Turquie : les associations de défense LGBTQIA +, premières victimes de la "décennie de la famille" annoncée par le président Erdogan

Sur X, le ministre turc de la Justice, Akin Gürlek a justifié l’opération en affirmant que le gouvernement poursuivait "ses efforts pour protéger la famille, les enfants et les jeunes contre toute forme d’exploitation, d’obscénité, de criminalité et de contenu préjudiciable. Nous ne tolérerons aucune organisation criminelle qui s’attaque à l’institution familiale, à l’avenir de notre jeunesse et à l’ordre de notre société".
Le climat s’est dégradé pour nous ces dernières années
Arjin Demir, membre du Comité Transpride
Officiellement, l’homosexualité et la transidentité ne sont pas interdites en Turquie. Mais le président Erdogan et son parti islamo-conservateur (AKP), au pouvoir depuis 2002, soufflent depuis plusieurs années sur les braises d’une homophobie présente au sein d’une partie de la société turque, qualifiant régulièrement les personnes LGBTQIA+ de "perverses".
"Le climat s’est vraiment dégradé pour nous ces dernières années, explique Arjin Demir, membre du Comité Transpride, une organisation active depuis 12 ans à Istanbul. Les marches des fiertés qui étaient encore autorisées il y a une dizaine d’années, ont été interdites par le gouvernement. Depuis lors, nous subissons les violences de la police qui essaie par tous les moyens possibles de nous empêcher d’organiser des rassemblements. J’ai personnellement été arrêté lors de la marche de 2025. Le gouvernement nous considère comme une menace contre les valeurs de la famille traditionnelle turque. Il fait de la propagande et manipule l’opinion publique pour inciter à la violence contre nous. On est devenu une cible."
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