Effondrement d’un glacier et coulée de boue dévastatrice au Népal et au Tibet : ce que l’on sait sur les causes

Selon les éléments qu’a pu recueillir Frank Pattyn, glaciologue et professeur à l’Université libre de Bruxelles, un important bloc de glace (plusieurs mètres de large) s’est déstabilisé d’un glacier et est tombé plusieurs centaines de mètres plus bas. Il aurait ainsi probablement bloqué la vallée.
En pleine saison des pluies, qui sévit encore dans la région, de l’eau s’est accumulée et a créé un barrage. Ce dernier aurait cédé et provoqué un torrent de boue venu s’ajouter aux pluies de ces derniers mois, amplifiant le phénomène pour en arriver à la catastrophe de mercredi.
C’est donc la piste d’une vidange brutale de lac glaciaire, appelée "GLOF" (Glacial Lake Outburst Flood), dont la fréquence et le risque augmentent avec le changement climatique. Une GLOF se produit lorsqu’une fragile digue naturelle de débris retenant un lac formé par la fonte d’un glacier s’effondre soudainement, libérant les eaux qu’elle contenait.
"La seule raison pour laquelle une grande quantité d’eau a pu dévaler soudainement la vallée est qu’elle a été relâchée d’un seul coup", estime Adrian McCallum, glaciologue à l’université de la Sunshine Coast, en Australie.
Les effets du réchauffement climatique
Pourquoi une partie du glacier s’est-elle effondrée ? La raison n’est pas encore confirmée, mais avec la mousson et la fonte des glaces – intensifiés par le réchauffement climatique - le décrochage de pans de glaciers devient de plus en plus fréquent : "Ce n’est pas la première fois (y compris cette saison) que le Népal a connu un tel phénomène. Mais cette fois-ci l’ampleur est importante", révèle le glaciologue.
L’expert ajoute que cela risque de se reproduire tant qu’il y aura de la glace dans l’Himalaya, voire dans d’autres massifs montagneux. "Il est clair que l’on est face à un ensemble de phénomènes : la période des pluies, des températures élevées, la fonte des glaces et la formation de boue… Tout cela ensemble mène à une catastrophe de grande ampleur". Pour le glaciologue, anticiper ce type de phénomène est difficile.
Et de conclure que seules les recherches des prochains mois, voire années pourront déterminer ce qu’il s’est réellement passé dans cette région, ce qui a provoqué ce torrent de boue et les nombreuses victimes.
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