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Thursday, October 15, 2026

Le PTB exige le remboursement des aides publiques en cas de licenciements : "Ces aides servent à maintenir l’emploi ? Ou à arroser les actionnaires ?"

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C’est une annonce choc dans le milieu de l’emploi : l’entreprise pharmaceutique GSK, plus grande employeuse privée de Wallonie, envisage de licencier jusqu’à 1217 personnes. Une décision vivement critiquée, notamment par le monde politique, alors que l’entreprise a réalisé plusieurs milliards de bénéfices et obtenu de nombreuses aides de l’État. Selon les chiffres de la CSC, GSK a bénéficié d’au moins 481 millions d’euros d’aides publiques et d’avantages fiscaux pour la seule année 2025.

Dans l’opposition, le Parti des Travailleurs de Belgique (PTB), parle d’une double injustice : "GSK est une entreprise qui se porte bien. Elle fait un revirement stratégique, elle fait des choix stratégiques, mais elle a réalisé plus de 2 milliards d’euros de bénéfices en Belgique. Elle a pu ensuite distribuer plus de 5 milliards d’euros de dividendes à ses actionnaires et, cerise sur le gâteau : elle a profité de plus de 500 millions d’euros d’aide publique", s’indigne la députée fédérale et cheffe de groupe PTB, Sofie Merckx.

"Donc, en Belgique, aujourd’hui, on peut tout à fait prendre des aides publiques, licencier des gens et arroser les actionnaires avec cet argent-là. Je pense que là, il y a quelque chose qui cloche et je pense que je ne suis pas la seule à penser cela. J’entends aussi beaucoup de gens qui sont révoltés par rapport à ça", affirme-t-elle.

Alors que le gouvernement De Wever tente de réaliser 10 milliards d’euros d’économies afin de boucler le budget fédéral, cette attitude passe mal auprès du PTB : "Les deniers publics sont rares aujourd’hui. On nous dit qu’il faut faire attention à chaque euro dépensé. Mais les industries peuvent tout à fait prendre l’argent public et licencier des gens en même temps", regrette la cheffe de file.

En Belgique, de nombreuses entreprises bénéficient d’avantages fiscaux liés à la recherche, à l’innovation. Des incitants utiles au développement de l’économie – tant pour l’État que pour les industries – mais qui ne sont pas assez encadrés selon le PTB.

Pour le parti de gauche radicale, ces aides publiques doivent être remboursées en cas de licenciement : "Les aides publiques qu’ils ont reçues, les déductions fiscales, sont tout à fait légales. Mais nous pensons que dans le futur, il faut conditionner ces aides. Et si les conditions ne sont pas respectées, à ce moment-là, il devrait y avoir des mécanismes légaux pour rembourser l’État. Aujourd’hui, on voit bien – tant chez les politiques que chez les syndicats et travailleurs - que tout le monde ressort déçus".

Nous pensons que dans le futur, il faut conditionner ces aides. Et si les conditions ne sont pas respectées, à ce moment-là, il devrait y avoir des mécanismes légaux pour rembourser l’État

Sofie Merckx, députée fédérale et cheffe de groupe PTB

Pour Sofie Merckx, les événements actuels chez GSK posent question : "Est-ce que ces aides publiques servent vraiment à maintenir de l’emploi ? Ou plutôt à arroser seulement les actionnaires ?". Pour le PTB, il est donc temps de changer les règles.

Se pose néanmoins la question de l’attractivité de notre pays pour ces entreprises. Encadrer davantage les aides publiques ne serait-il pas contre-productif ? Conditionner les aides au maintien de l’emploi, ne représente-t-il pas un risque pas de perdre les plus de 7000 emplois restant chez GSK, qui pourrait décider une délocalisation totale vers un autre pays qui serait plus accommodant ?

"Je pense que justement, ce conditionnement doit permettre à ce que les emplois restent" estime la députée PTB. "C’est ça l’idée, justement. Aujourd’hui, on donne ces aides et ils licencient tout de même 1200 personnes. Ce que nous voulons, c’est que ces aides puissent continuer à être données, mais à condition d’avoir des garanties sur le maintien de l’emploi et sur l’avenir industriel."

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