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Tuesday, October 6, 2026

L’Espagne lève le mandat d’arrêt contre le chef séparatiste catalan Carles Puigdemont

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Un juge de la Cour suprême espagnole a levé mardi le mandat d’arrêt pesant sur le chef séparatiste catalan Carles Puigdemont. Cette démarche lui ouvre ainsi la voie à un retour chez lui sans craindre d’être placé en détention, pour la première fois depuis près d’une décennie.

Carles Puigdemont, ancien président régional de la Catalogne, avait fui l'Espagne vers la Belgique en 2017, après avoir mené une tentative infructueuse de sécession de la Catalogne. Depuis, il a échappé aux tentatives de l'Espagne de le faire extrader pour qu'il soit jugé, tandis que nombre de ses proches et partisans ont purgé des peines de prison.

Il semble désormais prêt à retourner en Espagne, alors même que le pays se prépare à des élections législatives le mois prochain. Il est trop tôt pour savoir quel impact son retour aura sur la campagne électorale, mais, compte tenu de son impopularité dans la majeure partie de l’Espagne, il est probable que les partis d’opposition tenteront d’utiliser son retour contre le premier ministre sortant, Pedro Sanchez.

Carles Puigdemont, 63 ans, a remporté une victoire juridique majeure lorsque le juge de la Cour suprême Pablo Llarena a levé son mandat d’arrêt quelques instants après que la Cour constitutionnelle espagnole eut annoncé qu’elle appliquerait une amnistie gouvernementale en faveur des séparatistes catalans à l’un des alliés politiques de Carles Puigdemont, qui avait été reconnu coupable de détournement de fonds publics.

M. Llarena a déclaré qu’il levait le mandat d’arrêt contre M. Puigdemont en attendant de pouvoir examiner la décision de la Cour constitutionnelle, qui, selon lui, aurait probablement une incidence sur ce mandat.

Le parti de M. Puigdemont en Catalogne, Junts, a indiqué qu’il tiendrait une conférence de presse plus tard dans la journée de mardi depuis Waterloo, en Belgique, où il réside depuis qu’il a fui l’Espagne.

En exil, Carles Puigdemont a su conserver un noyau dur de partisans parmi les séparatistes catalans convaincus, alors même que le mouvement indépendantiste s’est affaibli. Son penchant pour l’audace s’est manifesté en 2024 lorsque le chef séparatiste est soudainement apparu à Barcelone, a prononcé un discours public et a échappé à la police.

Il a également conservé le contrôle de son parti malgré sa présence à l’étranger, continuant à jouer un rôle prépondérant dans la politique espagnole.

Le « non » de Junts a été déterminant dans la défaite du gouvernement progressiste espagnol lors de deux votes clés au Parlement cette semaine, alors qu’il tentait de faire adopter des mesures d’urgence en matière de logement sur fond de manifestations de rue.

Le sort de M. Puigdemont est étroitement lié à celui du premier ministre Sanchez. Ce dernier n’a pu se maintenir au pouvoir en 2023 que grâce au soutien du parti de M. Puigdemont, qui a appuyé la formation d’un nouveau gouvernement en échange d’une amnistie.

Cette semaine, M. Sanchez a réagi au rejet par Junts de ses mesures en matière de logement en convoquant des élections anticipées pour le 29 novembre, dans l’espoir que le mécontentement lié à la question du logement mobilise ses électeurs.

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