Mexique: un gouverneur accusé de collusion avec le cartel de Sinaloa se met à nouveau en retrait

Le gouverneur de l'État mexicain du Sinaloa, Rubén Rocha Moya, recherché par les États-Unis pour trafic de drogue, a annoncé samedi 22 août se mettre à nouveau en retrait. Une annonce qui intervient après que le gouvernement a critiqué son retour surprise dans ses fonctions la veille.
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L'affaire secoue le Mexique. Rubén Rocha Moya, élu du parti Morena, au pouvoir, a publié sur le réseau social X un document dans lequel il demande au congrès de l'État une « autorisation de congé temporaire à durée indéterminée, pour plus de 30 jours ».
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Le pouvoir législatif de l'État de Sinaloa, saisi de cette nouvelle demande, de Rubén Rocha Moya, de l'autoriser à se retirer temporairement de ses fonctions, ne s'est pas encore prononcé sur la date à laquelle il convoquera une session extraordinaire pour examiner la requête et nommer un nouveau gouverneur par intérim.
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Son retour à son bureau du troisième étage du siège du gouvernement, vendredi 21 août, a suscité polémiques et controverses parmi les acteurs politiques, rapporte le grand journal mexicain El Universal. Un retour considéré comme prématuré et qui témoigne d'un manque de sensibilité de croire que les accusations pesant sur lui se sont volatilisées, ces mêmes acteurs qualifiant l'événement « d'inouï, d'inacceptable et de profondément cynique ».
L'élu de 77 ans, est gouverneur du Sinaloa (nord-ouest) depuis 2021. Il s'était déjà mis en retrait de ses fonctions le 1er mai 2026, lorsque le parquet de New York a réclamé son arrestation et son extradition. La présidente mexicaine Claudia Sheinbaum avait critiqué indirectement le 22 août son retour, condamnant les hommes politiques qui placent leur « intérêt personnel » devant celui du pays.
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Une prise de position qui a largement été soutenue par les gouverneurs de la « Quatrième Transformation » du nom de la réforme institutionnelle engagée par le président de gauche Andrés Manuel López Obrador et poursuivie aujourd'hui par Claudia Sheinbaum, précise l'autre grand journal mexicain El Excelsior.
Ces gouverneurs ont réaffirmé leur unité autour de son leadership en appelant à préserver la cohésion, le respect des institutions et les principes du mouvement Morena, dont fait partie Rubén Rocha Moya. Dans le document publié, les dirigeants ont affirmé que Claudia Sheinbaum guide le destin du Mexique « avec légitimité, honnêteté et leadership » et que leurs gouvernements d'État soutiennent cette direction avec détermination et engagement.
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La reprise de fonction de Rubén Rocha Moya « répond exclusivement à une décision de caractère personnel », avait souligné auparavant le ministère de l'Intérieur mexicain, prenant ses distances avec l'initiative de l'élu de reprendre ses fonctions.
Le parquet accuse Rubén Rocha Moya et neuf autres responsables mexicains, actuels ou anciens, de s'être associés au cartel de Sinaloa « pour distribuer des quantités massives de stupéfiants aux États-Unis ».
La justice américaine affirme aussi que la faction dite des « Chapitos » du cartel de Sinaloa a aidé son élection au poste de gouverneur. Washington accuse le cartel de Sinaloa de trafic de fentanyl vers les États-Unis, où cette drogue de synthèse a provoqué des dizaines de milliers de morts par overdose ces dernières années, créant des tensions avec le Mexique.
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