Le PQ devrait miser sur les coops pour rendre le logement plus abordable, soutient une organisation
Le Parti québécois (PQ) devrait soutenir les coopératives dans son effort pour régler la crise du logement, soutient la Fédération de l’habitation coopérative du Québec (FHCQ). Selon l’organisation, le parti aurait des affinités historiques avec le modèle.
Prioriser les coops d’habitation pourrait favoriser la prospérité économique du Québec, assure la porte-parole et présidente du conseil d’administration de la FHCQ, Mélanie Plante, dans une lettre qui sera transmise prochainement au gouvernement péquiste.
« La mécanique est simple, écrit-elle. Chaque logement coopératif permet à ses membres de conserver davantage d’argent dans leurs poches, plutôt que de voir une part toujours croissante de leurs revenus absorbée par le coût du logement. Cet argent peut ensuite être dépensé dans les commerces et les entreprises d’ici. »
À cela s’ajoutent des effets indirects. La construction de nouveaux logements coopératifs pourrait bénéficier au secteur de la construction et à de nombreuses entreprises québécoises, souligne Mme Plante.
Présentement, la province compte près de 1300 coopératives d’habitation, qui logent quelque 60 000 personnes. À elle seule, la FHCQ regroupe environ 500 coops, qui hébergent 13 000 ménages. Le modèle coopératif en habitation se distingue du secteur privé avec ses logements loués sous le prix du marché. Les membres participent à la gestion et à l’entretien des immeubles.
La présidente du conseil d’administration de la FHCQ insiste dans sa missive sur le fait que « les coopératives ne sont pas une aide ou une mesure temporaire ». Ainsi, au contraire des aides financières qui peuvent disparaître au même rythme que les gouvernements, le logement coopératif demeure abordable malgré le passage du temps.
Le passé sera-t-il garant de l’avenir ?
La sortie de la FHCQ suit de peu le retour au pouvoir du PQ, et ce n’est pas un hasard. Le modèle coopératif « s’inscrit parfaitement dans les valeurs qui ont été mises de l’avant par le Parti québécois tout au long de sa campagne », dit Mélanie Plante en entrevue au Devoir.
Plusieurs mesures visant à favoriser le développement du mouvement coopératif sont à la disposition du nouveau gouvernement, selon elle. Par exemple, la création d’un programme d’aide au développement destiné en particulier aux coopératives ou encore le fait de permettre aux municipalités d’appliquer un taux de taxation différencié aux coops d’habitation.
Mme Plante a bon espoir d’être entendue à Québec, d’autant plus que les anciens gouvernements péquistes ont manifesté un penchant favorable pour les coopératives, indique-t-elle. « On aimerait être choisis comme une solution » aux différents problèmes sociaux auxquels fait face le Québec en matière d’itinérance et d’abordabilité du logement.
Ce reportage a été financé grâce au soutien de la Caisse d’économie solidaire de Desjardins, et a été rédigé en toute indépendance éditoriale.
KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.