The Daily Newsstand · Free, Always
Monday, October 26, 2026

Meurtre d’un enfant martyr de 4 ans | La meurtrière craque en voyant les photos du corps de sa victime

Translate

Des ecchymoses jaunes et bleues. Des plaies ensanglantées. Des parties génitales déformées. Stéphanie Meunier sanglote en regardant les photos du garçon de 4 ans. « C’est affreux », lâche-t-elle. La meurtrière de Jérémy Bastien-Perron a fini par craquer en contre-interrogatoire lundi.

Publié à

« Je veux arrêter… Je suis pu capable. C’est très, très dur. Tout ça. De voir. De devoir tout dire. De ne pas me souvenir de tout. C’est excessivement difficile », a-t-elle soufflé, en sanglotant à la barre des témoins.

« Le procureur fait son travail », a tranché la juge Hélène Di Salvo, avant de suspendre l’audience jusqu’à mardi au palais de justice de Montréal.

Ce cri du cœur de Stéphanie Meunier était le point d’orgue, lundi après-midi, d’un contre-interrogatoire très corsé, lors de son procès « de la dernière chance ».

Condamnée à la prison à vie en 2011 pour le meurtre de son beau-fils de 4 ans, Stéphanie Meunier tente de convaincre le jury qu’elle mérite d’être admissible dès maintenant à sa libération conditionnelle, au lieu d’attendre 2033.

Vendredi dernier, Stéphanie Meunier a reconnu avoir mordu et roué de coups de pied et de poings son beau-fils en décembre 2008, alors que son conjoint était parti pour quelques jours. « J’ai conscience que c’est monstrueux ce que j’ai fait », a-t-elle témoigné.

À l’époque, Stéphanie Meunier, une toxicomane vendeuse de drogues de 29 ans s’occupait également de ses quatre enfants. Elle ne les a toutefois jamais frappés, contrairement à Jérémy, qui a été son « punching bag » et son « souffre-douleur » de novembre à décembre 2008.

PHOTO LA PRESSE

Stéphanie Meunier à l’âge de 29 ans. Son apparence a beaucoup changé.

Elle « disjonctait »

Si elle reconnaît avoir tué Jérémy, Stéphanie Meunier jure cependant qu’elle n’en garde presque aucun souvenir. Elle se souvient de « cinq occasions » où elle a mordu et frappé le garçon, mais pas du coup mortel à la tête.

« Quand je disjonctais, je sais que je le rouais de coups », a-t-elle témoigné.

Même après 18 ans derrière les barreaux, Stéphanie Meunier est toujours incapable d’en dire plus sur ses gestes.

« Je n’ai pas le souvenir où je l’ai frappé, quand je l’ai frappé, comment je donnais les coups. Je ne me souviens pas de la quantité, je ne peux pas dire où j’ai frappé. Je peux juste vous dire, oui je l’ai fait », a-t-elle expliqué.

PHOTO PATRICK SANFAÇON, LA PRESSE

Le procureur de la Couronne, Me Philippe Vallières-Roland

Le procureur de la Couronne Me Philippe Vallières-Roland a ensuite présenté à Stéphanie Meunier les croquis du pathologiste exposant les innombrables blessures de Jérémy. Certaines remontaient à plusieurs jours. Des croquis qui ont semblé tourmenter la délinquante.

« C’est affreux… Je ne sais pas si je l’ai battu à la tête. Je ne regardais pas ce que je frappais quand je frappais », a-t-elle dit.

A-t-elle battu Jérémy avec une ceinture ou un bâton ?, lui a demandé Me Vallières-Roland.

« Je ne sais pas… Je sais qu’il criait. Je ne l’ai pas écouté. Pour avoir fait ce que j’ai fait, tu n’es pas connecté avec ta personne. C’est monstrueux », a répondu la délinquante.

PHOTO DÉPOSÉE EN PREUVE

Une ceinture retrouvée dans l’appartement.

« Jérémy avait de la misère à marcher. Il était complètement léthargique », a poursuivi le procureur.

« Je serais menteuse de vous dire que j’aurais envie de tout me souvenir », a répliqué Stéphanie Meunier.

La Couronne a ensuite présenté au jury des photos de Jérémy, tout souriant, avant de rencontrer Stéphanie Meunier.

Puis des photos extrêmement difficiles à voir ont été présentées : un petit corps d’enfant complètement couvert de bleus et de plaies. Des images insupportables. Stéphanie Meunier est d’abord restée silencieuse en les regardant. « Avez-vous utilisé un bâton ? », l’a relancé le procureur.

« Est-ce qu’il y a un moment où j’étais pas toute là où j’ai pris quelque chose. Ça se pourrait. J’ai pas de souvenir… », a-t-elle dit.

La délinquante ignore aussi pourquoi et comment le frein de la langue du garçon a été sectionné.

Photo après photo, Stéphanie Meunier garde sa position. « C’est tellement loin, je ne m’en souviens pas », dit-elle. « Je ne me souviens pas de son corps », poursuit-elle.

Puis, l’ultime photo. Celle qui la fait craquer. Le pénis de Jérémy est déformé. Ses parties génitales sont mauves. Que s’est-il passé ?

« Est-ce que quand je l’ai roué de coups, ou cogné, ou donné des coups de poing, j’ai cogné dans les parties génitales de Jérémy ? C’est fort probable », a-t-elle admis.

« Je regrette sincèrement », a-t-elle soufflé, avant de réclamer la fin de l’audience.

View the original on La Presse →

KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.