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Wednesday, August 26, 2026

Les conservateurs divisés sur l’utilisation du pétrole comme levier face à Trump

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Les dirigeants conservateurs du Canada sont divisés sur la façon — voire l’opportunité — d’utiliser le pétrole albertain comme levier alors que les tensions commerciales s’accentuent entre le Canada et les États-Unis.

Dans son discours de samedi, après l’échec des négociations avec les États-Unis, le premier ministre Mark Carney a laissé entendre que les exportations d’énergie pourraient éventuellement servir de moyen de pression dans cette guerre commerciale qui s’intensifie.

« Le Canada alimente la croissance américaine : il fournit 99 % de leurs importations de gaz naturel, 85 % de leurs importations d’électricité et 60 % de leurs importations de pétrole brut, a-t-il déclaré. Je ne pense pas qu’ils souhaitent que nous cessions de leur en envoyer. »

Le message trouve un écho différent chez les premiers ministres conservateurs du pays selon leur proximité avec l’industrie pétrolière. Le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford, qui demande depuis longtemps à l’Alberta d’envisager de restreindre ses exportations en représailles aux droits de douane américains, a repris la suggestion de M. Carney en des termes plus musclés.

« Nous devons nous assurer qu’ils souffrent autant que nous allons souffrir », a déclaré M. Ford lundi à l’émission de radio torontoise Newstalk 1010.

La première ministre de l’Alberta, Danielle Smith, maintient pour sa part qu’elle ne permettra pas que les exportations d’énergie servent de levier dans le conflit commercial. Dans une déclaration publiée lundi, elle a affirmé qu’une interruption des exportations d’énergie serait « extrêmement dommageable pour les Canadiens et ne constitue pas une option viable ».

Mardi, elle a publié une seconde déclaration dans laquelle elle s’inquiète des coûts liés aux droits de douane.

« Nous devrions faire tout notre possible pour éviter une nouvelle escalade », a déclaré Mme Smith.

L’ancien premier ministre de l’Alberta Jason Kenney prévient toutefois qu’écarter d’emblée les exportations d’énergie risque d’affaiblir la position de négociation du Canada en le privant de son meilleur levier. Selon lui, il existe une solution intermédiaire permettant d’utiliser le pétrole comme monnaie d’échange sans nuire à l’économie canadienne.

« Je pense qu’il faut clairement laisser entendre que, s’il fait quelque chose de vraiment irréfléchi pour accentuer encore l’escalade, d’une manière qui risque de nuire à l’économie canadienne, nous disposons de moyens plus puissants pour nous défendre, notamment une éventuelle taxe à l’exportation sur certains produits stratégiques que nous vendons aux États-Unis et dont ils dépendent, dont le pétrole, le gaz et la potasse », a déclaré M. Kenney mardi à l’émission Calgary Eyeopener, à la radio de CBC.

L’économiste de l’énergie Kent Fellows, de l’Université de Calgary, estime cependant que les deux stratégies auraient des effets perturbateurs semblables.

« La taxe à l’exportation et les restrictions à l’exportation finissent par produire le même résultat, mais de façons différentes », explique-t-il.

Une taxe à l’exportation augmente le prix du brut canadien pour les acheteurs américains. Lorsque le prix augmente, les raffineurs américains sont susceptibles d’en importer moins. À terme, sous l’effet de la dynamique du marché, le prix obtenu par les producteurs au Canada diminue en conséquence.

Une restriction à l’exportation aboutit au même résultat par un autre mécanisme, explique M. Fellows, puisqu’elle agit d’abord sur les volumes.

Dans les deux scénarios, la production finirait par diminuer, tout comme les revenus. L’oléoduc Trans Mountain agrandi fonctionnerait alors à pleine capacité, les producteurs cherchant à acheminer leur brut vers les marchés internationaux.

Une taxe à l’exportation offrirait toutefois une certaine possibilité de récupérer les coûts assumés par les producteurs canadiens.

Selon M. Fellows, chacune de ces mesures constituerait une arme redoutable, en particulier contre les raffineurs du Midwest américain, qui ne peuvent pas facilement se tourner vers d’autres fournisseurs.

« Je pense qu’il s’agit de l’arme la plus importante de cet arsenal économique », dit-il.

Selon l’approche retenue, les mesures visant les exportations pourraient être modulées afin d’en préciser les effets. Une taxe à l’exportation, par exemple, pourrait être ajustée chaque mois. M. Fellows souligne toutefois que les deux scénarios entraîneraient un coût pour les producteurs pétroliers canadiens et constitueraient une escalade du conflit.

Restreindre l’approvisionnement des États-Unis en pétrole canadien pourrait aussi avoir des répercussions semblables sur les consommateurs et les raffineurs de l’Ontario : le Michigan pourrait à son tour resserrer l’approvisionnement en pétrole destiné au Canada lorsque celui-ci transite par cet État.

M. Fellows n’est pas convaincu qu’une restriction des exportations de pétrole constituerait, à ce stade-ci du conflit commercial, une riposte proportionnée.

« Décider de commencer à utiliser le commerce de l’énergie, en particulier, comme mesure de représailles, c’est sortir un très gros bâton », dit-il.

« Je pense que c’est une option qui mérite d’être envisagée à long terme. Mais je ne pense pas que nous en soyons encore là. »

En plus d’attiser les tensions avec les États-Unis, une telle mesure risquerait également d’alimenter les divisions en Alberta, où un référendum sur la séparation doit avoir lieu dans quelques semaines.

Lors d’une conférence de presse mardi sur la riposte aux droits de douane, le chef de l’opposition Naheed Nenshi a reconnu à contrecœur que des taxes ou des restrictions sur les exportations d’énergie devaient rester parmi les options envisagées, ne serait-ce qu’à titre dissuasif.

« Personne ne souhaite en arriver là, et ce n’est certainement pas notre première option, a-t-il répondu à une question de Canada’s National Observer. Mais quand on négocie, on ne commence pas avec une main attachée dans le dos. »

M. Nenshi estime qu’il aurait été erroné pour M. Carney d’inclure le pétrole dans la liste annoncée mardi des produits visés par les contre-mesures tarifaires.

« J’aurais dit : “Wow, vous utilisez toutes vos munitions d’un seul coup. Je ne sais pas si c’est une bonne idée.” Mais je pense qu’il faut s’assurer que votre adversaire sache ce que vous avez en réserve. »

Cet article a été traduit par la rédaction du Devoir à l’aide d’un outil d’intelligence artificielle après avoir d’abord été publié en anglais dans le Canada’s National Observer.

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