendance de la Belgique aux importations.

Il y aurait aussi un autre changement majeur : une stratégie de boisement, planter des arbres sur des surfaces agricoles ainsi libérées. Le scénario suppose 80.000 hectares sur une période de 25 ans (nouveaux bois, en combinaison avec l’absence totale de déforestation), soit 3200 hectares par an. Cela augmente l’absorption et le stockage du carbone des jeunes forêts de 42% aux projections du scénario le plus "léger".

On ne touche pas aux prairies permanentes, bien que le bétail soit en diminution drastique. Les conserver permet d’éviter qu’elles ne libèrent d’importants stocks de carbone déjà séquestrés dans leur sous-sol. Par ailleurs, là où des prairies agricoles ont été installées sur des tourbières drainées, on les remettrait en eau pour restaurer ces zones humides. De telles zones humides seraient restaurées aussi dans des zones urbanisées, là où vivent des Belges exposés aux inondations. Cela implique donc des relocalisations d’habitations.

Tout ceci suppose que la Belgique atteigne un objectif de "zéro artificialisation nette des terres" d’ici 2030. Aucune nouvelle zone urbanisée ne serait développée sur des terres naturelles ou rurales après cette date.

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